Femmes candidates aux élections au Burkina Faso : L’appel du ministre  Sawadogo

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La loi numéro 10 de 2009 portant fixation de quotas aux élections législatives et municipales n’a pas permis d’atteindre le résultat escompté. C’est le constat fait par le ministre d’Etat, Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion Sociale, Siméon Sawadogo, à l’occasion de l’atelier de vulgarisation de la loi sur le quota genre ce vendredi 4 septembre 2020 à Ouagadougou.

L’implication de la femme dans la gestion de la chose publique reste très faible. 24 sièges sur 127 sont revenus aux femmes aux élections législatives de 2012, soit un taux global de 18,90%. Aux résultats des élections législatives de 2015, sur 127 sièges, 13 femmes ont été élues, soit 10,23%. Et pour les résultats des élections municipales de 2016, sur un total de 18 602 conseillers municipaux élus, 2 359 sont des femmes, soit 12,68% des élus. Cette situation montre, selon les acteurs du présent atelier, le faible impact de la loi portant fixation de quotas.

Le gouverneur de la région du Centre Sibiri de Issa Ouédraogo, a salué l’initiative du gouvernement pour la vulgarisation de cette loi. Ce sera l’occasion « d’interpeller tous les acteurs de la vie publique quant à leur représentativité des femmes dans toutes les instances (…)”, a-t-il fait savoir.

Mathieu Ciowéla, représentant résident du PNUD reste convaincu que par ces actions, l’inclusion lors des élections sera renforcée

Le représentant résident du PNUD, Mathieu Ciowéla, quant ’à lui, reste convaincu que par ces actions, l’inclusion lors des élections sera renforcée, l’atteinte des cibles fixées par la loi sur le quota sera possible, et la représentativité des femmes à l’Assemblée nationale et avec au moins 33% des femmes élus deviendrait une réalité.

Le ministre d’Etat, Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion Sociale, Siméon Sawadogo, a également souligné la faible implication des femmes dans la gestion de la chose publique.

« Nous avons fait le constat que depuis les élections, il y a quelques années (en 2015, ndlr), nous n’avons pas pu atteindre 15% de positionnement des femmes sur la liste électorale et qui soit élue, que ce soit au niveau de l’Assemblée nationale en tant que député ou que cela soit au niveau des conseils municipaux.

Les statistiques sont très maigres. Nous allons de 10, on remonte à 12 et la plupart du temps, nous sommes à 12,68%. Mais on n’a même pas atteint ni 13  ni 14, ni 15, n’en parlons pas de 50%. Il y a une régression qui est constatée.

Il est devenu nécessaire que nous puissions travailler conformément  à nos engagements internationaux sur les droits de femmes », a-t-il déclaré.

Les causes sont diverses et multiformes. Il y a le manque d’intérêt, les pesanteurs socioéconomiques qui peuvent expliquer cette situation, à écouter le ministre Siméon Sawadogo.

L’implication de la femme dans la gestion de la chose publique reste très faible

Il lance un appel aux hommes : « Nous allons demander aux hommes de libérer les femmes pour leur permettre d’être candidates, parce qu’il ne faut pas qu’elle ait la volonté et accepte d’être candidate le jour, et le lendemain après la nuit, elle dit qu’elle ne peut plus être candidate (….) ».

La vulgarisation de la loi se poursuivra toujours par des ateliers dans cinq chefs-lieux de 5 régions du Burkina et a pour objectif  d’amener cinq cents responsables politiques et leaders d’opinion à s’approprier le contenu de la loi portant fixation de quota et modalités de positionnement des candidates afin d’améliorer la participation des femmes dans la gestion de la chose publique.

Irmine KINDA

Burkina24



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