10 infos sur un candidat : Roch Marc Christian Kaboré

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Roch March Christian Kaboré, veut briguer un deuxième mandat, sous la bannière de son parti politique, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). A l’élection présidentielle de 2015, il avait été élu dès le premier tour pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois, avec 53,49 % des voix. 

1-Date, lieu de naissance et situation matrimoniale

Roch Marc Christian Kaboré est né le 25 avril 1957 à Ouagadougou. Il est marié et est père de trois enfants.

2-Parcours académique

Roch Marc Christian Kaboré a fait ses études à l’école primaire publique Centre A de Ouagadougou, puis à Tougan jusqu’en février 1968. Il est revenu à Ouagadougou en classe de CM2, à l’école primaire publique centre B où il obtient le Certificat d’études primaires élémentaires (CEPE). Il a fait ses études secondaires au collège Saint Jean-Baptiste De La Salle à Ouagadougou où il obtient en 1972 le BEPC et le Baccalauréat en 1975.

Il a étudié les sciences économiques à l’université de Dijon en France où il obtient, en 1979, une maîtrise en sciences économiques et gestion, puis en 1980, un DESS en gestion qui lui confère le Certificat d’aptitude en administration et gestion des entreprises.

3-Parcours professionnel

Rentré au Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré milite en pleine révolution sankariste au sein de l’Union de lutte communiste-reconstruite (ULC-R). Le 4 août 1983, Thomas Sankara prend la tête du Conseil national de la Révolution et s’installe au pouvoir. L’année suivante, Roch Kaboré, alors, âgé de 27 ans, est nommé directeur général de la Banque internationale du Burkina, à l’époque l’une des deux principales institutions financières du pays.

Il occupe ce poste jusqu’en 1989, date à laquelle il est nommé par le Chef de l’Etat, Blaise Compaoré, ministre des transports et de la communication. En 1990, il conserve son portefeuille et devient Ministre d’Etat. En 1991, il devient Ministre chargé de l’Action Gouvernementale. En mai 1992, il est élu Député de la province du Kadiogo au sein de l’Organisation pour la Démocratie Populaire – Mouvement du Travail (ODP-MT). Entre 1992 et 1993, il occupe successivement les postes de Ministre des Finances, puis chargé des Relations avec les institutions.

Le 11 janvier 1994, les autorités politiques africaines enclenchent la dévaluation du franc CFA qui devenait inéluctable. Très rapidement les premiers effets de la dévaluation se font ressentir, les prix à la consommation doublent du jour au lendemain. Devant cette situation, Blaise Compaoré nomme en mars 1994 Roch Marc Christian Kaboré au poste de Premier ministre, en comptant sur ses capacités à fédérer et apaiser des relations conflictuelles et sur son expérience de banquier pour atténuer les effets de la dévaluation.

Les remous de la dévaluation passés, Blaise Compaoré se sépare de son Premier ministre qu’il relègue à un poste de conseiller spécial à la Présidence du Faso le 6 février 1996.

4-Appartenance politique

Le 4 janvier 2014, Roch Marc Christian Kaboré et deux autres piliers du CDP, Simon Compaoré et Salifou Diallo démissionnent en signant une lettre ouverte dans laquelle ils dénoncent la « caporalisation » du parti et « ses méthodes de gestion fondées sur l’exclusion ».

Ils seront suivis le lendemain par 72 autres membres du parti. Ils créent, la même année, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) et Roch Marc Christian Kaboré en prend la tête. Le MPP prône la social-démocratie.

5-Parcours politique

Au début des années 2010, Roch Marc Christian Kaboré se sent progressivement écarté alors que le CDP est remodelé autour des hommes de confiance de Blaise Compaoré, notamment Assimi Kouanda qui prend la présidence du parti en 2012. Survient ensuite la question de l’article 37 de la Constitution, qui interdit au Président du Faso, Blaise Compaoré, de se représenter en 2015 et qui amènera Roch Marc Christian Kaboré à basculer définitivement dans l’opposition.

En 2012, Roch Marc Christian Kaboré quitte la direction du CDP comme il l’avait annoncé. Redevenu simple militant, il tente de dissuader le président de modifier l’article 37 de la Constitution.

Le jour de la fête de l’indépendance, le président de la République annonce lors de son discours au peuple que la modification de l’article 37 fera l’objet d’un référendum. Blaise Compaoré prend la même position lors d’une visite à Paris.

C’est ce qui a amené Roch Marc Christian Kaboré et deux autres piliers du CDP, Simon Compaoré et Salifou Diallo à démissionner en janvier 2014 du CDP et à créer le MPP. Le MPP rejoint les rangs de l’opposition et les mouvements de la société civile dès février 2014. Les 30 et 31 octobre 2014, le peuple se soulève contre la modification de l’article 37 de la Constitution et pousse Blaise Compaoré à quitter le pouvoir.

Le 1er novembre, le lieutenant-colonel Isaac Zida est nommé Chef de l’État, avant qu’un accord sur les institutions de la transition ne soit signé entre l’armée, les partis d’opposition et la société civile, y compris ses représentants religieux. Devant la montée du mécontentement, Isaac Zida s’engage à rendre le pouvoir à un civil.

C’est ainsi que Michel Kafando est nommé Président de la transition. Le lieutenant-colonel Zida devient son Premier ministre. Ce gouvernement de transition avait pour mission principale l’organisation et la bonne tenue des élections présidentielle et législatives qui se déroulent le 29 novembre 2015. C’est à l’issue de ces élections que Roch Kaboré est déclaré vainqueur dès le premier tour.

6-Expérience électorale

Élu pour la première fois député de la province du Kadiogo en 1992, Roch Marc Christian Kaboré est réélu en mai 1997 et devient Premier vice-président de l’Assemblée nationale. En 2015, il participe à l’élection présidentielle et est crédité de  53,49 % des voix, soit 1 668 169 suffrages.

7-Slogan

« Tous en mouvement pour Roch2020 ! Un homme, une parole, des actes ».

8-Alliance politique

Le MPP est né de la volonté des démissionnaires du CDP et de la fusion de huit partis politiques dont la Convention démocratique nationale (CND), la Convention Nationale pour le Progrès du Burkina (CNPB), le Mouvement du Peuple pour le Socialisme/Parti Fédéral (MPS/PF), le Parti Patriotique pour le Développement (PPD), le Parti pour la Concorde et le Progrès du Faso (PCD), le Rassemblement pour la Prospérité Populaire (RPP Guassigui), l’Union des Démocrates pour le Progrès Social (UDPS) et l’Union des Patriotes pour le Développement (UPD). Plusieurs autres partis politiques se sont, par la suite, ralliés au MPP.

Il s’agit notamment du Rassemblement pour la démocratie et le socialisme (RDS), du Nouveau temps pour la démocratie (NTD), du Front des forces sociales (FFS), le PDS/Metba, du Rassemblement des patriotes pour le renouveau (RPR), de Burkina Yirwa, de l’Alliance des forces progressistes (AFP), de la Coalition pour la république/ Parti progressiste (CORP), du Parti pour la démocratie et le progrès/Parti socialiste (PDP/PS), du Front progressiste, de l’Union démocratique burkinabè pour la renaissance (UDBR), du Mouvement pour le Progrès et le Changement, du Mouvement patriotique pour l’alternance, du Mouvement panafricain des forces unies pour le travail, de l’Union nationale des indépendants, du Parti National pour le Développement et la Paix (PNDP), du Mouvement patriotique pour le renouveau.

En mars 2018, sept nouveaux partis politiques ont rejoint l’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP). Il s’agit de l’Alliance pour la Démocratie du Faso (ADEFA), de l’Alliance pour la Démocratie et le développement (ADD), du Parti pour la Démocratie et la Jeunesse (PDJ), du Parti pour la Protection de l’Environnement/ Conservation de la nature (PPE/CN), du Parti des Patriotes Progressistes (PPP), du Parti du Peuple Républicain (PPR), de la Renaissance Démocratique et Patriotique au Faso (RDPF).

9-Atouts et faiblesses

En sa qualité de Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré devrait être en pole position pour convaincre davantage d’électeurs, notamment avec l’appui de ses collaborateurs réunis au sein du gouvernement. Les 55 députés du MPP à l’Assemblée nationale pourraient également être un atout pour le natif de Tuiré, village de Zorgho.

Il faut reconnaître que, malgré des aspects à améliorer, le président sortant a, à son actif, des réalisations positives comme l’audit des diplômes des agents de l’Etat et le processus de modernisation de l’administration fiscale ; ou encore la mise en œuvre de la gratuité des soins pour les femmes et enfants de moins de 5 ans, la construction de lycées scientifiques et l’amélioration de la desserte en eau potable, de même que le renforcement des infrastructures routières par le bitumage des voies et la construction de nouvelles routes.

L’opérationnalisation du vote des Burkinabè de l’extérieur sera également une première expérience au Burkina Faso, et ce sous le régime Kaboré ; même si beaucoup d’observateurs estiment toujours que le parti au pouvoir pourrait mieux faire en facilitant les conditions de vote dans les pays où vivent des compatriotes. Les nombreuses démissions dans des partis de l’opposition notamment l’UPC pourraient aussi être un atout pour Roch Marc Christian Kaboré.

Tout n’est cependant pas rose pour le prétendant à un deuxième mandat présidentiel. En effet, il y a, entre autres, la non résolution de la question de l’insécurité, avec son lot de déplacés internes estimés à plus d’un million de personnes, qui peut constituer une grosse faiblesse pour Roch Kaboré et ses alliés. Les démissions au sein du MPP, notamment celles du Professeur Dieudonné Ouédraogo, membre du Bureau politique national et du Professeur Jean-Baptiste Ouédraogo, chercheur au CNRST et membre du haut conseil du MPP ne semble pas être un atout pour Roch Marc Christian Kaboré.

Les nombreux dossiers pendants en justice, la liberté provisoire accordée à l’ex-ministre de la Défense Jean Claude Bouda et certaines promesses non tenues dont celle liée au passage à une cinquième République et la fronde sociale toujours en ébullition sont autant d’aspects qui peuvent  constituer des faiblesses de Roch Marc Christian Kaboré.

10-Projet de société

Cliquez ici pour télécharger le programme 2021-2025 de Roch Marc Christian Kaboré.



Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

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