Emile Yado Ouédraogo

Emile Yado Ouédraogo : Un retraité au service de la jeunesse

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Emile Yado Ouédraogo est un économiste financier à la retraite. Après 10 ans passés comme employé dans une banque de la place et 20 dans le Fonds de solidarité africain au Niger, une institution financière multilatérale, il a décidé d’utiliser ses économies pour lutter contre la pauvreté et le chômage avec une société de microfinance. A 72 ans, marié et père de quatre enfants, il est le directeur général de la Société d’investissement et de développement (SID). Il s’est prêté aux questions de Burkina24 pour partager son expérience.

Burkina 24 (B24) : Qu’est-ce  qui vous a motivé à entreprendre après votre retraite ?

Emile Yado Ouédraogo (EYO) : Je suis de formation économiste-financier. J’ai eu à fréquenter une école supérieure de commerce. Et mon souhait était, dans la mesure du possible, de créer  une société. Quand j’ai fini mes études, il me fallait beaucoup d’argent et je n’avais pas effectivement ces fonds. Ce qui m’a amené à me faire employer. D’abord dans une banque  pendant une dizaine d’années. Ensuite, je suis allé à l’international au Fonds de Solidarité Africain, une institution financière multilatérale basée au Niger.

Je suis resté près de 20 ans jusqu’à la retraite. A mon retour me disant que suis toujours en parfaite santé, je me suis dit que c’était l’occasion de créer cette société. Pour non seulement créer des emplois pour la jeunesse mais aussi accorder des crédits pour les porteurs de projets viables.

B24 : Parlez-nous de la Société d’investissement et de développement (SID)

EYO : La société d’investissement et de développement est une institution de microfinance qui a un capital de 485 millions de FCFA. Elle a pour vocation d’essayer de venir en aide à la population qui a des projets et qui recherche des financements.

 B24 : Quelle est la spécificité de votre société ?

EYO : Nous sommes une institution de microfinance. On s’adresse à des porteurs de petits projets. Puisque ce sont les banques qui s’intéressent aux porteurs des grands projets et nous venons en complément. Nos interventions tournent autour d’un minimum de 200 000  FCFA et un maximum de 50 millions FCFA.

B24 : Dans quelle condition avez-vous mis en place cette société ?

EYO : A vrai dire, quand j’étais à l’international, j’ai souscris à une compagnie d’assurance pour la retraite. Quand je devais aller à la retraite, j’avais à peu près 100 millions FCFA qui me revenaient par rapport à la souscription à l’assurance.

Avec cette somme et comme j’avais ce bâtiment que j’ai créé, la société avec un capital de 350 millions de FCFA. Après, nous avons travaillé à augmenter le capital jusqu’à 486 millions de FCFA pour répondre aux besoins de nos clients.

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Nous continuons d’augmenter notre capital à chaque fois que l’occasion se présente pour arriver à un niveau qui nous permet d’être opérationnels.

B24 : Après près de 10 ans d’exercice, quel bilan peut-on dresser actuellement ?

EYO : Nous sommes à notre 12e année d’exercice. Au niveau des primes octroyées, nous sommes à 5,6 milliards de F CFA. Au niveau des impôts que nous avons eu à payer à l’Etat, nous sommes à 354 millions de FCFA. Pour la création d’emplois, nous sommes à une vingtaine.

Si les moyens nous permettent, selon nos plans d’action, nous voulons d’abord couvrir la ville de Ouagadougou, ensuite couvrir les chefs-lieux de provinces.

B24 : Vous vous en sortez mieux financièrement étant entrepreneur ou employé ?

EYO : J’ai fait 30 ans en tant que salarié. Pendant ce temps, j’ai eu le temps de construire des bâtiments que je mets en location. Même sans être en fonction ici, les loyers me permettent de vivre.

Financièrement parlant, je peux être à l’aise sans travailler. Mais l’ambition est d’être utile aux autres. C’est ce qui m’a amené à ouvrir cette société.

B24 : Quelles sont les perspectives de la société d’investissement et de développement ?

EYO : Nous avons un plan d’affaires. Actuellement, nous n’avons que deux agences à Ouagadougou. Nous comptons couvrir toute la ville de Ouagadougou et ensuite s’intéresser aux chefs-lieux des provinces et aux autres régions.

Pour le moment, le manque de ressources financières ralentit d’abord nos plans d’action. Nous travaillons sur fonds propres.

Nous sommes les premiers à opter la forme société, les autres structures de microfinance sont venues sous la forme coopérative ou associative. C’est maintenant que beaucoup nous ont suivis. Au début, ce n’était pas facile.

B24 : Un appel à ceux qui veulent venir dans l’entreprenariat ?

EYO : Au Burkina Faso, le problème de chômage se pose avec acuité. Si chacun à son niveau pouvait apporter sa contribution, je pense que cela serait une bonne chose.

Si avec ces petites structures, nous avons une vingtaine d’employés, c’est une épine de moins dans les pieds. La fonction publique ne peut pas effectivement satisfaire toutes ces demandes d’emplois. Il faut effectivement que l’auto emploi soit une occasion pour permettre à certaines couches de la population de pouvoir se développer. J’encourage les uns et les autres à ne pas hésiter à œuvrer pour l’auto emploi.

Propos recueillis par Jules César KABORE

Burkina 24



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