Réconciliation au Burkina Faso : Les fils et filles de la Commune de Bourasso donnent l’exemple

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Le jeudi 25 mars 2021, les populations de la Commune de Bourasso, dans la province de la Kossi, Région de la Boucle du Mouhoun, se sont engagées à laisser derrière elles la crise qui les opposait. La journée de réconciliation a été facilitée par la Coalition Jam pour la paix et la cohésion sociale (CJPaCS).

Selon les responsables de la Coalition Jam pour la paix et la cohésion sociale (CJPaCS), toutes les couches sociales ont été concertées pour une vision d’ensemble afin de s’unir pour désamorcer les tensions qui minent le développement de la Commune de Bourasso.

Prières, bénédictions, discours, signature d’actes d’engagement des protagonistes à perpétuer les valeurs de paix, investiture du Massa de Dédougou en qualité d’ambassadeur régional de la coalition JAM, plantation d’arbres, visite du chantier de la mosquée et déjeuner communautaire… Ce sont entre autres les faits majeurs qui ont marqué la journée de réconciliation initiée le jeudi 25 mars 2021 à Bourasso.

Un évènement de « haute portée nationale »…

Cette journée était placée sous la présidence de Edgar Sié Sou, Gouverneur de la Boucle du Mouhoun, assisté par le Haut-Commissaire de la Kossi, Saïba Zoromé, et les dignitaires religieux, coutumiers, militaires et paramilitaires de la région.

Le Gouverneur de la Boucle du Mouhoun, Edgar Sié Sou, a signifié que l’événement qui les réunit ce jour est de « haute portée nationale » ; car il marque une étape capitale dans la recherche de la paix entre filles et fils d’une même localité, et partant, de la réconciliation nationale.

Selon le Gouverneur, c’est depuis le 9 janvier 2021, à l’occasion de son passage à Dédougou, dans le cadre de sa caravane sociale, que la Coalition JAM a mené une médiation dans un conflit de leadership opposant la chefferie coutumière au Maire de la Commune de Bourasso.

« Conjuguons nos efforts pour promouvoir la paix »

« Le pardon, c’est principalement la guérison des blessures du cœur, une hygiène intérieure par laquelle nous retrouvons la liberté d’aimer, en nous débarrassant du poison de la haine et en évitant de laisser cette haine s’accumuler dangereusement en nous. Le pardon, c’est l’acceptation mutuelle de revivre ensemble en mettant fin aux causes et pratiques qui nous ont opposés et nous ont fait souffrir par le passé », a soutenu Edgar Sié Sou.

L’ensemble des communautés ont salué cette journée de réconciliation et d’entente, notamment, la communauté Peulh qui a fait plusieurs mois sans qu’un seul membre ne revienne dans la Commune de Bourasso.  

Récit de la crise à Bourasso

Depuis la création du village de Bourasso, les différentes communautés et familles vivaient dans la paix, la cohésion et le soutien mutuel. Le vivre ensemble était le fer de lance de la communauté bwa dans le strict respect de la Chefferie et des coutumes traditionnelles ainsi que les Chefs de terres.

Ce trio dirigeant du village (Chef de village – Chef coutumier – Chef de terre) se devait respect et considération et ne prenait une décision inhérente au développement ou à la protection du village que lorsque ces trois familles épousaient la même vision, la même pensée, donc un consensus quasi-total.

Après la disparition de l’ancienne génération, celle nouvelle, avide du commandement, de l’imposition, des biens matériels et financiers, exacerbé par le souci de paraître, a commencé à se manquer de considération et de respect mutuel. La famille de la chefferie traditionnelle d’une part, et d’autre part, la famille des propriétaires terriens, chacun voulant s’affirmer, a entraîné une certaine rivalité, un refus de collaboration, un manque de respect généralisé. Un conflit venait de naître.

La naissance de ce conflit ajoutée à la politique (l’érection du département de Bourasso en Commune) a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. La Mairie « a permis » à la famille des propriétaires terriens de « s’imposer », de « diriger le village » au détriment de la famille de la Chefferie traditionnelle ; puisque l’ex-Maire est issu de la famille des propriétaires terriens. La Chefferie traditionnelle était frustrée.

L’amalgame entre le pouvoir traditionnel et celui administratif était donc au centre de la crise. En sus, l’ex-responsable du Conseil municipal a fait construire des infrastructures publiques sur des terrains « sans la sollicitation à l’amiable » des propriétaires. Selon plusieurs observateurs, la mésentente a joué sur le développement du village de Bourasso en particulier et de la Commune en général.

Au cours de la cérémonie, le Chef du village, le Massa de Bourasso, a imploré les fils et les filles de la localité à mettre la main dans la main pour dépasser les « querelles intestines » qui entravent leur vivre-ensemble. « Conjuguons nos efforts pour promouvoir la paix, le bon vivre-ensemble et soyons des pères et des mères exemplaires pour la jeune génération », a dit le Massa de Bourasso.

Le Maire de Bourasso, Sosthène Coulibaly, a loué les biens fondés de cette journée d’entente et de réconciliation. Il s’agit, dit-il, d’un tournant décisif dans l’histoire de la Commune et restera gravé dans ses annales.

« L’engagement de laisser derrière nous la crise qui nous opposait »

La Coalition JAM pour la paix et la cohésion sociale représentée par son vice-président, El Hadji Rugga Belko Barry, a également salué à sa juste valeur cet « acte noble ». Il a félicité l’ensemble des filles et fils de Bourasso ainsi que tous ceux qui ont contribué à l’avènement de cette réconciliation.

« En ce jeudi 25 mars 2021, nous, populations de la Commune de Bourasso, prenons l’engagement devant Dieu, maître de la paix, et les Hommes, de laisser derrière nous la crise qui nous opposait. Ainsi, nous nous engageons à rétablir une fraternité sincère et confiante, à œuvrer pour une paix durable, pour une cohésion sociale, gage de développement de notre chère Commune », ont convenu le Massa de Bourasso, le responsable des terres et le Maire de Bourasso.

Les protagonistes ont, ainsi, signé des actes d’engagement à perpétuer les valeurs. La cérémonie a été l’occasion pour la coalition JAM d’installer le Massa de Dédougou comme l’ambassadeur régional de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale.

Rassemblés par Noufou KINDO

Burkina 24



Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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