Par endroits, sur le tronçon Fada-Bogandé, les travaux de terrassement sont terminés et il ne reste que le revêtement de la voie

Marche du 24 avril à Fada : Sachons raison garder !

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Ceci est un avis d’un citoyen sur la marche du 24 avril 2021 prévue dans la région de l’Est, parvenue à la Rédaction de Burkina24.

Depuis que des ressortissants de Ouahigouya ont battu le macadam pour dénoncer la soi-disant mauvaise qualité de route en bitumage dans leur ville, le virus de l’occupation inopportune de la rue semble avoir contaminé certains Burkinabè. En effet, c’est actuellement des ressortissants de la région de l’Est qui, contre vents et marées, veulent organiser une marche le 24 avril prochain à Fada. Motif invoqué : leur région de l’Est est délaissée par le pouvoir central, notamment en ce qui concerne le domaine routier. Diantre !

J’avoue que je suis tombé des nues en apprenant cette nouvelle et j’ai mes raisons.

Premièrement, le ministre des Infrastructures et du désenclavement, Éric Bougouma, concerné par la question routière, était le 15 avril dernier dans ladite région. À travers les médias, j’ai un peu suivi cette sortie qui a consisté à visiter l’évolution des travaux de bitumage de la route Bogandé-Fada et à constater l’effectivité du démarrage des travaux en ce qui concerne la réhabilitation du tronçon Gounghin-Fada.

Profitant de l’occasion, le ministre a échangé à Bogandé avec des représentants de la société civile (Mouvement RN 18) qui lui ont exprimé leurs préoccupations et des doléances qui ont reçu des réponses de la part du ministre qui leur a prêté une oreille attentive. Mais ce que je ne comprends pas dans la volonté d’un autre mouvement d’organiser une marche le 24 avril, c’est le fait que ses responsables aient eu l’occasion, le 15 avril dernier, d’échanger à Fada avec le ministre des Infrastructures sans pour autant lui exposer leurs griefs, notamment tout ce qui ne va pas dans le domaine routier.

Pour ma part, je pense que c’était une occasion en or à saisir d’autant plus que l’autorité a laissé entendre qu’elle est disposée à échanger avec tous ceux qui s’intéressent aux activités de son département qui se fondent sur la satisfaction de l’intérêt général. De ce fait, je trouve que les organisateurs de la future marche ont raté l’occasion d’exposer leurs préoccupations et qu’ils ne sont pas logiques avec eux-mêmes.

Le bon sens aurait voulu qu’après avoir écouté le ministre lors de la rencontre, ils lui exposent leurs griefs au lieu de se taire pour après chanter partout que leur marche est maintenue. En agissant ainsi, le mouvement se discrédite, dans la mesure où son attitude prouve qu’il n’a pas intégré le dialogue dans le cadre de la résolution de sa plateforme revendicative s’il en dispose réellement.

Eviter de tout peindre en noir

« Plus de 160 milliards de F CFA ont été injectés par le gouvernement, dans la région de l’Est, uniquement dans le domaine routier. Sans compter les autres domaines, notamment celui sécuritaire. Aucune autre région n’a bénéficié autant d’investissement de la part du gouvernement.

On ne peut donc pas dire que la région de l’Est est abandonnée », a dit le ministre des Infrastructures qui a poursuivi en citant les ponts Coalla et de la Sirba (pont de la mort) construits à l’Est sous le régime Kaboré, les dizaines de pistes rurales aménagées, les centaines de route ayant bénéficié d’un entretien courant, la route Bogandé-Fada actuellement en chantier pour son bitumage, la route Kantchari-Diapaga actuellement en bitumage avec un taux d’exécution de 82%, la route Diapaga-Tansarga-frontière du Bénin dont le contrat a été résilié et dont l’entreprise Soroubat a été choisie pour la suite des travaux, la route Gounghin-Fada-frontière du Niger dont les travaux sont en train de démarrer après un long retard. Si tout ce que le ministre a dit, est loin de la réalité et relève de la poudre aux yeux, pourquoi les organisateurs de la marche qui ont rencontré le ministre à Fada au gouvernorat, n’ont-ils pas démenti ses propos ?

Tout laisse à croire qu’ils n’avaient pas d’arguments convaincants et que leur fameuse marche relève de l’obsession à occuper la voie publique pour se faire voir. Sincèrement, je pense en tant que citoyen concerné par le développement de notre pays, qu’il faut éviter de vouloir toujours tout peindre en noir et reconnaître les efforts déjà faits dans un Burkina Faso où tout est prioritaire et où toutes les régions appellent en même temps pour le désenclavement de leurs localités. Il faut tout simplement savoir raison garder.

Ce, d’autant plus que le ministre des Infrastructures a promis qu’il « prendra ses responsabilités » pour le bitumage de la section Gounghin-Fada, car il « ne peut accepter indéfiniment certaines insuffisances de l’entreprise ». Sans oublier qu’il a humblement reconnu les limites de l’action de son département en ces termes : « On peut dire que nous rencontrons des difficultés dans l’exécution de nos projets. On peut aussi dire qu’il y a des retards parfois ». Et cela n’est nouveau, l’homme étant 9 et non 10. Une fois de plus, sachons raison garder comme l’a fait le mouvement RN 18 à Bogandé.

Voici ce que je pense humblement !

Tindano Ousmane



B24 Opinion

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