Présidentielle et législatives 2020 dans le Soum : La lecture de Ousséni Tamboura

150 0

Le député Ousséni Tamboura n’est pas sur la liste de départ pour les législatives. L’élu de 2015 a préféré céder la place à d’autres camarades. Mais, il se bat pour leur victoire et celle du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Explications dans cette interview accordée à nos confrères de Sidwaya.

Beaucoup d’observateurs vous attendaient sur la liste MPP pour ces élections du 22 novembre. Comment expliquez-vous cette absence ?

C’est tout simplement que j’ai pensé avoir été déjà élu 3 fois, et qu’il était politiquement correct pour mes camarades et selon mes propres convictions qu’il n’y avait pas lieu d’être candidat. Cette option de ne pas me présenter était prise depuis les élections de 2015.

C’est ainsi qu’au sein du parti, depuis nos structures dans le Soum jusqu’au niveau de la direction nationale, j’ai expliqué ce choix. Ainsi, je me consacrerai davantage, en tant que cadre du parti, aux activités et missions du parti, et aussi à poursuivre mes efforts pour ma province et ma région. Je suis non seulement membre du Bureau politique national et porte-parole du parti. Je me suis par conséquent investi à travailler à une liste gagnante du MPP à la prochaine élection législative dans la province du Soum.

Le MPP espère-t-il consolider ses acquis au Sahel et au Soum au soir du 22 novembre ?

Oui bien sûr. Le MPP Soum, comme dans bien de provinces, a fait d’excellentes performances en 2015. A l’élection présidentielle nous affichions 57,97% des suffrages pour le Président Kaboré contre 20,47% pour son poursuivant. Pour les législatives, nous partagions les 2 sièges avec le CDP qui nous a devancés avec d’environ 2 179 voix, soit à peu près 18 000 contre 20 000 voix.

Sur les 9 communes que compte la province, nous avons battu le CDP dans 6 communes alors qu’il contrôlait les 9 communes en 2015, en égalité dans une, et nos alliés le NTD par alliance obtiennent 2 communes. Par exemple dans ma commune Tongomayel, le MPP a obtenu 41 sièges contre 34 pour le CDP, et par un jeu de primaires qui s’est mal terminé nous avons malheureusement concédé la mairie à un parti minoritaire.  

A Arbinda, nous avons raflé 31 conseillers contre 33 pour le CDP et par un jeu d’alliance locale soutenu par le président du parti d’alors, feu Salifou Diallo, nous avons un maire MPP dans cette commune.

En ce qui concerne la région du Sahel, nous avons 4 députés sur 8 et nous assurons la présidence du Conseil Régional jadis détenue par le CDP.

Vous voyez donc, qu’avec ces acquis, les prochaines élections ont beaucoup de chance de consolider nos assises, même si les conditions sécuritaires limitent beaucoup nos ambitions.

Rappelez-nous le bilan que le président Roch Marc Christian Kaboré est en mesure de présenter au peuple burkinabè?

Pour les élections à venir, vous avez certainement noté que nous avons établi, élaboré et nous présentons régulièrement le bilan de notre candidat et de notre pari durant ces 5 ans. Y’a-t’il vraiment lieu de rappeler ici ? Le président du Faso lui-même au cours de plusieurs entretiens a déjà évoqué les résultats les plus emblématiques de son quinquennat, sans manquer de confesser les difficultés de la lutte contre le terrorisme ou du front social, ou encore récemment l’impact négatif de la pandémie sur le rythme de certains efforts économiques ou de réalisations d’infrastructures.

Il est indéniable de reconnaitre l’audace de la mesure de la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de – 5ans. Il est important de constater les efforts soutenus dans la mobilisation des ressources financières et de stratégies au profit de la lutte contre le terrorisme, et je suis bien placé en tant que parlementaire pour me souvenir des crédits budgétaires, des réformes législatives pour que nos FDS soient mises à niveau du phénomène et de l’ampleur que prenaient les actes terroristes depuis 2016.

Des avancées sont perceptibles dans les infrastructures routières, de l’eau, et de l’éducation. Des choses n’ont pas été faites ou n’ont pas été achevées, il faut aussi le reconnaitre et en comprendre les raisons quand il y en a de valable. Les provinces de ma région, et aussi celles de l’Est bénéficiaires d’un certain nombre de projets d’infrastructures ont vu malheureusement beaucoup de chantiers arrêtés ou détruits !

Mais les efforts de sécurisation en cours ou espérés au cours des prochaines années nous encouragent à assurer ce second mandat au Président Kaboré afin que nos chantiers de bitumage, de centres médicaux ou de réouverture des écoles reprennent dans nos provinces.

On vous sait du Sahel et plus particulièrement du Soum. Quelles peuvent être les solutions durables contre le terrorisme dans cette région, voire dans notre pays ?

Difficile question ! Mais je reste toujours sur le principe d’une approche systématique qui intègre la connaissance du mal, des thérapies structurelles et conjoncturelles, des solutions militaires qui combinent une association des populations. Les thérapies structurelles demandent d’agir d’une part sur les causes notamment l’ignorance dans cette région, la faiblesse de la présence de l’Etat ou de son autorité sur chaque m2 du territoire national d’où des réformes territoriales pour rapprocher l’administration du territoire qu’il est censé administrer et développer, et des FDS en quantité et qualité importante. Les solutions conjoncturelles sont à bâtir sur le retour rapide des actions de développement perceptibles et utiles aux populations.

Dites-nous le secret de votre expérience parlementaire. Ces 5 dernières vous avez été de ceux qui ont toujours soulevé des questions difficiles et/ou délicates. Qu’est-ce qui justifie un tel engagement ?

Je voudrais être sûr d’avoir compris votre question ! Vous parlez bien d’un certain nombre de questions difficiles soulevées au cours de cette 7ème législature telles que les enquêtes parlementaires sur les mines, le foncier, l’éducation, la santé, ou encore l’enquête sur la commande publique, ou bien le débat suscité sur les fonds communs, ou dernièrement de l’IUTS, ou encore du rapport des députés sur les 5 régions touchées fortement par l’insécurité ?

S’il s’agit bien de ces sujets-là, il n’y aurait pas de secret particulier, le parlement représente la nation et il se doit de porter ses intérêts même si cela doit bousculer des fois. 

Chaque député doit être conscient qu’il est une fraction de la nation et toute la nation en même temps, et si cette conscience est pure sans calcul, tout sujet d’intérêt national même difficile doit trouver écho auprès des députés et du parlement entier. Le secret, s’il y en a donc, c’est le sens des responsabilités et la collégialité du parlement. Rien ne peut se réussir au sein d’un parlement sans une dynamique de groupe.

 Feu président Salifou Diallo manquera à cette campagne. Cela ne sera-t-il pas préjudiciable au MPP et à son candidat ?

Oui en effet. Les disparus nous manquent toujours que ce soit nos parents, nos amis ou nos connaissances, ils nous manquent davantage quand ils sont dans l’action publique. Depuis la disparition de feu Salifou, ses deux compagnons historiques que sont Roch (Kaboré) et Simon (Compaoré) lui ont rendu hommage et nous assurent la conduite du pavillon MPP pour une victoire au soir du 22 novembre, et le tout dans une ferveur de tous les militants que le MPP doit demeurer victorieux.  



Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

Article similaire

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *