Éducation en situation d’urgence : Une mission conjointe constate les efforts à Kaya

384 0

Une délégation du Ministère de l’éducation nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationale(MENAPLN), du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), des ambassades du Canada et du Danemark, ainsi que de la Coopération Suisse, a effectué une visite de terrain à Kaya ce vendredi 05 février 2021. L’objectif de la sortie était de constater de visu les résultats des actions qui sont mises en œuvre pour faire face à l’urgence dans le système éducatif.

 Depuis janvier 2015, le Burkina Faso est en proie à des attaques terroristes. En plus des pertes en vies humaines, cette situation a entrainé le déplacement de plus d’un million de personnes. Dans la ville de Kaya, elles sont plus de 40% des personnes déplacées totales à s’être installées. En termes de chiffres, c’est plus de 433 000 déplacés internes qui ont trouvé refuge dans la cité du cuir.

Face à cette situation, beaucoup de secteurs ont pris un coup. Cependant, le département de l’éducation n’entend pas se laisser faire. Avec l’appui de ses partenaires, le Pr Stanislas Ouaro mène des actions pour faire vivre le système éducatif même dans les zones dites rouges. C’est alors dans ce cadre qu’est née « l’éducation en situation d’urgence » ou éducation résiliente.

En cette journée du vendredi 5 février, la mission conjointe a d’abord visité les écoles primaires A et B de Dimassa. Avec 11 salles de classe et un effectif de 1207 élèves dont 498 élèves déplacés internes, les deux écoles ont servi « d’entrée » aux visiteurs. Ils ont donc pu constater les solutions qui ont été déjà apportées pour faire face à l’urgence dans le système éducatif. « Nous avons réussi à faire en sorte que les enfants poursuivent leurs éducations », a indiqué le Pr Stanislas Ouaro.

« On était là avant la crise et on restera là après la crise »

Même si le ministre de l’éducation nationale reconnait que « les conditions ne sont pas les meilleures », elles restent cependant une alternative pour ne pas laisser des enfants en dehors du système éducatif. Une construction de salles de classes est en cours pour améliorer un tant soit peu la situation selon les propos du Pr Ouaro. Dans le secteur de l’éducation, le gouvernement burkinabè bénéficie de l’accompagnement de bon nombre de partenaires.

Mais à leur tête, il y a le Canada. La nation de la fleur d’Érable consent d’énormes efforts pour soutenir le département du Pr Stanislas Ouaro. « On voit le grand effort qui est mené par le gouvernement, les partenaires et les communautés pour s’assurer que tous les enfants aient accès à l’éducation », a dit l’ambassadrice du Canada Carol McQueen.  

En tant que partenaire, l’UNICEF mène depuis des lustres des actions pour l’amélioration du quotidien des populations. « On était là avant la crise et on restera là après la crise. Notre rôle c’est de continuer à appuyer le ministère », a martelé la représentante de l’UNICEF Sandra Lattouf. Pour l’opérationnalisation de l’éducation en situation d’urgence c’est une stratégie inclusive qui a été faite. Le combat est celui d’insérer tous les enfants dans le système éducatif que ça soit dans une situation de crise ou pas.

Photo de famille avec des élèves déplacés internes déscolarisés d’un club d’écoute

Pour la représentante de l’UNICEF, il est important de rappeler la place primordiale de l’éducation. « Dans l’environnement éducatif, nous avons des enseignants qui prennent soin des enfants. C’est un environnement où on investit pour le futur », a-t-elle laissé entendre. Elle reconnait aussi que des défis restent à relever dans ce secteur.

Après les deux écoles de Dimassa, la délégation a mis le cap sur un club d’écoute. A ce niveau, la mission conjointe a pu voir comment  à travers un programme d’éducation radiophonique, des enfants déscolarisés de 10 à 17 ans sont formés. Pour le ministre de l’éducation nationale, la  structure est comme une passerelle pour permettre aux enfants de repartir à l’école.

Basile SAMA

Burkina 24



Article similaire

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *