Burkina Faso : Joseph Ki-Zerbo trône à l’Université

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La statue du Professeur Joseph Ki-Zerbo  a été inaugurée ce 4 décembre 2020 au sein de l’Université portant son nom, au Burkina Faso.  

Joseph Ki-Zerbo, debout, le regard vers le Sud, chapeau sur la tête, vêtu d’un boubou, châle  pendant autour du cou, chaussé de babouches, serrant contre lui et avec sa main gauche un livre sur lequel il est noté « éduquer ou périr ». C’est la succincte description de l’édifice en bronze qui se tient au sein de l’université Ouaga 1.

Concernant le parcours de l’homme, Françoise Ki-Zerbo, sa fille ainée, en évoquant son passage au Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) et au Centre d’Etudes pour le Développement Africain (CEDA) a déclaré que « Joseph Ki-Zerbo, historien a franchi les frontières de sa discipline et de son pays et dédié sa vie au lien entre l’histoire et le développement du berceau de l’humanité : l’Afrique ».

Elle a également salué le travail de l’artiste plasticien Sidiki Ki et de son équipe et a manifesté l’espoir que « lorsque les enfants et les petits enfants de notre génération se retrouveront au pied de cet édifice pour se distraire, s’interrogeront sur Joseph Ki-Zerbo, l’historien ».

« Cette reconnaissance indique le début de la renaissance du peuple burkinabè », selon Parfait Maré, président de l’association Génération Joseph Ki-Zerbo, qui a ajouté que le fait que la statue regarde vers le Sud appelle à tourner le dos au Nord pour orienter les regards vers le Sud car « le développement africain sera endogène ou ne le sera pas ».

Joseph Ki-Zerbo le panafricaniste

Kwame Aka, président de l’association des historiens africains, a souligné que le nom de Joseph Ki-Zerbo figure parmi ceux des précurseurs de l’Afrique noire francophone et que son œuvre, intitulée « Histoire de l’Afrique noire d’hier à demain »,  est une référence dans le monde universitaire.

Selon lui, Ki-Zerbo serait à l’origine de l’élargissement de la notion de source parce que celui-ci a invité les autres historiens à privilégier « une recherche poly source », vu la rareté des documents écrits qui prévalaient à l’époque du 19ème siècle.  En plus, il a fait comprendre que Joseph Ki-Zerbo a tenté de tracer un cadre chronologique propre à l’Afrique noire.

Pour Alkassoum Maiga, ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Joseph Ki-Zerbo et d’autres historiens « ont démontré que l’Afrique avait atteint un stade de développement ». Il a martelé que « le rendez-vous qui ne devait pas avoir lieu c’est le rendez-vous avec l’occident » car selon lui, l’Afrique a été siphonnée de ses bras les plus valides, de ses intelligences et de ses ressources culturelles.

« Une conscience historique en pleine floraison » 

Alkassoum Maiga a tenu à rappeler que depuis un certain moment, les autorités ont décidé de faire un travail de mémoire et faire de la reconnaissance pour les dignes fils qui se sont distingués en matière de contribution à la construction de la nation. « Il en a été ainsi évidemment de Thomas Sankara tout dernièrement où l’université a été baptisée (…), et de Nazi Boni à Bobo », a-t-il ajouté.  

Du point de vue de Parfait Maré, président de la Génération Ki-Zerbo, « la réhabilitation des vaillants fils que les autorités ont entrepris ces dernières années dénote d’une conscience historique en pleine floraison ».

La famille du professeur poursuit son œuvre

Françoise KI-Zerbo a rappelé que la famille du professeur a fourni 4939 ouvrages et documents « rares » à la bibliothèque de l’université pour le développement d’études africaines autour de l’œuvre du professeur.

Elle a aussi indiqué que la famille apporte un appui financier pour la réalisation de thèses de doctorat des doctorants Adama Bambara et Olo Mathias Kambou, dans le cadre d’une convention de partenariat avec l’université Joseph Ki-Zerbo.

Josué TIENDREBEOGO (stagiaire)

Burkina 24



Rédaction B24

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