Renforcement de la gouvernance locale : Les partenaires s’assurent de l’avancée du programme

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La Coalition burkinabè pour la défense des droits de la femme (CBDF) en partenariat avec l’ONG Oxfam a rencontré les Cadres de dialogue citoyen (CDC) exerçants dans les communes de Bama et de Satiri le jeudi 8 octobre 2020. L’objectif  de cette sortie vise l’évaluation du Programme de renforcement de la gouvernance locale et du contrôle citoyen du Burkina, un outil de promotion de la participation citoyenne pour une gouvernance transparente, et équitable.

C’est un vent nouveau qui souffle dans les communes rurales de Bama depuis la mise en place du Programme de renforcement de la gouvernance locale et du contrôle citoyen du Burkina en 2018.  Les Organisations de la société civile de cette commune bénéficiaire du Programme de renforcement de la gouvernance locale et du contrôle citoyen au Burkina Faso s’approprient leurs droits de veille citoyenne.

Interpellation, civisme fiscal

De leurs actions d’interpellation par rapport à la mauvaise qualité des vivres destinés à l’approvisionnement des cantines scolaires à l’exigence de transparence et d’équité dans le processus de lotissement envisagé par la mairie, le président du CDC Zakaria Ouédraogo se réjouit de l’amélioration de la gouvernance.

Ahoudou Belem, commerçant, paie désormais ses impôts

Mais aussi de la promotion du civisme fiscal à Bama.

« Depuis que j’ai compris les enjeux de la décentralisation, je ne fuis plus les collecteurs des impôts », confie  Ahoudou Belem, un commerçant de produits divers.

 Aux dires de Zakaria Ouédraogo, la régie de la commune a enregistré des recettes journalières de plus d’un million de francs CFA au cours de sa dernière opération de recouvrement.

  « J’ignorais que les femmes pouvaient parler à la radio »

Le genre n’est pas resté en marge de ce changement. Comme la présidente de l’Union nationale des étuveuses de riz Fatoumata Zonou, beaucoup de femmes commencent à occuper le devant de la scène.  « Depuis lors, les femmes gagnent du terrain. Moi-même  je pensais que seules les femmes journalistes pouvaient parler à la radio. Dans les cadres de concertations, je me cachais derrière les hommes. Mais plus maintenant », martèle-t-elle.   

Fatoumata Zonou

A notre arrivée au Collège d’enseignement général (CEG) de Satiri, le bureau du Cadre de dialogue citoyen (CDC) dirigé par Drissa Traoré était en mission de contrôle.

Dans la première salle de classe située à l’entrée de l’établissement, un ouvrier s’attèle à gratter le tableau noir accroché au mur. « Voyez-vous, le tableau que voici est en train d’être rénové pour la 3ème fois  suite à nos actions d’interpellation », confie Drissa Traoré qui n’entend pas lâcher prise avant la livraison d’un travail de qualité. 

Une mineure sauvée du mariage forcé

Dans cette commune rurale située à 45 kilomètres de la ville de Bobo-Dioulasso, le CDC à travers le Centre d’écoute des jeunes œuvre au respect des droits des femmes et des filles. « Rien qu’hier, j’ai ramené une victime de mariage forcé dans sa famille. La veille, cette mineure de 15 ans avait été enlevée par un jeune de 35 ans», relate le président du cadre.

La pratique d’enlèvement de jeunes filles tire sa source d’une tradition qui veut que la première fille de chaque famille se marie dans la famille de sa mère.

Drissa Traoré montrant le tableau mal réalisé

En enlevant les jeunes filles avec ou sans leurs consentement, les auteurs pensent jouir de leur droit de les « ramener à la source » au nom d’une tradition que la Coalition burkinabè pour la défense des droits des femmes (CBDF) entend changer. En 2019, le centre d’écoute a enregistré 65 cas d’enlèvement de jeunes filles.

Eveil des consciences

A la fin de la visite, le Chargée de programme de la CBDF Kalifa Soulama se dit satisfait de ce mécanisme de veille qui éveille les consciences. « Les populations en tant que bénéficiaires s’assument davantage en exigeant des infrastructures de qualité et aussi la prise de mesures équitables pour le respect des droits des femmes et des filles. Mais pour en arriver là, il a d’abord fallu que des gens prennent conscience. Et c’est à cela qu’a consisté notre travail », conclut-il

Aminata SANOU                                                        

Correspondante de Burkina 24 à Bobo-Dioulasso

                                                                                                                                       

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