Aziz Nignan, PCA SOFATO

Société coopérative : Bientôt des concentrés de tomate made in Burkina Faso

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Pour la production et la transformation de la tomate au Burkina Faso, des jeunes ont pris l’initiative de mettre en place la Société Faso tomate (SOFATO). La particularité de cette entreprise est qu’elle sera financée entièrement par l’actionnariat populaire. SOFATO est un produit de la Société coopérative avec Conseil d’administration/Bâtir l’avenir (SCOOP-CA/BA). Burkina24 a rencontré le président du conseil d’administration de la société coopérative « Bâtir l’avenir », Aziz Nignan. Il est revenu en détail sur la particularité de leur société.

Burkina24 (B24) : D’où est venue l’idée de mettre en place une entreprise de transformation de tomate ?  

Aziz Nignan (AN) : On a eu la chance de voyager un peu dans le monde. On a vu comment les autres pays se développent et arrivent aussi à s’organiser. A ne pas compter sur l’Etat et à développer le pays avec des retours sur investissement. C’est en ce sens que nous voulons adapter cela au Burkina Faso.

Nous avons créé la coopérative qui est une société coopérative d’investissement qui suit l’Acte OHADA des droits communautaires. C’est-à-dire, avec cette coopérative, nous allons mettre des entreprises communautaires en place. Également, nous avons vu qu’au Burkina Faso qu’il faut que nous trouvions des mécanismes pour accompagner l’Etat.

L’Etat seul ne peut pas absorber l’emploi. Les gens sont là « Etat Etat », non ! Il faut que nous aussi on arrive à avoir des supports pour accompagner l’Etat. C’est cette voie qui va nous permettre en tout cas d’aller au développement endogène, à travers la promotion de l’actionnariat populaire.

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Nous avons décidé de promouvoir l’actionnariat populaire à travers la création d’une entreprise dénommée « Société Faso Tomate ». SOFATO est une société de production et de transformation de tomates, qui sera sous la coupe d’une coopérative d’investissement qui va nous permettre également d’investir dans d’autres secteurs d’activités. La société  Faso Tomate a été identifiée à travers des études de faisabilité et nous avons décidé de déterminer le capital à 1,5 milliard de FCFA et qui sera mobilisé par actionnariat populaire. Nous sommes là-dessus. Nous avons à ce jour mobilisé plus de 50%, il nous reste une partie à mobiliser.

Parallèlement, nous avons débuté l’implantation de l’usine depuis le 5 octobre passé avec comme entreprise attributaire « Habitat Voirie Afrique (HVA) ». Aujourd’hui, les taux d’avancement des travaux tournent autour de 30%. C’est satisfaisant. Mais, nous sommes en train de prioriser les choses. Comme le site est grand, nous allons prioriser le bâtiment qui va abriter la chaîne de transformation, le laboratoire, l’administration et démarrer la production.

B24 : Combien va coûter ce grand projet de production et de transformation de la tomate ?

A N : Le capital identifié fait 1,5 milliard de FCFA. Nous avons mobilisé plus de 50 % et nous sommes toujours en train de mobiliser le reste. Mais comme j’ai dit, c’est une première au Burkina Faso. Les Burkinabè sont réticents, beaucoup sont comme Saint-Thomas. Ils sont assis en train de voir si ça va se finaliser ou pas.

ce qui est important ce n’est pas ce projet, mais l’esprit qui est derrière ce projet…

C’est une stratégie qui est mise en place pour la finalisation de ce projet. En tous cas nous sommes satisfaits. Nous les premiers responsables, nous avons mis tout ce que nous avons dans ce projet-là, afin de pouvoir le crédibiliser. J’aime à le dire toujours, ce qui est important ce n’est pas ce projet, mais l’esprit qui est derrière ce projet. Nous sommes en train de promouvoir quelque chose : la solidarité constructive. Après ce projet, il y a d’autres projets qui naîtront. Maintenant, notre crédit dépendra de la finalité de ce projet.

B24 : Qui peut être actionnaire à SOFATO?

A N : Toute personne physique et morale peut être actionnaire. Beaucoup de nos actionnaires adhèrent avec leur famille. En tout cas, on salue la diaspora qui s’est mobilisée pour rejoindre ce projet. 70% de nos ressources viennent de la diaspora. Donc nous lançons un appel aux Burkinabè de s’intéresser à ce projet.

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C’est un projet générationnel. C’est à travers cela que nous allons nous en sortir. Thomas Sankara disait tant qu’on ne saura pas que le vrai développement viendra de nous-mêmes, on ne pourra jamais se développer. Également, si on doit compter sur les bailleurs de fonds, eux aussi se cherchent actuellement.

Les banques, sont aussi des banques de crédit. Qu’allons-nous faire ? Il faut que nous arrivions à mobiliser l’épargne intérieure pour faire des investissements. Nous voulons que tous les Burkinabè s’alignent dernière la société coopérative pour pouvoir mettre en place des entreprises communautaires avec un retour sur investissement tels que le capital social, l’emploi et également le retour tels que les dividendes et chacun aura ce qu’il doit avoir.

B24 : A quand la sortie de la première boite de tomate issue de ce projet?

A N : Inch’Allah ! Je ne pourrai pas donner de mois, mais si tout va bien en 2021. Au plus tard en  décembre, on va démarrer l’usine. On devait se rendre en Turquie mais actuellement il se trouve que la pandémie a repris avec un couvre-feu. On va attendre de voir d’ici le mois prochain, on va retourner en Turquie.

On avait déjà avancé la machine, il nous reste à peu près 30 ou 35% à finaliser pour qu’on puisse l’embarquer. Donc approximativement on peut dire au plus tard novembre, nous allons démarrer la machine pour la transformation de la tomate.

B24 : En termes de perspectives, combien de personnes SOFATO compte employer ? A combien peut-on estimer les bénéfices qui seront générés par cette entreprise ?  

A N : Avec SOFATO, pour la première fois, on aura 100 emplois directs et 1 500 indirects. Pour la première année, on attend un chiffre d’affaire de plus de 5 milliards de FCFA selon le plan d’affaire qui a été défini. Nous allons produire pour la 1ère année plus de 30 à 40 000 tonnes de tomate par an.

…A la 1ère phase la machine produira plus de 300 tonnes de tomate en 8 heures de travail…

C’est la première phase, nous comptons faire l’extension de l’usine. Une fois que les producteurs seront informés de l’effectivité de cette usine, ils produiront plus. Et si on n’a pas une grosse machine qui peut absorber toute la production, c’est peine perdue. A la 1ère phase la machine produira plus de 300 tonnes de tomate en 8 heures de travail.

B24 : Etant donné que vous avez dit que vous avez pu mobiliser plus de la moitié du capital, avez-vous un appel à lancer pour la souscription ?

A N : Je lance un appel à tous les Burkinabè, ceux de la diaspora et particulièrement à la jeunesse burkinabè, pour donner un sens à leur existence et donner un sens à leur combat. Chaque génération a un combat à mener. Nous avons tracé les sillons, c’est à eux de s’aligner pour qu’ensemble nous puissions bâtir ce pays à travers la promotion de l’actionnariat populaire. On n’a aucune voie de développement actuelle si ce n’est pas cela.

 Quoi qu’on dise nous allons tourner, mais nous allons revenir à la raison. Il faut le développement endogène. Nous pouvons mobiliser l’épargne intérieure pour faire des investissements ici. Imaginez si nous on a un million de coopérateurs au niveau de la coopérative multiplié par 5000 francs la part, ça nous fait 5 milliards de FCFA.

Avec 5 milliards on peut mettre en place beaucoup d’industries ici. Nous disons de nous faire confiance. J’aime dire, on peut tromper une personne mais on ne peut pas tromper un peuple. Nous avons déjà montré que nous sommes capables. Nous avons de la vision et nous avons de la conviction de pouvoir réaliser.

Sankara quand il venait au pouvoir, il avait la conviction de développer le Burkina Faso en moins de 4 ans. Les gens l’ont traité de fou. Mais en 4 ans, les gens ont vu que cela a dépassé même leur attente. Croyez en nous. Croyez en cette jeunesse qui ose. Si on ne mobilise pas ensemble, on ne peut rien faire.

Quand on parle d’Etat,  nous-mêmes, si on se mobilise, on peut mobiliser de l’épargne ici. On peut avoir 100 milliards en un mois. Nous-mêmes, on peut donner de l’emprunt obligataire à l’Etat Burkinabè. Tout ce que je leur demande, c’est de se mobiliser derrière cette coopérative, d’adhérer massivement pour qu’ensemble nous puissions créer des entreprises communautaires afin de pouvoir booster l’économie du pays.

Propos recueillis par Jules César KABORE

Burkina 24



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There are 1 comments

  1. jeunedame seret |

    BRAVO NIGNAN ET COLLBORATEURS. L’esprit est déjà patriotique. Vraiment nous avons des tomates. Reste maintenant à limiter voire interdire les importations pour récupérer nos clients dans leur aliénation. Nous comptons sur les médias et les artistes et les ministères pour cette valorisation. On peut imposer le patriotisme de différentes façons. VIVE LA CRÉATIVITÉ! VIVE L’ESPRIT D’ENTREPRISE Mr NIGNAN ET SA SUITE!!

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