Harouna Kaboré : « Bientôt, les Burkinabè vont porter des tenues scolaires en Faso Danfani »

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Les autorités burkinabè sont résolument tournées vers le « consommons local ». A cet effet, le ministère du commerce en collaboration avec le club des marqueteurs a tenu une conférence ce mardi 13 octobre 2020 afin de présenter les grandes lignes des actions de promotion et de vulgarisation des produits locaux.  

Mettre un label « Made In Burkina » en place, c’est l’objectif poursuivi par le club des marqueteurs à travers la promotion du consommons local. «  Dans la quasi-totalité des structures et des entreprises, il y a le marketing. Mais on n’avait pas cette tribune», a dit Bouriema Maïga, le président du club des marqueteurs.  Ces différents professionnels du marketing veulent ainsi fédérer leurs actions au profit des produits locaux. Pour y arriver cette association a effectué une étude du marché.

Avec une économie locale basée sur le secteur primaire et très dépendante de la qualité de la saison pluvieuse, le Burkina Faso fait face à une importation massive. Les produits asiatiques occupent la première place dans cette chaine de produits étrangers. Cependant, le « pays des Hommes intègres » veut inverser la tendance. Mais cette inversion ne s’annonce pas facile.

Objectif 50% du marché d’ici 2023

Du haut de ses 20 millions d’habitants et son PIB de plus 8 000 milliards de francs CFA, le Burkina Faso constitue un vaste et riche marché. Un marché conquis notamment via le digital. Avec les prix abordables, les produits à faible coût occupent le quotidien des consommateurs burkinabè. Une place inexpliquée au vu de la qualité souvent absente au niveau de ces produits.

Et en dépit de cette absence de qualité, le prix reste un élément clé de la décision d’achat. Il urge alors de changer cette tendance.  Et selon le ministre en charge du commerce, le Burkina dispose de moyens pour y arriver. On a entre autres moyens, la disponibilité des matières premières, le caractère naturel des produits et le label « Made In Burkina ». « Le consommateur ne va pas consommer par patriotisme mais par conviction de la qualité et de l’accessibilité», a laissé entendre le ministre en charge du commerce, Harouna Kaboré.

A l’horizon 2023, les produits locaux doivent occuper 50% de la part du marché. Et comme stratégie à suivre, les autorités veulent faire un « tapage médiatique ». On peut ainsi voir dans le plan, des campagnes de communications, des chalenges Made In Burkina, l’intervention d’influenceurs et des caravanes dans les différentes grandes villes. Mais pour le ministre, le consommons local ne se résume pas seulement à la vente et l’achat. Pour lui, cela doit aller de la production, à la disponibilité en passant par la qualité des produits.

« Désormais, les tisseuses ont l’initiative 5 000 métiers à tisser. Ce qui a permis de produire plus de 12 millions de masques. En raison de 250 F CFA le masque, 3 milliards de FCFA ont été injectés. Je peux vous assurer que d’autres initiatives viennent. Bientôt, je pense que les Burkinabè vont porter des tenues scolaires en Faso Danfani. Nous avons réussi à produire aussi les premiers tricots Made In Burkina. D’ici fin 2021, vous n’aurez plus besoin d’aller commander des tee-shirts ailleurs. Ce ne sont pas des discours. Ce sont des choses concrètes.  En 2023, nous allons arriver à transformer 25% de nos produits locaux et nous serons un pays industrialisé »,

Harouna Kaboré

Aussi le département de Harouna Kaboré veut mettre en place une société indépendante de distribution et de marketing des produits Made In Burkina. Il y a aussi l’amélioration de l’offre des produits. Pour revenir sur les difficultés qui entravent l’essor des produits locaux, il y a entre autres le manque d’attirance des emballages et du design, le manque de technologie industrielle et la faiblesse en innovation.  Il y a alors la nécessité d’avoir un bon plan de marketing car « le marketing est essentiel pour pénétrer le marché ».

Il faut noter que l’Union Économique et  Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) a décrété le mois d’octobre, le mois du consommons local. Une manière pour les différentes autorités d’inciter les populations à adhérer à l’initiative.

Basile SAMA

Burkina 24

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