Urbanisme et habitat : Vers un dispositif de régulation des travaux publics

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Comment mettre fin à la construction d’ouvrages de bâtiments de mauvaise qualité ? Le Ministère de l’habitat et de l’urbanisme veut y répondre à travers la mise en place de l’Assistance à la maitrise d’ouvrage publique (AMOP) dans le domaine du bâtiment et des édifices publics. Les différents acteurs de ce futur processus de régularisation ont commencé un atelier de réflexion le lundi 12 octobre 2020 à Bobo-Dioulasso.

Issus des ministères et des structures intervenant dans le domaine de la construction, les participants de l’atelier d’élaboration du dispositif de l’Assistance à la maitrise d’ouvrage publique (AMOP) dans le domaine du bâtiment et des édifices publics entendent réfléchir sur les textes règlementaires et les moyens nécessaires à sa mise en place.

Une fois validée, « l’Assistance à la maitrise d’ouvrage publique (AMOP) sera l’œil technique de l’Etat pour assurer la qualité des bâtiments publics en évitant que des structures étatiques ne puissent  mettre en œuvre des projets sans impliquer le département de tutelle», explique le Directeur général (DG) de l’architecture, de l’habitat et de la construction Pegdwendé Aimé Soubeiga.

Ecologie, âme architecturale

Le dispositif qui entend réguler les normes en matière de construction des bâtiments publics va aussi contribuer à la réduction énergétique de l’Etat tout en veillant à la promotion socioculturelle de nos édifices. «Grâce à ce dispositif, l’Etat pourra implémenter toutes les autres politiques annexes à la construction. Par exemple, on parle de la promotion des matériaux locaux de construction. Mais, on ne peut pas promouvoir ces matériaux locaux sans l’existence d’un processus de centralisation. La centralisation aussi va donner une âme au plan architectural de nos édifices publics », ajoute le DG.

« Quand les gens vont commencer à assumer leurs responsabilités, ils vont faire plus attention »

« La mobilisation des structures intervenant dans la chaine vise à s’assurer que les acteurs ne vont pas se contenter de respecter les textes afférents aux marchés publics sur papier et fouler aux pieds ceux relatifs aux constructions de qualité proprement dit. Avec l’AMOP, des actions seront menées pour que les services de mauvaise qualité ne soient pas payés. Si on a des bâtiments qui s’écroulent sans explication, c’est parce que  les gens ne sont pas interpellés par rapport à la qualité du bâtiment. Quand les acteurs vont commencer à assumer leurs responsabilités, ils vont faire plus attention »

Pegdwendé Aimé Soubeiga

D’emblée, l’esprit de l’AMOP n’est  pas de constater les dégâts.  Il vise plutôt à mobiliser le suivi de bout en bout par des architectes agréés, des ingénieurs agréés et des entreprises de constructions performantes. Mais si toutefois des cas de mauvaises réalisations arrivaient malgré tout,  ce processus qui sera doté d’un système informatisé permettra de saisir les acteurs concernés afin de les mettre face à leurs responsabilités.

L’atelier comporte des travaux de groupe et des plénières qui doivent aboutir à l’élaboration d’un document amendé par les parties prenantes à la formation.

 Mais avant, il a d’abord fallu travailler avec les DAF et les DMP de tous les ministères concernés ainsi que l’Autorité de régulation de la commande publique.

Aminata SANOU

Correspondante de Burkina 24 à Bobo-Dioulasso

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