Burkina Faso : Un numéro vert pour lutter contre les violences basées sur le genre

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En marge de la commémoration de la 164ème journée internationale de la femme, le ministère en charge de la femme a procédé, ce mardi 2 mars 2021, au lancement d’un numéro vert (80 00 12 87) pour les dénonciations des cas de violences basées sur le genre. Il s’agit d’une occasion pour les premières autorités de revenir sur l’importance de poursuivre la lutte pour l’éradication du phénomène au « pays des Hommes intègres ». 

La célébration du 8-Mars offre une occasion unique pour toutes les nations de se pencher sur la situation des femmes. Au Burkina Faso, la 164ème journée internationale de la femme se prépare. Pour l’occasion, le ministère en charge de la femme et de la famille a procédé au lancement d’un numéro vert de dénonciation des violences basées sur le genre. Une manière pour le département de Laurence Marchall/Ilboudo de témoigner de l’engagement des premières autorités du pays dans l’amélioration des conditions de vie des femmes.

Pour la ministre de la femme, Laurence Marchall/Ilboudo, la cérémonie du jour est « à la fois heureuse et pleine d’espoir pour les victimes des Violences Basées sur Genre (VBG) ainsi que pour toute la population ». Selon ses propos, c’est un devoir d’apporter de l’aide aux victimes et de lutter contre les violences basées sur le genre.

Des acquis ont été engrangés grâce à l’accompagnement des partenaires. « Outre la Stratégie Nationale Genre, on peut noter au titre de ses actions, l’adoption en mai 2018 d’un nouveau Code Pénal et d’un nouveau code de procédure pénale », a indiqué Laurence Marshal/Ilboudo.

« Je voudrais adresser à toutes les femmes du Burkina Faso  mes vœux les meilleurs et une bonne célébration. Je voudrais féliciter le ministère chargé de la femme pour avoir eu l’initiative de lancer ce numéro vert qui constitue un pas de plus dans la volonté du gouvernement de promouvoir le genre et lutter contre les violences basées sur le genre. Le lancement de ce numéro vert est un appel à l’ensemble de la population. Il faut briser le silence (…) Nous avons fait adopter des lois concernant la protection des femmes et des filles dans notre pays (…) Pour pouvoir appliquer les dispositions de ces lois, il faut que les autorités soient au courant de ce qui se passe derrière les murs des familles. Nous sommes tous interpellés. Nous avons tous le devoir de nous mobiliser pour lutter contre les violences basées sur le genre. C’est une interpellation, le numéro vert existe, utilisons-le »

Christophe Marie Joseph Dabiré

C’est aussi dans cette dynamique que le numéro vert a été lancé. Selon la ministre, le lancement du numéro vert (80 00 12 87) répond à un besoin des autorités de renforcer les actes posés dans le sens de la réduction des violences basées sur le genre. Il se positionne alors comme un outil important pour les dénonciations et la prise en charge holistique des victimes. « Les appels entrants sur le numéro sont anonymes et gratuits pour les trois réseaux de téléphonie existant sur le marché. Aussi, cette équipe assurera-t-elle la continuité du service 24 heures sur 24 », a jouté la ministre.

L’équipe du centre d’appel est composée de juristes, de psychologues, d’éléments de la police judiciaire et des travailleurs sociaux. Le ministère exhorte alors les populations à s’approprier le numéro pour une éradication des VBG. De l’avis de Marshall/Ilboudo, toutes les violences doivent être condamnées. « Quelle que soit leur manifestation, ces violences basées sur le genre ne sont ni tolérables ni légitimes », a-t-elle martelé. 

« Au Burkina Faso comme dans plusieurs autres pays du monde, des femmes et des filles sont régulièrement victimes d’actes de violences qui leur causent des souffrances tant au plan physique, sexuel que psychologique et ce, du simple fait des différences établies par la société entre les sexes. Le viol, les violences conjugales, les mutilations génitales féminines, les mariages d’enfants ou forcés, et bien d’autres constituent encore aujourd’hui le quotidien de nombreuses femmes et filles de notre pays. Comme on peut le constater, ces violences se manifestent sous de multiples formes et bien souvent sous le regard complice ou impuissant des communautés » 

Laurence Marshall/Ilboudo

Du côté des partenaires, c’est le même son de cloche. Pour le représentant de l’UNFPA au Burkina Faso, Auguste Kpognon, la présente cérémonie est « un événement d’une haute importance ». Selon ses dires, « la violence basée sur le genre est l’une des violations des droits fondamentaux les plus fréquentes dans le monde ». Une raison de plus pour accentuer les efforts dans la lutte. « L’on estime qu’une femme sur trois dans le monde est victime de violences physiques ou sexuelles au cours de son existence », a-t-il indiqué.

Les conséquences de ces violences sont aussi variées que dévastatrices, dit-il. Sont cités, entre autres, les grossesses forcées et non désirées, les avortements à risques, les fistules traumatiques et les infections sexuellement transmissibles comme le VIH. Au Burkina Faso, la situation des VBG est particulière avec la crise sécuritaire qui rend les interventions difficiles et expose encore plus les femmes. 

Il faut cependant retenir que les violences basées sur le genre (VBG) ne sont pas exclusivement féminines. Des hommes en sont également victimes mais ils ne représentent pas la majorité, selon une enquête. « Près de 56% des femmes enquêtées ont été victimes de violences par leurs conjoints contre 39,8% des hommes », a dit le représentant résident de l’UNFPA au Burkina Faso.

Ne rien dire face à des cas de violences basées sur le genre, a-t-il insisté, contribue à aggraver les conséquences. Il a lancé un appel au même titre que le ministère en charge de la femme concernant l’utilisation du numéro vert (80 00 12 87) pour dénoncer tout cas, ou pour demander de l’assistance afin de « sauver des vies ». .

Basile SAMA

Burkina 24



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