Affaire Thomas Sankara : La France transmet le reste de ses archives au Burkina

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L’affaire Thomas Sankara a connu une avancée « notable » ce samedi 17 avril 2021. En effet, l’ambassadeur de France au Burkina a procédé à la remise du troisième et dernier lot des dossiers liés à l’assassinat du père de la révolution burkinabè. A travers la réception effectuée ce jour par le ministre délégué chargé de l’intégration et des Burkinabè de l’extérieur, Maxime Koné,  c’est la traduction de « bon rapports » entre les deux pays.

Suite à la requête du juge d’instruction du tribunal militaire de Ouagadougou dans l’affaire Thomas Sankara, les autorités françaises ont procédé à une déclassification des dossiers qui étaient en leur possession. Selon les propos de l’ambassadeur français au Burkina, les demandes formulées par la partie burkinabè ont été traitées « favorablement ». « Elles ont toutes été transmises en toute transparence selon les termes de la partie burkinabè », a déclaré Luc Hallade. Pour lui, cela s’est fait dans le cadre de la coopération judiciaire existante entre les deux pays.

Les deux premiers lots des archives avaient été transmis en octobre et décembre 2018. Ces documents émanent du ministère français de l’Europe et des Affaires Étrangères et de celui des Armées. Ce sont respectivement une cinquantaine et une quarantaine de pièces qui ont été remises par les deux entités. Selon les propos du diplomate français, ces dossiers comportent des notes diplomatiques, d’analyse, de renseignement et des documents locaux.

« Il n’y a pas de procès d’intention à faire »

Lors du 20ème anniversaire de la mort du Capitaine Thomas Sankara en 2007, l’ambassadeur en poste au Burkina en 1987 a transmis des archives au journal « Jeune Afrique ». Les documents transmis à l’époque faisaient  partie des dossiers du ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères, a expliqué Luc Hallade. Revenant sur le troisième lot des dossiers transmis en cette matinée, il a indiqué que ce sont des « archives du ministère de l’intérieur qui dispose de plusieurs archives en lien avec le contexte de l’assassinat de Thomas Sankara ».

Sur le regard de l’opinion publique sur la transmission de ces dossiers, l’ambassadeur français a indiqué que la justice burkinabè dispose surement de plus d’éléments que les seules archives françaises. « Il n’y a pas de procès d’intention à faire », a laissé entendre Luc Hallade. A travers ses dires, il manifeste ses impressions sur le fait que les dossiers détenus par la France capitalisent plus les attentions que les autres aspects de l’affaire. Pour lui, les archives françaises constituent une partie de cette affaire dont le dénouement est attendu avec impatience par les Burkinabè.

Un instant « solennel »

Du côté des autorités burkinabè, l’on salue l’arrivée de cette dernière partie des archives. Pour le ministre délégué chargé de l’intégration et des Burkinabè de l’extérieur, Maxime Koné, l’instant de remise de ce lot est « solennel » et constitue un moment de réjouissance pour lui. « Nous croyons que les autorités françaises ont tenu parole et nous traduisons toute notre gratitude à la France pour cet acte qui est hautement symbolique pour notre pays  », a-t-il laissé entendre. A travers ce geste, le ministre estime que c’est un signe de l’excellence des relations, notamment dans le domaine judiciaire entre les deux pays.

Sur les contenus de ces dossiers, les deux hommes ont expliqué que les archives sont arrivées sous plis scellés. Et compte tenu de l’aspect juridique de l’affaire, ils ne sont pas informés des contenus. C’est alors à la justice militaire de prendre connaissance de ces documents,  qui,  ils l’espèrent pourront contribuer « à la manifestation de la justice » dans la mort du père de la révolution burkinabè. Il faut aussi retenir qu’il y a eu une commission rogatoire internationale lancée contre Blaise Compaoré et autres à la demande du juge d’instruction.

Basile SAMA, Sanata GANSAGNE (stagiaire)

Burkina 24



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