«La place de Guillaume Soro n’est pas dans la campagne électorale mais en prison », selon Alassane Ouattara

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Dans une interview accordée au magazine français « Paris Match », le chef de l’Etat ivoirien a remis les pendules à l’heure quand on sait que l’ancien président de l’Assemblée Nationale Guillaume Soro n’y va pas du dos de la cuillère lorsqu’il s’agit de lui. En plus de répondre à son ex-allié, il s’est également prononcé sur le cas Laurent Gbagbo dont la candidature à la présidentielle du 31 Octobre 2020 a été rejetée par le Conseil Constitutionnel ivoirien. Le président du PDCI, Henri Konan Bédié, n’a également pas échappé à la virulence d’Alassane Ouattara. 

Rappelant de nouveau et cette fois aux confrères français de « Paris Match » que sa candidature relève d’un “sacrifice personnel”, Alassane Ouattara, 78 ans, explique avoir mis tout en place pour sa retraite avec l’ouverture de sa fondation et la désignation de son successeur en l’occurrence le regretté Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, son « fils » et fidèle collaborateur depuis une trentaine d’années. Le président du RHDP explique qu’à moins de 6 mois de la présidentielle l’organisation de primaires au sein de son parti ouvrirait des divisions susceptibles de disloquer le parti présidentiel d’où sa décision de « rompre avec l’engagement » pris devant la Nation et la communauté internationale le 5 mars 2020. Cela montre selon ses propos tout le sens et la dimension sacerdotale de sa candidature dont il défend bec et ongle la régularité vis-à-vis de la constitution.

« Ce sont des bêtises », répond-t-il à ses détracteurs qui lui reprochent de violer la Constitution. « Notre Constitution date de 2016, elle a instauré une nouvelle République en Côte d’Ivoire. Les cartes ont donc été rebattues. Je vous le répète, je n’ai jamais cherché à m’accrocher – contrairement à mes prédécesseurs. J’ai tout fait pour préparer la relève et je n’ai pas besoin d’être président pour garder mon train de vie, tous les Ivoiriens le savent… J’ajoute que, parmi mes adversaires, Laurent Gbagbo est resté onze ans au pouvoir et Henri Konan Bédié a été chassé par un coup d’Etat pendant son second mandat, puisqu’il avait terminé celui d’Houphouët-Boigny. Je ne suis donc pas le seul à briguer un troisième mandat… », a-t-il tranché.

Alors que Guillaume Soro affirmait comme lors de sa dernière conférence de presse à Paris, France, qu’il n’aura pas d’élection le 31 Octobre 2020 avec le président sortant Alassane Ouattara, ce dernier réfute cette probabilité : « Il n’en est pas question… La date du 31 octobre est donc inscrite dans le marbre ».

A propos du rejet des candidatures de Guillaume Soro et Laurent Gbagbo, le président ivoirien a expliqué que « Soro, comme Gbagbo, a été écarté car son casier judiciaire n’est pas vierge. Tous deux le savaient parfaitement. Leurs candidatures relèvent de la provocation… La place de Guillaume Soro n’est pas dans la campagne électorale mais en prison » pour la prétendue tentative de destabilisation de la Côte d’Ivoire, ce qui lui a valu 20 ans de prison ferme prononcé par la justice ivoirienne.

« Les preuves contre lui sont accablantes » poursuit-t-il avant d’ajouter que les autorités française devraient se pencher sur le cas de l’ex-rebelle au regard de « la grande vie » qu’il mènerait en France : « Comment peut-il avoir ce train de vie ? D’où sort cet argent ? Les autorités françaises devraient s’en préoccuper », a-t-il partagé sur son ancien collaborateur qu’il qualifie aujourd’hui d’ « assoiffé d’argent et de pouvoir ».

Alassane Ouattara a déploré le rapprochement entre Guillaume Soro et Henri Konan Bédié tout en rappelant l’ « ivoirité » née de la gouvernance de celle-ci (1993-1999) et à l’origine de bien d’affres depuis lors.

Sur la question du retour de Laurent Gbagbo, le chef de l’exécutif ivoirien rappelle que Laurent Gbagbo « devrait attendre le verdict en appel devant la CPI, car pour l’instant il est en liberté sous condition » sans oublier « qu’il est condamné à vingt ans de réclusion pour crimes économiques. » Pour lui, même si Simone Gbagbo a été « une mauvaise conseillère de son mari, mais c’est lui qui était responsable », a conclu Alassane Ouattara.

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Correspondant de Burkina24 en Côte d’Ivoire

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