Côte d’Ivoire : L’opposition manifeste contre le troisième mandat d’Alassane Ouattara

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L’opposition ivoirienne a organisé ce samedi 10 Octobre 2020 un grand meeting au stade Félix Houphouet-Boigny sis dans la commune Plateau à Abidjan, la capitale ivoirienne. Il s’est agi pour le président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Henri Konan et ses alliés de dire « Non » à la candidature du président sortant, le leader du Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix (RDHP), Alassane Ouattara, qu’ils jugent  anticonstitutionnel. Le terrain sur lequel étaient attendus les organisateurs de ce rassemblement était celui de la mobilisation.

Trois semaines après l’appel à la désobéissance civile lancée par l’opposition ivoirienne dont la figure de proue est Henri Konan Bédié, le président du PDCI-RDA et ex-allié du pouvoir, un meeting ayant réuni  plusieurs milliers de personnes au stade Félix Houphouet-Boigny à Abidjan, Côte d’Ivoire, a été organisé pour donner plus de résonance à cette volonté d’écarter Alassane Ouattara de la présidentielle du 31 Octobre 2020.

L’ambiance avant le meeting

Le défi majeur de l’opposition a été la mobilisation d’où les multiples appels à prendre d’assaut le stade portant le nom du premier président de la Côte d’Ivoire indépendante. Charles Blé Goudé du Cogep, Pascal Affi NGuessan du FPI, Mamadou Koulibaly de Lider, Mabri Toikeusse de l’Udpci Henri Konan Bédié du PDCI sont donc rentrés dans la danse à travers des vidéos pour appeler à converger « sans peur » et « courageusement » au Plateau ce samedi 10 Octobre 2020. Et c’est ce qui fut fait au regard de la marée humaine ayant fait de cette commune d’affaires une fourmilière anti-Ouattara.

Très tôt ce samedi 10 Octobre sur les réseaux sociaux circulaient des vidéos décrivant des scènes d’agression attribuées aux militants du parti au pouvoir sur des militants de l’opposition en route pour le meeting. Ces derniers ont entre autres dénoncé les intimidations des forces de l’ordre en vue de les empêcher à avoir accès au stade et également l’immobilisation de cars de transport de manifestants venus de l’intérieur du pays.

Peu avant la mi-journée, les passages au pupitre des différents présidents de partis de l’opposition dont celui d’Henri Konan Bédié, Pascal Affi N’Guessan et Marcel Amon Tanoh, ex-ministre des Affaires Etrangères, pour ce qui est des plus marquants, ont réaffirmé le refus de l’opposition de voir compétir à la présidentielle prochaine, le président sortant Alassane Ouattara.

Entre appel à l’Onu, désobéissance civile et transition

Selon Henri Konan Bédié,  ce « viol de la Constitution » par Alassane Ouattara est un acte de « haute trahison » consacré par le « parjure » du Conseil constitutionnel. « La dictature du RHDP sera vaincue », a-t-il lancé tout en laissant un message à l’Organisation des Nations Unies: « Je demande ici solennellement au secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres de se saisir du dossier ivoirien pour la mise en place d’un organe électoral véritablement indépendant et crédible avant l’élection présidentielle prévue le 31 octobre ».

Pour Pascal Affi N’Guessan, le patron légal du FPI de Laurent Gbagbo, « le mot d’ordre de désobéissance civile vise à obtenir la transition politique pour la renaissance de la Côte d’Ivoire… », a-t-il précisé.

L’opposition ivoirienne a promis faire échouer le processus électoral dont le point culminant est prévu pour le 31 Octobre 2020 prochain avec l’élection présidentielle. Du côté du pouvoir et de l’organisme en charge de l’organisation de ces élections, la Commission Electorale Indépendante (CEI), toutes les assurances sont données pour tenir cet engagement. « Cette date est inscrite dans du marbre », avait réagi Alassane Ouattara dans une interview accordée au magazine français Paris Match.

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Correspondant de Burkina24 en Côte d’Ivoire    

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