Sous-lieutenant Koné Bineta, militaire et pilote : “Je ne regrette pas d’avoir choisi ce beau métier”

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Le Sous-lieutenant Koné Bineta est pilote au sein de l’armée de l’air du Burkina Faso. Issue de la première promotion du Prytanée Militaire du Kadiogo (PMK), elle a été recrutée au sein de l’armée de l’air après l’obtention de son baccalauréat série D. A l’occasion de la journée internationale de la femme, 8 mars 2021, une équipe de Burkina 24 l’a rejointe à son service, pour découvrir son métier, où il y a peu de femmes.

 

Mardi 2 mars 2021. Un air chaud enveloppe Ouagadougou. Le sous-lieutenant Koné Bineta rejoint son service à la Base aérienne de Ouagadougou et doit se préparer pour un vol à 15h. Une occasion pour l’équipe de Burkina 24 d’assister au déroulement du processus de vol.

A la démarche d’un homme,  le sous-lieutenant Koné qui a fait 4 ans de formation en République de Chine Taiwan et un an en Chine Populaire, est prête à nous accorder quelques moments  d’échange avant de s’envoler.

Le sous-lieutenant Bineta Koné exerce avec passion son métier de pilote de l’armée de l’air.

Avec un peu de stress, le sous-lieutenant démontre clairement qu’elle n’a pas l’habitude de parler aux journalistes, mais est heureuse de partager son vécu quotidien  afin  d’encourager ses sœurs qui veulent emboiter ses pas. Après quelques tours à l’intérieur de la base aérienne, il est temps de finir avec ce stress.

Sous-lieutenant à la base  aérienne, 511, elle est  pilote d’avion de chasse mais est en reconversion pour être pilote d’hélicoptère sur l’écureuil B3H125. Pilote de chasse ? Que peut-elle bien signifier ? Les informations de l’armée ne sont pas toutes révélées, mais  elle informe qu’il y a trois catégories de pilotes. « Les pilotes de  chasse, les pilotes d’hélicoptère, les pilotes de transports ou de ligne », cite-t-elle.

Militaire et pilote ! Un travail dit « travail d’homme » ! Mais le sous-lieutenant Koné est toute heureuse de son choix. « Je suis tout simplement contente de moi-même, parce que j’ai pu arriver par ma détermination, à atteindre mes objectifs et aussi à montrer que les femmes peuvent être prises en compte comme les hommes et qu’on a aussi tant de choses à apporter comme les hommes », relate-t-elle.

«J’arrive à gérer la vie de famille et mon boulot»

En service depuis septembre 2020, elle n’est pas la  seule femme dans le métier de pilote au sein de l’armée de l’air. Par contre, elle a une bonne collaboration avec ses collègues hommes d’autant plus qu’elle ne sent pas une différence avec eux.

« On travaille toujours dans une bonne ambiance et surtout on travaille à avancer ensemble. C’est vraiment ce qui est intéressant dans ce domaine. C’est qu’on essaie toujours de garder cette bonne cohésion. On  m’accompagne beaucoup avec des conseils. On m’encourage à continuer dans cette lancée et vraiment avec ce soutien que j’ai autour de moi, je ne regrette vraiment pas d’avoir choisi ce beau métier », répond le sous-lieutenant  Koné, un brin de fierté sur le visage.

Pour les non adeptes du métier, il n’y a pas de temps pour la vie personnelle, mais le sous-lieutenant Koné se veut rassurante. Il s’agit,  selon elle, d’une vie normale comme les autres.  Elle bénéficie du soutien de ses parents qui comprennent son métier. « Quand  il s’agit du travail, ils savent que je ne suis pas disponible. Mais tout se passe bien. J’arrive à gérer la vie de famille et mon boulot », déclare-t-elle en invitant ses sœurs qui le souhaitent à ne pas hésiter à emboiter ses pas.

La pilote de l’armée de l’air invite ses sœurs à ne pas avoir peur du métier car une voie est déjà tracée

Selon elle, avec son ainée Honorine Moyenga  et d’autres en situation de formation, une porte est déjà ouverte. D’où son invite à ses sœurs : « Il y a une voie qui est en train d’être tracée. Elles peuvent suivre. Qu’elles sachent vraiment qu’elles ont   le potentiel et qu’elles sont capables, un jour d’être aux commandes d’un aéronef ».

La rencontre avec le sous-lieutenant Bineta Koné s’est terminée avec un brin d’insatisfaction. La météo n’était pas propice à  un décollage. Son vol, qui était  prévu pour 15h, a donc été reporté. 

Alice Suglimani THIOMBIANO

Burkina 24



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