Burkina Faso : Au Sahel, le brassage intergénérationnel pour la promotion de la paix

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En mars 2019, le Fonds des Nations-Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Fonds des Nations pour la Population (UNFPA) ont bénéficié d’un financement du Fonds pour la consolidation de la paix des Nations Unies (PBF) pour mettre en œuvre le projet « Promotion de la culture de la paix et de la cohésion sociale dans les régions du Nord et du Sahel, Burkina Faso ». C’est dans ce cadre que l’ONG Mwangaza Action, partenaire de l’UNICEF pour la mise en œuvre dudit projet, intervient dans 11 communes et 110 villages de la région du Sahel. Pour promouvoir l’adoption de comportements favorables à la culture de la paix et la cohésion, Mwangaza Action a mis en place des cadres conjoints rassemblant des jeunes et des chefs coutumiers et religieux.

L’ONG Mwangaza Action intervient dans la région du Sahel (Burkina Faso) où elle mène plusieurs activités de la promotion de la culture de paix et de la cohésion sociale depuis le mois de juin 2019.  Dans le cadre de ses activités Mwangaza Action a entrepris de travailler avec les leaders communautaires (religieux, coutumiers, femmes, jeunes) pour faciliter l’appropriation du projet. L’ONG a ainsi mis l’accent sur des activités de présentation du projet, de formation et de plaidoyer pour le changement de comportement.

Le Prêcheur de la tolérance

Pour accentuer le changement de comportement pour une promotion de la paix, des instances ont été créées par Mwangaza Action pour fédérer chefs religieux et coutumiers avec des jeunes. « Un cadre conjoint mis en place dans chaque commune est composé d’un chef coutumier, un chef religieux et d’un jeune leader. Les chefs religieux font des prêches, les jeunes font des thé-débats et les chefs coutumiers des causeries éducatives, tous sur les thèmes de paix et de cohésion sociale », explique Mme Brigitte Yaméogo, chargée de programme de l’ONG Mwangaza Action.

Elle explique que les actions des cadres conjoints ont déjà porté fruit puisque, prend-elle comme exemple, à Sebba, une commune urbaine de la province du Yagha, région du Sahel, des journées traditionnelles et de parenté à plaisanterie ont été organisées pour renforcer les liens de fraternité entre communautés. Il y a certains chefs qui ont initié des rencontres avec leur communauté pour expliquer le travail des Forces de défense et de sécurité (FDS), ajoute la chargée de programme.

Oumarou Hama, un jeune leader dans la Comune de Dori – Région du Sahel – Burkina Faso

Du côté des chefs religieux, la volonté est affichée de transmettre les valeurs prônées par le projet Promotion de la culture de la paix et de la cohésion sociale aux jeunes. Que ce soit dans les mosquées ou lors des cérémonies sociales, aucune occasion n’est manquée pour promouvoir la paix et la cohésion, surtout envers les jeunes. Les messages de sensibilisation des chefs religieux, à l’instar de ceux de Oumarou Ba, imam prêcheur, aussi connu sous le surnom de ‘’Prêcheur de la tolérance’’, peuvent être visionnés sur Youtube.

Les chefs coutumiers abattent également le même travail envers les jeunes pour le changement de comportement. « Nous discutons avec les jeunes en leur disant que même si la situation est difficile, ils ne la rendront pas plus facile en s’incorporant à des groupes armés non étatique (…). Nous disons aux jeunes que l’argent facile n’est jamais bon à prendre », relate l’Émir du Liptako, Président du Conseil régional de la chefferie coutumière et traditionnelle du Sahel. Et à l’écouter, les jeunes sont réceptifs aux différents messages de sensibilisation, mais un travail de fond reste à mener. « Il faut donner aux jeunes une occupation », insiste l’ Émir du Liptako.

Les chefs religieux et coutumiers contribuent à l’éveil des consciences

Les jeunes quant à eux, apprécient la participation des chefs religieux à la promotion de la paix et de la cohésion sociale. « Dans les lieux de culte, surtout à la mosquée, les responsables religieux sont très actifs. Ils nous rappellent lors des prêches qu’il faut être unis pour pouvoir aller de l’avant. Et cela, pas seulement dans le contexte religieux, mais aussi social », constate pour sa part, Oumarou Hama, un jeune leader.

Oumarou apprécie l’implication des chefs religieux pour le changement de comportement chez les jeunes : « C’est très bénéfique pour nous parce que, hormis l’éducation reçue dans les instituts scolaires, les chefs religieux et coutumiers contribuent à l’éveil des consciences.»

Oumarou Ba, imam prêcheur, aussi connu sous le surnom de ‘’Prêcheur de la tolérance’’

L’ensemble des acquis de ce projet, ainsi que ceux de sept autres initiatives financées par Fonds pour la consolidation de la paix des Nations Unies (PBF), participe à l’atteinte les objectifs du Programme d’urgence pour le Sahel (PUS) qui se veut une réponse au double défi sécuritaire et de développement dans les régions ciblées.



Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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