Réconciliation au Burkina Faso : Les suggestions de Léandre Bassolé sur la “vérité”

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Le Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN) a tenu une rencontre au siège de la Fédération des églises et missions évangéliques (FEME), ce vendredi 11 septembre 2020 à Ouagadougou. Une rencontre qui a abordé  la mission du HCRUN mais il a été  également question de faire le point des différentes rencontres pour tracer les sillons d’une réconciliation nationale effective.

Le HCRUN s’est donné pour mission de mettre en œuvre les recommandations formulées par la sous-commission Vérité, Justice et Réconciliation nationale de la commission de Réconciliation nationale et des Reformes, mise en place par la Transition, au lendemain de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.

C’est dans cette dynamique que le HCRUN œuvre pour la réconciliation nationale à travers un processus inclusif pour le rétablissement de la cohésion sociale au Burkina Faso.

Pour le président du HCRUN  Léandre Bassolé, le processus de réconciliation nationale n’a pas vraiment pris en compte le volet vérité. « Nous avons eu l’impression que du côté  de la vérité, il n’y a pas eu réellement un travail de fond, et que on a pensé que la vérité c’était juste évoquer les faits et puis ensuite jeter une sorte de voile de pudeur là-dessus », a-t-il dit.

Cette étape est importante et va donc permettre de savoir la cause avant d’entamer un quelconque processus de réconciliation afin de pouvoir franchir certaines difficultés.

La réconciliation passe par la vérité et la réparation

Par ailleurs, le président du HCRUN Léandre Bassolé a ajouté pendant son exposé, qu’au cours du processus de réconciliation, d’autres points n’ont pas vraiment été bien abordés, notamment le facteur indemnisation.

En effet, pour le président du HCRUN, il faut « réparer les torts au lieu d’indemniser ». La solution prônée est d’abord de passer par la reconnaissance et après cela y associer un degré d’humanisme.  Le constat est clair pour les membres du HCRUN : « L’argent n’est pas la seule solution, il y a bien plus de travail à faire », a déclaré Léandre Bassolé. Ce qui requiert également une assistance psychologique.

Aussi, à en croire son propos, la vérité apaise celui qui offense et permet à celui qui a été offensé de pardonner plus aisément.

Conjuguer les efforts pour parvenir à une réconciliation nationale

En outre, le cardinal Philippe Ouédraogo a affirmé qu’il faut conjuguer les efforts pour relever le défi de la réconciliation nationale. « Il n’y aura jamais de paix si les uns mangent et les autres ont faim, il n’y aura jamais de paix s’il y a une mauvaise gestion de la chose publique. Il y a une responsabilité commune à tous les niveaux », a-t-il dit.

Le président de la FEME, le pasteur Henri Yé, s’inscrit dans la dynamique d’accompagner le HCRUN dans sa mission. « Nous allons accompagner le HCRUN dans toutes les démarches qu’il y aura à faire pour que nous puissions aller vers la réconciliation. Il faut dire que dans un premier temps nous allons prier ça c’est notre premier devoir et nous allons prier pour que les cœurs puissent revenir ensemble », a-t-il rassuré.

Du reste, Léandre Bassolé a affirmé qu’« il nous appartiendra de tirer tout ce que nous pouvons tirer de toutes ces contributions qui ont été faites au long de nos rencontres et de voir maintenant comment capitaliser cela, comment nous en servir pour la suite du processus qui va consister essentiellement à faire des propositions ».

Corine GUISSOU et Zalissa SAVADOGO (stagiaires)

Burkina24

Rédaction B24

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Il y a 1 commentaire

  1. Ah messieurs du HCRUN! Tout ce que vous affirmez est vraiment juste et vrai, et personne ne le conteste. Mais les délais urgent, et il importe d’arrêter les discours maintenant, pour passer rapidement aux actes, car on vous observe et on n’est plus que fatigué d’attendre.

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