Elimination des engins explosifs improvisés : Le Canada engagé aux côtés du Burkina Faso

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Des Forces de défense et de sécurité (FDS) de quatre régions du Burkina Faso ont bénéficié de formations et d’équipements sur les engins explosifs improvisés (EEI). Après le Centre, l’Est et le Sahel, la formation de 30 FDS du Centre-Nord s’est déroulée du 2 au 7 août 2020 à Kaya. Il s’agit d’un projet de huit mois s’inscrivant dans le cadre du Programme d’aide au renforcement des capacités antiterroristes (PARCA) d’Affaires Mondiales Canada qui aide à réaliser l’engagement du Canada pour le soutien à la prévention et à la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale.

Le Département des opérations de paix des Nations-Unies entend contribuer aux efforts d’atténuation des risques liés aux engins explosifs au Burkina Faso. Depuis 2016, le Burkina Faso fait, en effet, face à une crise sécuritaire qui ne cesse de s’empirer.

Cette crise prend place dans un contexte d’instabilité et d’insécurité généralisée affectant les pays de la région du Sahel. Elle se caractérise non seulement par la multiplication de « groupes armés non-étatiques », mais aussi par l’utilisation de plus en plus fréquente d’Engins Explosifs Improvisés (EEI) par ces derniers.

11 incidents en Janvier 2020

« Au Burkina Faso, le premier incident comportant l’utilisation d’engins explosifs remonte au mois d’août 2017, dans la région de Tongomayel », a fait savoir la Secrétaire générale du ministère de la sécurité, Maïmouna Ouattara/Thiombiano.

Les attaques par EEI ont continué de manière sporadique entre 2017 et 2018 et se sont étendues sur le territoire, touchant ainsi les régions de la Boucle du Mouhoun, du Centre-Nord, de l’Est, du Nord et du Sahel.

Selon les autorités, depuis mi-août 2018, une hausse du nombre d’incidents liés aux engins explosifs est constatée, culminant « avec un pic de 11 incidents en Janvier 2020 ».

Ces attaques qui visaient principalement les Forces de défense et de sécurité (FDS) affectent désormais les populations civiles. Depuis le début de l’année, les attaques par les engins explosifs improvisés ont fait 68 victimes auprès des FDS et 53 auprès des populations, à en croire Maïmouna Ouattara/Thiombiano.

Renforcer les capacités des Forces de Sécurité Intérieure

Dans le but de fournir un appui au gouvernement burkinabè dans la lutte contre ces mines anti-personnelles, le gouvernement du Canada a apporté son soutien financier depuis le mois d’avril 2020. L’objectif est de renforcer les capacités des Forces de Sécurité Intérieure (FSI), sous la tutelle du ministère de la Sécurité, à opérer de manière efficace dans un environnement affecté par les EEI. Le projet contribue, par ricochet, à atténuer les risques posés par les EEI grâce à la fourniture de formations directes et d’équipements de base.

« Ce projet de huit mois s’inscrit dans le cadre du Programme d’aide au renforcement des capacités antiterroristes (PARCA) d’Affaires mondiales Canada qui aide à réaliser l’engagement du Canada pour le soutien à la prévention et à la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale. À cet égard, le projet soutient le renforcement des capacités des agences de sécurité afin d’atténuer la menace posée par les EEI dans la région du Sahel en Afrique », a indiqué l’Ambassadrice du Canada au Burkina Faso, Carol McQueen.

La composante visant à atténuer des risques liés aux engins explosifs au Burkina Faso, a-t-elle dit, est mise en œuvre par le Département des opérations de paix des Nations-Unies, bureau de l’Etat de Droit et des Institutions de Sécurité (DPO/ROLSI).

Sensibilisation sur les dangers liés aux engins explosifs improvisés

Les principales activités du projet que sont la formation du personnel des FSI et le don d’équipements sont mises en œuvre dans les régions les plus affectées par les EEI : la Boucle du Mouhoun, le Centre-Nord, l’Est, le Nord et le Sahel.

« Des formations et dons supplémentaires ont aussi été effectués dans les régions du Centre et des Hauts-Bassins. Ces formations et sensibilisations sont articulées autour de la sensibilisation concernant les dangers liés aux EEI ; la formation en Reconnaissance Non-Technique (RNT) ; la formation aux gestes de premiers secours », a expliqué l’Ambassadrice du Canada.

Deux types d’équipements ont été remis aux FDS formées : des trousses de premier secours pour chaque participant et un lot RNT pour chaque unité. Le lot RNT est constitué d’outils d’identification, d’inspection et de sécurisation de lieux où se trouvent des EEI.

L’étape du Centre-Nord a connu son épilogue ce vendredi 7 août 2020 à Kaya où 23 hommes et 7 femmes, de la Gendarmerie nationale, la Police nationale, la Police municipale, la Douane et des corps des eaux et forêts, ont été formés depuis le 2 août.

Les participants ont recommandé notamment l’extension de cette formation à l’ensemble de leurs frères d’armes et son intégration dans les écoles de formation. Le Gouverneur de la région du Centre-Nord, Casimir Séguéda, s’est réjoui de la tenue de cet atelier dans sa région. Les autorités ont promis que les recommandations seront transmises à qui de droit.

Noufou KINDO

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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