Burkina Faso : Le ministre de la famille s’entretient avec des maîtres coraniques

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Le ministère de la Femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire a tenu un atelier avec les maîtres coraniques de Ouagadougou ce jeudi 17 décembre 2020 sur la protection des enfants talibés et la cohésion sociale.

« Le Burkina Faso compte 9 313 enfants et jeunes en situation de rue, dont 7 564 garçons et 1 749 filles. Les enfants et jeunes en situation de rue provenant des foyers coraniques représentent 18,8% de l’effectif total», campe Hélène Marchal Ilboudo, ministre de la femme.

Elle a déclaré que parmi les maîtres coraniques, certains sont en règle et d’autres ne veulent pas rentrer dans les normes légales pour l’encadrement des enfants. C’est dans le souci de trouver « un juste milieu » que cette rencontre a été organisée avec l’Association Tabital Andal des Maîtres Coraniques du Sahel.

Les échanges ont porté sur les dynamiques de la mendicité des enfants, le renforcement des connaissances sur l’islam et les droits de l’enfant,  des informations sur la protection de l’enfant et les actions en mises œuvre à l’endroit des enfants et jeunes en situation de rue et enfin le renforcement des connaissances sur la cohésion sociale et la lutte contre l’extrémisme violent.

Des appels à « la relaxation des enfants talibés » retirés de la rue

 Des maîtres coraniques présents à la rencontre ont souhaité que les enfants talibés concernés par l’opération de retrait des enfants et des femmes en situation de rue organisée par les services du ministère soient « relaxés ». Sur cette question, Hélène Marchal Ilboudo s’est défendue en expliquant que le ministère a besoin de temps pour « stabiliser » ces enfants, qui, selon elle,  « sont rentrés dans une forme de violence, (…) et qui pourraient même être dangereux pour ces maîtres ».

D’après les chiffres du ministère, en 2018 à Ouagadougou, des conventions ont été signées avec 282 maîtres coraniques chez lesquels l’on comptait 2 502 enfants talibés. A Bobo-Dioulasso, on dénombrait 116 maitres coraniques en 2020 avec lesquels ont été signées également des conventions. Ces foyers regroupaient 1 879 enfants talibés.

La mendicité est punie par la loi

Reconnaissant d’abord que la mendicité a une portée culturelle et religieuse, Djénéba Sawadogo, juge des enfants a laissé entendre que « les plus grandes causes » de ce phénomène sont la pauvreté et le phénomène des déplacés internes.

Par ailleurs, elle a cité la loi 511-14 du code pénale qui dit qu’est coupable d’exploitation de la mendicité d’autrui et puni d’une peine d’emprisonnement de un an à dix ans et d’une amende de cinq cent mille (500 000) à deux millions (2 000 000) de francs CFA quiconque commet l’un des actes suivants : organise la mendicité d’autrui en vue d’en tirer profit, tire profit de la mendicité d’autrui, en partage les bénéfices ou reçoit des subsides d’une personne se livrant habituellement à la mendicité. Embauche, entraîne ou détourne une personne en vue de la livrer à la mendicité, ou d’exercer sur elle une pression pour qu’elle mendie ou continue de le faire à des fins d’enrichissement personnel.

Josué TIENDREBEOGO (stagiaire)

Burkina 24



Rédaction B24

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