Des OSC exhortent la CEDEAO à prioriser les questions de liberté de la presse et du développement des médias dans la Vision 2050

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Ceci est un communiqué, à l’issue d’un forum régional de deux jours, d’un groupe d’organisations de la société civile (OSC) qui travaillent en vue de promouvoir le développement des médias, la lutte contre la corruption et la gouvernance démocratique en Afrique de l’Ouest. Le consortium d’OSC exhorte la CEDEAO, à accorder une priorité aux questions de liberté de la presse et de développement des médias dans son programme d’action, particulièrement dans la rédaction de la nouvelle Vision 2050. 

Nous, un groupe d’organisations de la société civile, travaillant sur les questions de liberté de la presse, du développement des médias, de la lutte contre la corruption et de la promotion de la gouvernance démocratique en Afrique de l’Ouest après un forum régional de deux jours tenus à Accra, au Ghana :

Félicitons les Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO pour leurs efforts visant à promouvoir la sécurité et la gouvernance démocratique en Afrique de l’Ouest, comme en témoigne l’adoption de plusieurs protocoles et cadres élaborés pour guider les actions des États membres, améliorer les retombés démocratiques, et assurer la réalisation de la Vision de la CEDEAO.

Observons toutefois qu’en dépit des progrès enregistrés dans la région en ce qui concerne la promotion de la gouvernance démocratique, d’anciens défis demeurent toujours alors que de nouveaux sont émergents.  Il s’agit notamment de la violation continue de la liberté d’expression et de la presse, de la violation des droits des citoyens au rassemblement et aux protestations pacifiques, des difficultés d’accès à l’information, et d’un environnement juridique difficile qui limite le rôle de veille des médias.

Sommes profondément préoccupés par les violations persistantes des droits démocratiques des citoyens, le rétrécissement de l’espace civique, la montée du nombre d’agressions physiques, la persécution et la poursuite croissante des journalistes, des dissidents, des défenseurs des droits de l’Homme, des activistes anti-corruption, et le recours à la force brute lors du maintien de l’ordre par les agents et la répression des manifestants. Ces actions ont résulté par exemple au meurtre de plus de 50 manifestants et l’arrestation de plus de deux cents protestataires en Guinée, au Nigeria, au Sénégal et au Mali.

Sommes perturbé par la violation accrue de la liberté d’expression et de la presse en ligne suite à l’adoption de lois répressives sur la cybercriminalité qui criminalisent les délits de presse en ligne et imposent des sanctions extrêmes, y compris des peines d’emprisonnement et des lourdes amendes à l’endroit des journalistes et des médias, la tendance croissante de la coupure de l’internet et des réseaux sociaux particulièrement lors des élections.

Exhortons la CEDEAO à intégrer des normes garantissant un espace civique dans les discussions bilatérales et les négociations avec les gouvernements des pays dont l’espace civique est menacé. La CEDEAO devrait également soutenir la formulation, l’adoption et la mise en œuvre de la loi sur le droit d’accès à l’information dans les pays qui ne l’ont pas encore fait et faire respecter le droit à la liberté d’expression tels qu’inscrits dans leurs constitutions respectives ainsi qu’au sein des instruments régionaux et internationaux qui garantissent l’accès à l’information et la liberté d’expression.

Encourageons Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO à respecter les dispositions du Protocole de la Démocratie et de la Bonne Gouvernance de la CEDEAO, ainsi que les cadres internationaux dont ils sont signataires tels que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la Charte Africaine des Droits de l’Homme, etc.

Appelons les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO à collaborer pour l’élaboration, l’adoption, et la mise en œuvre de protocoles bien définis pour la protection des journalistes dans l’exercice de leur fonction, surtout dans les zones touchées par une insurrection, et le terrorisme, et d’abroger les lois et codes numériques répressifs qui criminalisent les délits de presse.

Nous engageons à collaborer et soutenir les actions de la CEDEAO visant à accorder une priorité aux questions de la liberté de la presse dans ses interventions en matière de gouvernance démocratique, et à contribuer de manière significative à la réalisation de la Vision 2050 actuellement en cours d’élaboration.

Fait à Accra le 17 mars 2021 et signé par les organisations suivantes :

Media Foundation for West Africa (MFWA) – Ghana

ONG3D – Sénégal;

Maison de la Presse – Mali;

Gambia Press Union (GPU) – Gambia;

Nigerian Union of Journalists (NUJ) – Nigeria;

Ghana Journalists Association (GJA) – Ghana;

West Africa Civil Society Institute (WACSI) – Ghana;

Institute for Democratic Governance (IDEG) – Ghana;

Media Reform Coordinating Group (MRCG) – Sierra Leone;

Ghana Independent Broadcasters Association (GIBA);

Centre for Democracy and Development (CDD West Africa) – Nigeria;

Réseau National de Lutte Anti-Corruption (RENLAC) – Burkina Faso;

Centre for Media Studies and Peacebuilding (CEMESP) – Liberia;

Association Guinéenne des Editeurs de la Presse Indépendante (AGEPI) – Guinée;

Observatoire de la Liberté de la Presse, l’Ethique et la Déontologie (OLPED) – Cote d’Ivoire;

Observatoire Nigérien Independent des Médias de l’Ethique et de la Déontologie (ONIMED) – Niger.



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