“Soutenons Paule Marie Pierrette Gampiné pour la réalisation de ses rêves !”

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Ceci est une tribune d’un citoyen sur le rêve de Paule Marie Pierrette Gampiné.

Je lis avec consternation les critiques envers la meilleure élève au Baccalauréat, Paule Marie Pierrette Gampiné, qui voudrait réaliser ses rêves en étudiant l’architecture au Canada.

Pour avoir étudié au Maroc, en France et au Canada, je me permets de la soutenir et de manifester aussi mon mécontentement car il est incompréhensible en effet que les meilleurs élèves du pays doivent uniquement choisir comme destination le Maroc.

Le Maroc a un très bon système d’enseignement et ses écoles et universités sont meilleures comparées à celles de notre pays. Néanmoins sur le plan international, le Maroc est encore loin de placer ses écoles et universités parmi les meilleures au monde. Pour s’en rendre compte, il suffit de consulter les répertoires qui classent les meilleures universités au monde pour se rendre compte que la meilleure université au Maroc ne figure pas dans les 800 meilleures au monde.

Times Higher Education: https://www.timeshighereducation.com/

Shanghai Ranking: http://www.shanghairanking.com

Le Maroc est reconnu en Afrique pour sa formation en Architecture et d’autres domaines et on peut exceller dans son travail plus que ceux qui auront étudié au Canada ou ailleurs.

Mais il s’agit d’un rêve et il faut poursuivre ses rêves et les réaliser. Alors, mademoiselle, je vous soutiens et je vous y encourage.

Mais puisqu’il s’agit du Canada, je voudrais d’abord expliquer le coût des études au Québec plus précisément. En général les étudiants étrangers paient beaucoup plus cher que les locaux. Alors pour venir au Canada quand on dispose de peu de moyens, on a besoin de bourses : une bourse d’exemption de frais supplémentaires de scolarité qui fait qu’on paiera la même scolarité que les Québécois et une bourse pour vivre (payer son loyer, se déplacer, se nourrir etc.).

Bourse pour alléger les frais de scolarité

Pour la bourse d’exemption, le Québec en octroie 22 au Burkina Faso dont la majorité au 1er cycle (quand on commence ses études universitaires).

« En vertu d’une entente bilatérale entre le Québec et le Burkina Faso, 22 étudiants burkinabés peuvent être exemptés d’une partie des droits de scolarité normalement exigibles. Ces étudiants paient alors les mêmes droits que les étudiants québécois. Pour poser sa candidature, il faut s’adresser directement au ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique du Burkina Faso. Toutes les candidatures doivent être approuvées par le gouvernement du pays concerné et transmise par l’organisme responsable. » (Pour plus d’infos : https://admission.umontreal.ca/vous-etes/etudiant-etranger/burkina-faso/)

Compte-tenu du fait que chaque année, des étudiants terminent leurs études, des bourses se libèrent. Pourquoi ne pas réserver un certain nombre de ces bourses aux meilleurs étudiants du pays ? On conviendra donc que notre génie pourrait bénéficier d’une telle bourse. Je pense que l’ambassade devrait mieux communiquer sur ces bourses et les critères d’attribution. (Pour plus d’infos : https://ambabf-ca.org/postuler-pour-une-bourse/)

Bourse pour vivre

Il reste la bourse pour payer le restant du montant de la scolarité et pour vivre. Il faut reconnaître que la vie est chère mais pas plus chère qu’en France selon mon expérience. Alors si le Burkina arrive à octroyer plusieurs bourses à des étudiants en France, je pense qu’on pourrait attribuer la même bourse pour le Canada et idéalement une bourse légèrement supérieure pour la meilleure de tous.

Être admis(e) dans une université Canadienne

Il reste un point important : l’inscription dans une Université Canadienne. À ma connaissance et contrairement au Maroc, il n’existe pas d’entente pour que les Universités Québécoises reçoivent des étudiants Burkinabé dans des filières données et je ne pense pas que de telles ententes soient possibles.

Il faut donc que l’étudiant puisse s’inscrire par lui-même. Une fois admis dans la filière de son choix, le problème des bourses peut se poser et être résolu. Dans le cas présent, si l’étudiante n’est pas encore admise dans une filière d’architecture, elle n’est pas admissible aux bourses d’exemption et donc pas utile de lui accorder une bourse de subsistance.

Pour faire face à cela, je pense que l’ambassade, le CIOSPB et les anciens étudiants du Canada devraient mieux communiquer sur les opportunités d’études au Canada, quand et comment s’inscrire. Les pays du Maghreb et les Français partagent gratuitement les informations pour aider leurs compatriotes contrairement à ceux de l’Afrique Sub-saharienne. Je plaide aussi coupable.

Quoi faire dans le cas présent ?

  1. Obtenir déjà l’inscription dans une université Canadienne en Architecture si ça n’est déjà fait.

  1. Obtenir des bourses :
    • Obtenir une bourse d’exemption : appel à l’ambassade et au ministère des enseignements
    • Obtenir une bourse pour vivre : appel au ministère des enseignements
    • Obtenir à la fois une bourse couvrant la scolarité et de quoi vivre : appels aux sociétés minières Canadiennes qui opèrent au pays et à tous ceux qui ont les moyens de prendre cette étudiante en charge.

Arrêtons aussi nos critiques ! Le Maroc c’est bien, mais si elle préfère le Canada, soutenons-la, elle le mérite !

Goama Diallo

Un citoyen indigné

B24 Opinion

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