Burkina Faso : Au Sahel, la femme au-devant de la scène pour la promotion de la paix

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Dans la région du Sahel au Burkina Faso, les femmes sont sollicitées pour la promotion de la paix et de la cohésion sociale dans le cadre d’un projet porté par le Fonds des Nations-Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Fonds des Nations pour la Population (UNFPA), et piloté par l’Organisation non gouvernementale (ONG) Mwangaza Action. Dans le cadre du projet « Promotion de la culture de la paix et de la cohésion sociale dans les régions du Nord et du Sahel, Burkina Faso », financé par le Fonds pour la consolidation de la paix des Nations-Unies (PBF), elles participent aux mécanismes communautaires d’alerte précoce, de médiation et de veille pour prévenir et répondre à temps aux risques d’extrémisme violent et de radicalisation.

Mwangaza Action, dans la mise en œuvre du projet « Promotion de la paix et de la cohésion sociale dans les régions du Nord et du Sahel, Burkina Faso » a placé la femme au cœur de ses activités. Dans sa zone d’intervention qui couvre 110 villages de la région du Sahel, l’ONG a identifié une association de femmes par village.

Selon Madame Brigitte Yaméogo, Chargée de programme de l’ONG Mwangaza Action, la femme joue un grand rôle dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale : « En tant qu’éducatrice, c’est elle qui véhicule les messages essentiels aux enfants et aux membres de la famille. Donc, si elle a une position contre la violence, sa famille va vivre dans la paix ainsi que ceux qui l’entoure. Mais si elle donne des messages négatifs, cela peut conduire également à la violence. À notre niveau, on leur a accordé la place qu’il leur faut ».

C’est dans les paroles que les gens se sentent vexés

Après avoir outillé ces femmes par des formations, des rencontres, et des émissions radio dans les villages et communes, les associations mènent des activités de sensibilisation dans leur localité afin de promouvoir la paix et la cohésion sociale. C’est l’exemple de l’Association pour la promotion de la femme et de l’enfant au Séno, présidée par Djénéba Diallo Kinda et ayant son siège à Gorgadji dans la région du Sahel.

« Les femmes sont très engagées dans les activités. Quand on les invite, elles sortent massivement et elles font beaucoup de témoignages sur la cohésion sociale », relate Djénéba Diallo Kinda. À Gorgadji, l’Association pour la promotion de la femme et de l’enfant au Séno a effectué un travail de sensibilisation pour adresser les préjugés.

Djénéba Diallo-Kindo, Présidente de l’Association pour la promotion de la femme et de l’enfant au Séno (Région Sahel)

Avant la survenance de l’insécurité, il n’y avait pas trop de problèmes, explique Djénéba Diallo Kinda.  « Mais l’insécurité a entrainé un déplacement massif de populations fuyant les zones de conflit vers Gorgadji. Parmi ces personnes, des gens sont venus avec des idées stigmatisantes en indexant certaines communautés d’être à la base du terrorisme. Il n’y a pas eu d’affrontement entre deux communautés à Gorgadji, mais c’est dans les paroles que les gens se sentent vexés », raconte-t-elle. 

Cette association a alors intensifié ses activités en organisant des rencontres ou en profitant des regroupements de femmes pour diffuser les messages sur la paix et la cohésion sociale par des causeries débats, des plaidoyers, des causeries intergénérationnelles ou des rencontres publiques.

« On sent que tout le monde se sent concerné. Je prends l’exemple du nettoyage de la gendarmerie de Gorgadji. Quand le chef coutumier a demandé de désherber les bordures de la route de Gorgadji où il y a eu plusieurs attaques, tout le monde y a participé, toutes ethnies confondues », narre Djénéba Diallo Kinda.

La femme est celle qui éduque, qui dit aux jeunes de faire attention.

Dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale, le rôle majeur de la femme est reconnu par les leaders religieux et coutumiers. L’Emir du Liptako, Président du Conseil régional de chefferie coutumière et traditionnelle du Sahel, précise que son organisation discute avec les femmes parce que, dit-il, « la femme est celle qui éduque, qui dit aux jeunes de faire attention ».

Une femme, explique l’Émir du Liptako, est outillée pour savoir ce que son enfant peut faire ou ne pas faire. « Nous sensibilisons les femmes à surveiller leurs enfants, surtout ceux qu’elles pensent être très vulnérables », explique-t-il. Par ailleurs, Ba Oumarou, chef religieux et imam prêcheur, connu aussi comme le ‘’Prêcheur de la tolérance’’ sur les réseaux sociaux, met la femme au cœur de ses interventions lors des prêches sur la paix et la cohésion sociale.

« Nous donnons un rôle important aux femmes. Quand on prêche dans les villages, si les femmes ne font pas partie de l’audience, on demande de les appeler pour qu’elles entendent le message afin qu’elles le partagent ensuite avec les autres femmes », rapporte le ‘’Prêcheur de la tolérance’’.

Mme Brigitte Yaméogo, Chargée de programme à l’ONG Mwangaza Action (Dori)

L’ONG Mwangaza Action soutient ainsi toutes ces activités dans sa zone d’intervention avec l’appui financier de l’UNICEF et de l’UNFPA pour le renforcement de la paix et la cohésion sociale dans le cadre des objectifs du Programme d’Urgence pour le Sahel au Burkina Faso (PUS-BF) qui vise l’amélioration des conditions sécuritaires et la réduction de la vulnérabilité des populations dans les régions ciblées.



Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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