Terrorisme au Burkina Faso : « 1 665 personnes tuées et 1 013 234 déplacées internes de 2016 à 2020 » (Moïse Napon)

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Le Conseil économique et social (CES) a ouvert  les  travaux de la session spéciale de validation du rapport public de l’année en cours ce lundi 24 août 2020. Cette session se tient sous le thème, « Mécanismes de prévention du blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme en zone UEMOA: cas du Burkina Faso ».

Le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme en zone UEMOA  font l’objet d’une session spéciale que tient  le Conseil économique et social sur la validation du rapport public 2020, ce lundi 24 août 2020.

Selon ce qu’a expliqué le président du CES, Dr Moïse Napon, le phénomène du blanchiment et le financement du terrorisme ont fait l’objet d’une « mobilisation sans précédent de la communauté internationale ».

« Cette mobilisation  tient à la fois à l’ampleur avec laquelle il s’est développé et surtout du mouvement général de prise en compte des menaces graves que représente cette nébuleuse sur la paix, la cohésion sociale, la sécurité et le développement de façon globale dans le monde », a-t-il ajouté.

 Dr Napon a relevé qu’une étude de la Fondation pour l’innovation politique  en Afrique subsaharienne,  fait état de 6775 attaques enregistrées de 1979 à 2019, avec « un bilan lourd de plus de 35 676 morts ». Il a affirmé que les pays du G5 Sahel sont les plus touchés. Au sein de l’ UEMOA, a-t-il poursuivi, plusieurs pays sont en proie aux attaques récurrentes.  « Si les pays les plus touchés sont le Mali, le Niger et le Burkina Faso, l’ensemble des pays de notre espace communautaire est en état d’alerte », a souligné le président du CES.

Blanchiment de capitaux

Moïse Napon a également déploré le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme dans la zone UEMOA. « A titre illustratif, il a été dénombré en 2018, 1 426 déclarations d’opérations suspectes dont 1 166 en lien  avec le blanchiment des capitaux », a-t-il confié. Par ailleurs, il a fait savoir que 2 % de ces opérations étaient en lien avec le financement du terrorisme, « soit en tout 19 opérations ».

« Le Mali et le Burkina Faso ont les plus forts effectifs  soit respectivement 41% et 21% du total des opérations suspectes », a-t-il relevé.

Le président du CES  a aussi indiqué que de 2016 en 2020, le terrorisme a causé la mort de « 1 665 personnes dont 1229 civils, 436 parmi les Forces de défense et de sécurité et 1 013 234 personnes déplacées internes » au Burkina Faso.

Sur ce qui est des fraudes fiscales, le CES a révélé que le rapport national des risques de prévention de blanchiment de capitaux de 2019, a relevé que les montants de redressements fiscaux sont estimés à plus de « 58 milliards de FCFA, soit environ 3% des recettes propres de l’État sur la base des prévisions de 2020 ».

Toujours selon le même rapport, « les pertes enregistrées de l’exploitation aurifère sont quant à elles, estimées à plus de 600 milliards de FCFA, représentant une perte de l’ordre de 32% des recettes propres de l’État ».

Pour Idrissa Ouédraogo, président du comité scientifique de l’observatoire social, la recrudescence « sans précédent du phénomène terroriste » ces dernières années dans la zone sahélienne a amené les États à revoir les priorités et à mettre « un accent particulier sur la sécurité des institutions et des populations ».

« Il ressort de nos échanges auprès des structures spécialisées dans la lutte contre le terrorisme que les potentielles sources de financement des attaques terroristes dans le Sahel et au Burkina Faso en particulier sont constituées pour la plupart d’activités criminelles telles que le vol de bétail, le braconnage et le trafic de drogue », a-t-il dit.

Il faut rappeler que ces travaux vont durer cinq jours.

Willy SAGBE

Burkina 24

Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

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