Burkina Faso : L’AEBF réclame la satisfaction de sa plateforme revendicative

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Ceci est une déclaration de l’Association des Etudiants Burkinabè en France (AEBF). Elle est intitulée « après le boycott sérieux de la présidentielle et des législatives par le peuple burkinabè, poursuivons sereinement la lutte pour la satisfaction de notre plateforme revendicative ! ».

Camarades étudiant.e.s, 

Le 22 novembre dernier, les Burkinabè étaient appelés aux urnes pour élire le président du Faso et les députés de la 8e législature. Déjà, dans sa déclaration de rentrée du 24 octobre 2020, l’AEBF invitait les étudiant.e.s burkinabè en France  à «…comprendre les enjeux de ces élections dans le contexte actuel de notre pays, rejeter les illusions électoralistes et poursuivre la lutte aux côtés de notre peuple pour le progrès social véritable ».

Quant au comité exécutif (CE) de l’UGEB, dans son analyse critique des propositions sur l’éducation des candidats à la présidentielle, il poursuivait en ces termes : « Dans le contexte actuel, les élections ne servent qu’à renouveler et donner un semblant de légitimité à l’élite dirigeante. Elles n’apporteront rien aux aspirations profondes des masses laborieuses dont les étudiants ». 

Le CE de l’AEBF félicite l’ensemble des étudiant.e.s burkinabè en France pour la vigilance observée tout au long de la campagne, et après. Les étudiant.e.s ne se sont pas laissé.e.s embarquer dans ces illusions et sont resté.e.s focus sur leurs objectifs. Le fort taux d’abstention est ainsi un signal fort donné à l’ensemble de la classe politique désavouée.

Les tenants du pouvoir se sont toujours servis des élections pour se donner une virginité politique pour ensuite conduire les mêmes politiques anti-sociales et anti-populaires en érigeant la répression souvent barbare comme mode de gouvernance. Les élections se succèdent donc et la vie chère, la faim, la précarité, la maladie, l’insécurité, les crimes économiques et de sang et l’impunité marquent quant à eux le quotidien des burkinabè.

Camarades étudiant.e.s,

La répression et l’impunité ne se sont pas estompées avec l’arrivée au pouvoir du MPP et ses alliés. Cela est d’autant révoltant que notre peuple a réalisé une insurrection populaire de portée historique il y a maintenant 6 ans. Pourtant, la quête de la justice sociale était l’une des raisons pour lesquelles les populations se sont insurgées.

En dehors du dossier du coup d’Etat de septembre 2015 du général Gilbert Diendéré, tous les autres dossiers majeurs comme ceux de Norbert Zongo, de Dabo Boukary et de l’insurrection populaire d’octobre 2014 piétinent. Comme si cela ne suffisait pas, on assiste à des menaces de mort (le SG du SYNATIC Siriki Dramé, le journaliste Séry Baoula, le SG de la CGT-B Bassolma Bazié etc.), des tentatives d’assassinat (le journaliste Ladji Bama, le SG adjoint d’APN Ousmane Ouédraogo) et même des assassinats ciblés de démocrates, patriotes et révolutionnaires de notre pays.

C’est ainsi que Cissé Fahadou et Balima Hama, deux responsables de l’Organisation Démocratique de la Jeunesse du Burkina Faso (ODJ) ont été assassinés le 31 mai 2019 et leurs corps attendent toujours d’être autopsiés. Ces actes dignes d’un pouvoir fasciste montrent bien que la répression et l’impunité sont bien érigées en mode de gouvernance. Dans ce contexte, notre organisation est convaincue que c’est le système qui pose problème et non pas seulement les individus qui l’animent. Face à cette situation, il n’y a qu’une seule attitude à observer : la mobilisation et la détermination aux côtés de notre peuple dans sa lutte intransigeante contre l’impunité, la faim, la précarité, pour une école burkinabè démocratique et populaire accessible aux enfants du peuple, etc.

Camarades étudiant.es,

Parlant de l’éducation, l’histoire de notre pays nous enseigne que tous les régimes qui se sont succédés ont d’une manière ou d’une autre contribué à mettre à sac l’école burkinabè. Il est aussi constant que les acquis que les étudiant.e.s burkinabè ont engrangé l’ont toujours été suite à d’âpres luttes au cours desquelles des camarades ont payé le prix fort.

Il est donc nécessaire pour les étudiant.e.s burkinabè en France de s’armer de courage et d’élever leur  esprit de sacrifice pour mener la bataille en vue de la satisfaction de nos préoccupations.

Sans lutte, nous n’aurons absolument rien. C’est pourquoi nous ne devons pas perdre de vue nos revendications qui ont été synthétisées dans la plateforme revendicative (PFR) adoptée le 28 juin 2020. Cette PFR a été l’objet d’une audience avec l’ambassade du Burkina Faso en France le 6 août 2020.

Plus de 4 mois après cette audience, aucun point de notre PFR n’a connu un début de solutionnement. Dans ses manœuvres dilatoires, l’ambassadeur avait dans un premier temps reconnu la pertinence des points contenus dans notre PFR et déclaré qu’il ne pouvait que régler la question concernant la cité Fessart.

Sur les autres points, il a invité le CE de l’AEBF à se référer au CIOSPB, au ministère de l’enseignement supérieur, ainsi qu’à celui de la jeunesse. Un mémorandum a aussi été demandé à l’AEBF afin “d’argumenter notre PFR” auprès des autorités de notre pays. Ce qui a été envoyé le 17 novembre 2020. A ce jour, ni l’engagement sur la cité Fessart, ni les autres points de la PFR n’ont connu d’avancées.

Pourtant, les étudiant.e.s burkinabè en France continuent de vivre dans d’énormes difficultés aussi bien sur le plan du logement, des allocations, de l’insertion professionnelle que de la santé.

Camarades étudiant.es, 

Dans ce contexte de crise sanitaire liée à la pandémie de la COVID-19, à l’instar du 1er confinement, l’ambassade du Burkina Faso en France s’est totalement éclipsée.

Pendant la première vague, une liste d’étudiant.e.s en situation critique avait été transmise par l’AEBF à l’ambassade sans suite jusqu’à ce jour. Des étudiant.e.s ont perdu leurs « petits boulots », certain.e.s sont affecté.e.s psychologiquement et d’autres ont été infecté.e.s. Malgré ces situations, aucun dispositif n’a été mis en place pour accompagner d’une manière ou d’une autre les étudiant.e.s burkinabè en difficulté.

Au regard de tout ce qui précède, le Comité Exécutif de l’AEBF :

  • Appelle les étudiant.e.s burkinabè en France à rester mobilisé.e.s et déterminé.e.s pour défendre fermement leurs droits ;
  • Invite les autorités du Burkina Faso à apporter des réponses sérieuses à la PFR des étudiant.e.s burkinabè en France ;
  • Encourage les étudiant.e.s burkinabè en France dans ces moments particulièrement difficiles ;
  • Appelle à la solidarité entre étudiant.e.s et les invite à entrer en contact avec le comité de solidarité de l’AEBF contre la COVID-19 en cas d’impact cette pandémie.

En avant pour la satisfaction de notre PFR !

Vive l’AEBF !

Vive l’UGEB !

Pain et liberté pour le peuple !

Le Comité Exécutif

(*Photo à la Une : Illustration)



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