Burkina Faso : 48 heures de discussions autour de la gestion du foncier rural

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Le Programme pour une Politique Foncière Responsable (ProPFR) est un nouveau-né de la collaboration entre la République Fédérale d’Allemagne et le Burkina Faso. Sous la tutelle politique de la Direction Générale du Foncier, de la formation et de l’organisation du monde rural (DGFOMR), le ProPFR a été créé en novembre 2019, en commun accord entre le Ministère en charge de l’agriculture du Burkina et le Ministère fédéral allemand de la coopération économique et du Développement. Ce programme, d’un budget de 5.6 millions d’euro (environ 3 600 000 000 F CFA, ndlr) fait l’objet de discussions les 17 et 18 février 2021 à Ouagadougou.

Le Programme pour une Politique Foncière Responsable (ProPFR) de la coopération Allemande fait partie des projets Deutsche Gesellschaft fûr Internationale Zuzammenarbeit (GIZ), regroupés sous le thème central « un monde sans faim ».

L’atelier de 48 heures ouvert ce 17 février 2021 sera consacré à la présentation du projet, sa démarche conceptuelle et ses domaines d’intervention aux participants venus de 8 communes des régions du Sud-ouest et des Hauts-Bassins. Ces communes constituent les zones d’intervention du projet pour la période de juillet 2020 à mars 2025.

« Le foncier devient un défi aussi en milieu rural »

Pour le Dr Andréa Sidibé/Reikat, chef de projet GIZ/ProPFR, la décision de la création du ProPFR est née à partir du constat que la question du foncier est une des préoccupations majeures des populations du Burkina Faso. 

« Même si ce constat est plus apparent en milieu urbain, le foncier devient un défi aussi en milieu rural. Plusieurs études menées ces dernières années, en outre dans le contexte de la radicalisation de certaines couches de la population, ont démontré que l’insécurité foncière et des litiges autour du foncier sont parmi les raisons les plus importantes entrainant la perte de confiance des jeunes en l’Etat, ou de l’absence de tout espoir dans les meilleures perspectives, et dans l’extrême prennent des armes et se joignent aux groupes armés », a-t-elle indiqué.

Dr Andréa Sidibé/Reikat, chef de projet GIZ/ProPFR

Ce constat gagne de l’ampleur avec « l’émergence de l’agro-business, l’orpaillage, les investissements immobiliers, le flux de retour des migrants de la Cote d’Ivoire », a indiqué la chargée du projet ProPFR.

André Yaméogo, directeur de la DGFOMR, de confirmer que le foncier fait face à des difficultés qui mettent à « rude épreuve » la cohésion sociale au Burkina Faso.

Andréa Sibidé/Reikat a fait savoir que les régions du Sud-ouest et des Hauts-Bassins sont les plus exposées à ce phénomène, ce qui justifie l’intervention du ProPFR dans le « but d’éradiquer plusieurs fléaux » à savoir la perception d’insécurité sociale à cause de la non-sécurisation de la terre pour les agriculteurs et les éleveurs.

Elle a d’ailleurs noté qu’en plus de la gestion des sources de conflits autour du foncier qui résultent du manque de documentation, le ProPFR « doit juguler » le manque d’investissement dans le secteur agricole à cause des craintes de perdre les parcelles dans une situation de non-sécurisation des terres.

Le ProPFR s’est donné pour pilier, la sensibilisation des populations sur la thématique du foncier, en s’appuyant sur la loi 034/2009 portant sur le Foncier Rural et ses décrets d’application, tout en associant les acteurs de la société civile dans la prévention et la résolution des conflits fonciers. 

« Ce programme a pour ambition de créer la justification foncière du patrimoine des personnes morales et physiques en milieu rural en concrétisant les procédures et des instances contenues dans la loi 034/2009 portant sur le foncier rural », a clarifié André Yaméogo.

Akim KY (stagiaire)

Burkina 24



Rédaction B24

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