Burkina Faso : Ils truquaient les appels internationaux

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La Brigade de recherches de la gendarmerie de Ouagadougou a présenté ce mercredi 26 août 2020, le matériel d’un réseau de pirates de réseau de téléphonie mobile Orange et Onatel-SA. Ce réseau est composé de deux principaux suspects  de nationalité étrangère, dont l’un est  au Burkina et l’autre, à l’extérieur.

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La gendarmerie  a interpellé un présumé auteur de fraude  de nationalité étrangère le 19 août 2020 à Ouagadougou. En effet, cet individu a été interpellé grâce  à une enquête lancée par la brigade de recherche de la  gendarmerie, suite  à des plaintes des directeurs généraux des téléphonies mobiles Orange et Telmob contre des présumés fraudeurs sur leurs réseaux.

Selon le Major Abdoulaye Sawadogo, commandant de la brigade de recherche de la gendarmerie de Ouagadougou,  c’est le 18 août 2020, au quartier Dapoya, que  les enquêteurs ont interpellé un propriétaire de kiosque Orange money où la plupart des transferts d’unités s’effectuait. Ce dernier a déclaré ignorer l’identité de son client mais a évalué le montant des provisions dudit client à hauteur de 200 000 à 300 000 de F CFA par jour à son niveau.

Les cartes SIM récupérés par les enquêteurs

La perquisition du domicile du suspect de nationalité étrangère a permis de récupérer plusieurs matériels. « 1 boîtier «  Sim box » de 127 Sim, deux machines servant de captation des différents réseaux de téléphonie, six modems de connexion, deux lots d’antennes fouets, deux batteries et 7 fils de connexion et un onduleur», a cité, l’adjudant-chef major Jacques Ouédraogo, commandant adjoint  de la compagnie de gendarmerie de Ouagadougou.

Selon le présumé fraudeur,  le matériel saisi provient de son  patron de nationalité étrangère résidant à l’extérieur qui l’a apporté  courant septembre 2019 au Burkina pour contourner le trafic international entrant vers les réseaux Orange Burkina et Onatel-SA.

« Le trafic via Internet au Burkina Faso est dirigé vers un boitier contenant des cartes Sim Orange et Telmob. Ce boitier appelé Sim box se comporte comme plusieurs téléphones qui émettent des appels nationaux (trafic local). Le trafic international capté est rediffusé sous forme de trafic local au niveau des deux réseaux de téléphonie. Le destinataire d’un appel international reçoit ainsi son appel avec un numéro d’appelant local. Ce qui veut dire qu’il perd du coup le numéro d’origine de l’appelant à l’étranger », a détaillé le Major Abdoulaye Sawadogo.

Le commandant de la brigade de recherche de la gendarmerie de Ouagadougou, le Major Abdoulaye Sawadogo a invité les populations et les gérants des points de dépôts, de transfert d’argent à plus de vigilance.

Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, cette fraude rend le travail plus difficile car il n’y a pas de possibilité de tracer les appels venus de l’extérieur. « A cause de ces pirates, on a encore du chemin à faire. Le traçage de l’appel se limite aux appels locaux, or l’appel est international », a-t-il affirmé.

A en croire les responsables des compagnies de téléphonie mobile, ce sont des grosses sommes  que les entreprises perdent. « Nos pertes sont autour de 300 millions de F CFA par an et la qualité de l’appel n’est pas bonne », a déclaré Sani Ouattara, représentant de Orange Burkina.

Quant à Onatel-SA, sa chargée de la fraude Sabine Raïssa Rouamba, la société perd par an des centaines de millions de F CFA. «Nous perdons des centaines de millions par an et malgré même l’acquisition des différentes solutions, des différentes applications que l’on a à l’interne, chez chaque opérateur, c’est des pertes colossales», a-t-elle laissé entendre.

Cette pratique frauduleuse a aussi des conséquences sur le citoyen. «Par exemple,  si une femme fait un déplacement au Togo et elle achète une carte Sim togolaise, en appelant son mari, c’est un numéro national  qui s’affiche au lieu d’un contact  international.  C’est un des dangers»,  a expliqué Raïssa Rouamba.

« Le préjudice subi par les réseaux de téléphonies dû à cette fraude est énorme et est évalué par les responsables entre 70 millions et 80 millions de Francs CFA par jour, soit deux milliards quatre cent millions  de francs le mois et par réseau », a renchéri le commandant de la brigade de recherche de la gendarmerie de Ouagadougou qui a invité les populations et les gérants des points de dépôts, de transfert d’argent à plus de vigilance.

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Rédaction B24

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4 commentaires

  1. Communiqué truffé de termes pseudo-techniques pour convaincre ceux qui ne connaissent pas la technologie que c’est du piratage. Ce qu’ils font n’est pas vraiment du piratage et je doute fort que ce soit même illégal. Ils font passer les appels internationaux sur internet puis les relayent localement.

    C’est comme si quelqu’un appelait sur whatsapp ou skype et que le récepteur au Burkina mette son haut parleur, puis utilise un autre téléphone pour composer un numéro local, et fait passer le son du haut-parleur au micro du 2e téléphone.

    En quoi c’est du piratage ? Le 2e appel est fait avec une carte sim burkinabe vers un numéro burkinabe et c’est le seul appel qui utilise le réseau onatel/orange et pour lequel un tarif local est payé.

    On doit permettre cela, car ça réduit les frais de communications internationaux pour la diaspora. Les opérateurs eux-meme peuvent utiliser cette technique s’ils veulent pour réduire les frais au lieu de contraindre les Burkinabe à rémunérer des intermédiaires internatinaux pour faire passer un appel au Burkina.

    Le manque à gagner pour les opérateurs mentionné dans le communiqué est en réalité une perte de parts de marché. Ce n’est pas comme si on utilisait leur réseau sans les payer. Nuance ! Seulement ils payent du crédit pour le revendre le service mais à l’international.

    Quant à l’histoire du traçage, vous pouvez tracer l’appel vers le numéro local et ensuite du propriétaire du numéro local vers le numéro international. Est-ce qu’un traçage est possible avec les appels internet classiques ? La pratique décrite ici est acceptée dans un grand nombre de pays et il en résulte une baisse des tarifs internationaux. La diaspora burkinabe se ruine financièrement rien que pour garder des liens avec leurs familles et amis au Burkina à cause de tarifs exorbitants.

  2. Je reste sur ma soif. Quelles sont leurs motivations? Ils gagnent quoi en le faisant?
    Cet article, c’est de l’inachevé !

  3. Bravo aux gendarme pour ce prodigieux exploit, face aux trucages d’appels internationaux. Cependant , on recommande la vigilance aux populations et sans plus! Mais comment s’y prendre donc pour demeurer vigilant, face à ces genres d’arnaques de haut vol?

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