Madi Sakandé : « On jette trois fois plus de nourriture en Afrique qu’en Europe »

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Environ 72% des productions agrosilvopastorales sont perdues avant même d’arriver dans les assiettes des consommateurs africains par manque de moyen de conservation. Des associations évoluant dans le domaine du froid et de la climatisation ont eu l’idée de fédérer leurs actions afin de créer une structrure panafricaine. Dénommée Union des Acteurs et Associations Africaines de la Réfrigération et de la Climatisation (U-3ARC), ladite association a pour ambition d’oeuvrer pour la promotion de ce domaine d’activité qui est doit être pris en compte pour un développement durable et l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire.

Ce sont 30 associations de 29 pays africains qui ont marqué leur adhésion à l’U-3ARC. Un engagement qui montre que « l’importance du froid n’est plus à démontrer ». Intervenant dans le domaine de la santé, du bien-être et de la nutrition, le froid se place comme une « nécessité et non un luxe. On jette trois fois plus de nourriture en Afrique qu’en Europe » selon Madi Sakandé, expert en réfrigération et en climatisation.

Partant de là, la capitale burkinabè va abriter du 24  au 26 septembre 2020, l’assemblée générale constitutive de l’U-3ARC. Et la deuxième journée mondiale du froid sera célébrée.

« Le manque d’une chaîne du froid fiable et suffisante en Afrique subsaharienne est l’une des principales causes des pertes de produits périssables », a laissé entendre Ibrahim Bambara, un autre expert du froid. Des pertes qui se traduisent par une dégradation de la sécurité alimentaire mais aussi par la perte d’opportunités d’affaires, selon lui. Ajouté à cela, il y a le gaspillage des ressources rares consacrées à la production des produits. Une autre conséquence et pas des moindres de cette absence de chaîne du froid est l’impact néfaste sur le climat.

Au Burkina Faso comme dans d’autres pays africains, le froid est encore perçu comme une question de luxe. Un point de vue qui pousse Ibrahim Bambara à dire que « le froid n’occupe pas la place prépondérante qui lui sied ».  Et pour casser ces barrières, ces acteurs du domaine  veulent mettre l’Afrique au diapason du froid. Pour 72 heures, « Ouagadougou sera la capitale du froid en Afrique ».

Au programme de ces 72 heures, il y aura l’assemblée constitutive de l’U-3ARC, un cross populaire, un panel sur le froid en Afrique et des expositions-ventes.

Un autre combat qui est mené en amont est celui de l’implication des femmes. Selon Madi Sakandé, elles occupent une place importante dans la lutte de l’U-3ARC. Rendez-vous est donné du 24 au 26 septembre 2020. « C’est l’Afrique 2.0 qui arrive comme ça », a martelé Madi Sakandé.

Basile SAMA

Burkina 24

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