Burkina : Un écrivain lance une pétition pour la limitation des mandats présidentiels en Afrique

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Ceci est une pétition lancée par un écrivain sur la limitation des mandats présidentiels au Burkina Faso.

Nous avons initié une pétition pour la limitation des mandats présidentiels et le strict respect de nos constitutions concernant le nombre des mandats et leurs durées. Voici les liens pour signature. Si vous êtes francophones :   http://chng.it/cpNZTftd  et si vous êtes anglophones : http://chng.it/cpNZTftd                                                                    

En intégralité, ci-dessous le texte de la pétition aussi.

 Pétition pour la limitation des mandats présidentiels en Afrique.

La situation politique en Afrique noire est actuellement dans une phase critique. La démocratie comme nous la souhaitons tant toutes et tous connaît malheureusement un recul dans certains pays d’Afrique subsaharienne. Présentement, nous assistons à une épidémie de révisions des constitutions afin de permettre à certains présidents de s’éterniser au pouvoir. Alors que la loi fondamentale, c’est-à-dire la Constitution, au moment où ces présidents prêtaient serment interdisait de faire plus de deux(2) mandats.

Le tour de passe-passe consistant pour ces présidents de  soi-disant introduire  des nouveautés afin d’avoir un compteur à zéro. Et de  se présenter ad vitam aeternam au pouvoir. Nous avons connu des cas où la Constitution a été révisée uniquement sur la durée du mandat. Ce qui a permis au titulaire de la charge suprême de se présenter n fois.

 Et quand la date fatidique arrivait pour partir la tête haute, la chanson bien connue a été entamée pour dire que le sauveur, le messie, l’homme providentiel n’avait pas fini ses chantiers. Les constitutions furent charcutées de nouveau, réduisant ou augmentant la durée du mandat.

Sous d’autres cieux, l’astuce a constitué à demander que l’élection présidentielle ne soit plus au suffrage universel direct mais au que ce soient les élus de la Nation (députés et sénateurs) qui élisent le Président de la République. Sans oublier ce recours fallacieux au référendum téléguidé permettant de proclamer à qui veut l’entendre que c’est le peuple souverain qui s’est prononcé.

 Nous connaissons toutes et tous ces pratiques qui sont d’un autre âge. La démocratie en Afrique a besoin qu’on prépare des cadres à assumer les fonctions les plus prestigieuses dans un minimum de transparence et de clarté. Depuis des décennies où nous parlons Démocratie, quelles avancées réelles ? Avons-nous déjà oublié ces bourrages d’urnes et scores proclamés  dont à l’époque on disait score à la soviétique avec ces taux de 90% ou plus au vainqueur ainsi que des taux de participation toujours élevés alors qu’à peine un bon quart de personnes inscrites sur les listes électorales a accompli son devoir de voter.

Les conséquences de ce qu’il faut bien appeler démocratie confisquée et bâillonnée plongent l’Afrique noire dans une impasse politique aux conséquences incalculables dans les court, moyen et long termes. La pétition étant reconnue par les constitutions, nous voulons donc à travers cette pétition prendre des initiatives afin de mettre fin à cette hémorragie des maléfiques mandats de trop. Les voix de celles et ceux qui signeront la dite pétition traduiront la vox populi ou voix du peuple africain qui refuse clairement ces entourloupes pour rester au pouvoir. Ainsi donc, la pétition vise :

1°) A demander à l’Union Africaine de prendre une résolution afin d’interdire clairement  de dépasser le nombre de mandats  en révisant la constitution. Plus exactement, comme elle l’a fait pour l’interdiction du coup d’Etat, qu’elle prenne une résolution pour limiter à deux (2) au maximum le nombre de mandats.

2°) De déclarer inéligible à vie, toute personne qui irait à l’encontre de cette loi.

3°) De proclamer solennellement que toute révision constitutionnelle  ayant pour but de maintenir un président au pouvoir en dehors du texte fondamental, notamment de la durée initiale sur le mandat est anticonstitutionnelle.

4°) D’écrire noir sur blanc, dans le marbre que toute révision constitutionnelle concernant la durée du mandat, même  si elle est votée y compris par référendum et quel que soit le score ainsi que la transparence du vote ne profitera jamais à la personne qui a initiée cette révision. Et donc que cette révision même si  c’est par  un  changement de Constitution, une fois qu’elle touche la durée du mandat ou tous les aspects permettant de remettre le compteur à zéro afin de pouvoir se présenter, le Président de la République  au moment de la révision ne pourra jamais bénéficier des effets de cette révision .En aucune façon.

5°) Que toutes les révisions concernant la durée du mandat à l’élection présidentielle ainsi que pour les scrutins législatifs se fassent sur la base d’un véritable consensus aussi bien de la classe politique toutes tendances confondues que des autres entités représentatives de la Société. A cet effet, un Accord-cadre sera signé par toutes les parties  permettant d’encadrer la révision.

6°) Que d’un commun accord après consultations   des bases depuis les villages jusqu’aux villes  toutes les catégories socio-professionnelles se prononcent sur une durée minimum pour ne pas avoir à toucher aux articles de la Constitution concernant la durée et le nombre de mandats. Par exemple une durée d’une génération ou vingt-cinq(25) ans. En inscrivant cela dans la Constitution, nous éviterons  beaucoup de tentations de changer nos constitutions pour rester au pouvoir.

7°) Que  l’Union Africaine commande une étude prospective sur les enjeux démocratiques en Afrique à travers un très vaste sondage panafricain. Le sondage devrait être confié à des instituts de sondages africains. Les enquêtes  prendront en compte les avis de toutes les catégories  depuis les villages jusqu’aux villes ainsi que  les diasporas afin qu’il n’y ait aucune exclusion.

Cette étude prospective pourrait devenir biannuelle ou trisannuelle et faire l’objet d’un Rapport sur l’état de la Démocratie en Afrique noire. Les organisations de défense des droits humains et les organisations de la société civile   devraient être associées.

Appel vous est lancé  de signer  cette pétition afin que nous permettons à la Démocratie en Afrique Noire de s’enraciner.

Hassane BAADHIO

Ecrivain Africain  

B24 Opinion

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