Save The Children international : Un plaidoyer pour éliminer le mariage d’enfant dans les Hauts-Bassins

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L’ONG Save the children international à travers le Projet de renforcement de l’offre et de la demande des services d’état civil et de promotion sociale (PRODEPS) a organisé un atelier régional de plaidoyer pour l’élimination du mariage d’enfant le mardi 10 novembre 2020 à Bobo-Dioulasso. Les participants ont pris l’engagement d’unir leurs forces pour éradiquer ce phénomène pour un  développement réel au Burkina Faso.

A cet atelier de plaidoyer pour l’élimination du mariage d’enfant et du mariage précoce organisé dans le cadre de la commémoration de la Journée internationale de la jeune fille, ce sont des films documentaires qui ont d’abord servi de canal de sensibilisation aux participants venus des quatre coins de la région des Hauts-Bassins.

116 cas de mariages forcés en 2014

Dans l’un des films intitulé « Après le mariage, mon mariage », on y voit deux sœurs jumelles expliquant leurs calvaires : «C’est le jour-j que nous avons appris la nouvelle de notre mariage. On nous a données à deux frères que nous n’aimons pas », raconte Rihanata Yago. Cette survivante a encore en mémoire des nuits passées à la belle étoile et les coups à elle infligés. Ces violences ont commencé dès la 3ème nuit de son mariage parce qu’elle a refusé des relations sexuelles à l’homme qui l’a mariée malgré elle.

Les deux  jumelles verront leurs droits bafoués pendant deux interminables mois avant de voir le bout du tunnel. « Nous avons profité des travaux champêtres pour prendre la fuite », confie Rihanata. Grâce à la clairvoyance de leur oncle résidant à Bobo-Dioulasso, les victimes seront prises en charge par les services habilités. Les vidéos de sensibilisation présentent aussi la contribution des FDS dans la lutte contre le phénomène du mariage forcé et du mariage précoce qui touchent 52% des femmes au Burkina Faso, selon l’Enquête démographique et de santé de 2010.

En réalité, « ces pratiques volent l’enfance des enfants en les exposant aux problèmes psychologiques et beaucoup d’autres maladies », explique la chargée des activités de campagne de Save the Children, Chantal Naré.

En 2014, la région des Hauts-Bassins a enregistré 116 cas de mariages forcés. Une situation qui selon  la présidente régionale du Parlement des enfants Adjara Barry risque de s’empirer si rien n’est fait. D’où son plaidoyer au gouverneur de la région des Hauts-Bassins. «  Nous sollicitons votre implication personnelle pour la réussite de cette campagne de plaidoyer pour l’abandon du mariage forcé. Afin que notre région soit un endroit où l’enfant bénéficie d’un minimum de survie, d’éducation et de protection ».

Exiger des actes civils pour les mariages coutumiers et religieux

C’est ce même engagement contre les entraves aux droits des jeunes filles qui est demandé aux leaders coutumiers et religieux, aux Organisations de la société civile et autres acteurs communautaires qui participent à cet atelier de plaidoyer. « Nous voulons que chacun d’entre nous s’engage dans la lutte contre le mariage forcé et le mariage précoce. Nous demandons surtout votre contribution pour l’adoption du nouveau Code des personnes et de la famille (CPF) qui   devrait porter l’âge légal du mariage à 18 ans », a exhorté le Chef de base de Save the Children Bobo Yacouba Kaboré. Sans oublier de préciser que les recommandations sont axées notamment sur la prévention, la prise en charge des victimes et la répression des acteurs.

En attendant la règlementation, les participants s’engagent à dupliquer les expériences acquises. Les leaders coutumiers et religieux par exemple  entendent procéder à la vérification de l’âge requis (18 ans) des futures mariéess avant toute  union, à défaut de la présentation d’un certificat de mariage civil.

Aminata SANOU

Correspondante de Burkina 24 à Bobo-Dioulasso



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