Tribune – “Rendre notre nation forte et prospère”

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Ceci est une tribune d’un citoyen sur les élections de novembre 2020 au Burkina Faso.

Cela fait bientôt deux semaines que la campagne politique a commencé dans notre pays. Chaque homme politique y va de ses promesses : des écoles, des centres de santé, des lotissements spéciaux, des rails, des routes, des chambres froides, des tunnels, la liste est longue.

Le point le plus commun à tous les acteurs de la scène reste la sécurité. Mêmes ceux qui ont échoué dans le maintien de la sécurité pendant cinq ans promettent encore la sécurité s’ils sont réélus. D’où viendra cette sublime capacité qui a manqué durant le mandat bientôt à terme ?

Des promesses rigolo, il y’en a. Des paroles injurieuses, il n’en manque pas. Certains qui qualifiaient le RSP d’un tigre en papier trouvent subitement qu’il faisait l’armée, et que le reste de l’armée n’était rien. Nos militaires qui n’appartenaient donc pas au RSP ne valaient rien.

C’est alors justifié que la sécurité soit difficile à être restaurée, le RSP n’étant plus là. A l’armée, celle qui n’était pas du RSP de nous dire si elle valait quelque chose ou pas. C’est elle qui est concernée par ces déclarations du candidat, chef suprême des armées du Burkina Faso en ce moment.

Les multiples promesses surfent plutôt sur l’émotionnel. Mensonges, hypocrisie, tricherie, sont servis aux populations naïves. C’est le fort des hommes politiques. Les questions les plus importantes sont à peine abordées.    

De celles-ci sont la mentalité de pauvre portée par la grande majorité de nos populations, la mal gouvernance, la fainéantise, l’incivisme, la corruption, l’effritement de l’intégrité, la méchanceté, l’érosion de l’autorité, l’insouciance face au mal, etc.

Comment comprendre notre manière de vivre en cette époque où bien de nos concitoyens sont encore dominés par les forces lugubres de la cupidité et de l’égoïsme, au point de passer pour des sots ou des apatrides dans leur comportement.  La rapacité que nous dénonçons à travers notre hymne nationale est maintenant d’ici et non de loin. Elle est marquée par le bradage des richesses du pays par une génération de dirigeants irresponsables dont la dureté de cœur fait frémir. Ils pillent même les ressources destinées à notre sécurité. Il n’y a pas de véritable perspective d’avenir. La jeunesse est aujourd’hui désemparée. 

Nous vivons une rébellion intellectuelle, sociale et spirituelle. Chacun est enfoncé à sa façon dans cette rébellion. Au regard de nos fourberies, de l’enracinement du mal et la détermination des malveillants à imposer leur système, le découragement gagne facilement du terrain.

Quand je vois les efforts consentis dans d’autres pays, je me pose toujours la question si nos hommes politiques sont méchants ou insensés. On a le sentiment qu’ils sont fondamentalement méchants. Comme dit la Bible, celui qui connait le bien et ne le fait pas est méchant. Il y en a qui sont à la fois méchants et insensés. Nos gouvernants ont fait le tour du monde. Ils ont vu les expériences de développement de plusieurs nations.

Ils savent quelles sont les voies empruntées pour y arriver. Il y a des principes fondamentaux de développement communs à tous les peuples. Leur application conduit naturellement au succès. Comment comprendre alors que les années passent et rien ne change dans notre pays. On ne peut s’empêcher de croire que nos gouvernants n’aiment pas leur nation. Ils ne se soucient pas de son développement. Ils pensent juste amasser les richesses du pays pour eux et leurs enfants. Sinon, ils devraient nous le prouver par leur gouvernance.

Nous espérons des infrastructures de qualité, des hôpitaux de haut niveau, des académies de rang mondial, un système de transport fluide et commode, de rues propres et de quartiers résidentiels bien faits sans que cela ne soit l’apanage d’une classe privilégiée.

Cela est possible avec les ressources dont nous disposons. Les autres ne sont pas arrivés au miracle du développement parce qu’ils avaient des moyens extraordinaires. Ils y sont arrivés parce qu’ils avaient la volonté et la clairvoyance. Ils y ont mis l’intelligence et la vocation. Ils l’ont fait dans l’intégrité et la rigueur.

Nous avons espéré une révolution à la suite de l’insurrection populaire d’octobre 2014. Les questions fondamentales n’ont pas été résolues malgré les efforts de la transition. Les jours à venir semblent sombres. Les maux de la nation nécessitent des années de rectification, d’éducation, de révolution et de transformation.

Un de mes collaborateurs aimait dire : « nous sommes nés dans ça. » C’est clair, ils sont nés dans la corruption, l’injustice et la mal-gouvernance. Ils ont grandi avec ces maux. Il ne faut pas leur demander de faire autrement. Voici son message. Il y a quelque chose de commun à tous les peuples avancés : la discipline, la vision, la rigueur dans le travail et la solidarité.

Tout pays qui ignore les valeurs fondamentales de construction d’une nation perdra sa richesse, sa puissance et sa souveraineté. Tout gouvernement qui méprise ces valeurs perdra son autorité. Tout citoyen qui les mésestime foulera sa dignité et sa liberté.

Le défi du siècle présent est dur à relever. Il n’y a pas de place pour les nations qui manquent de vision et de volonté. Elles seront toujours dominées et entrainées là où il ne faut pas par les autres. Leurs richesses serviront d’autres peuples. Leurs biens iront ailleurs. Le fruit de leur travail profitera aux nations étrangères.

Au regard de l’état actuel de la nation, l’unité des fils et des filles de la république, dans la diversité de pensées, d’idéologies politiques et de croyances, s’impose. C’est notre survie qui est en jeu. L’état valétudinaire de notre pays nous interpelle tous. La démission des justes augmente la douleur du peuple.

Rachetons le temps car les jours sont mauvais !

Delwendé Nabayaogo



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