Burkina Faso : Eddie Komboïgo pour « la reconquête de l’entièreté du territoire et sans délai »

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La situation sécuritaire, le front social, les reformes au niveau de l’éducation et la gouvernance économique sont entre autres les points abordés par le chef de file de l’opposition politique du Burkina (CFOP-B). Pour sa première en tant que CFOP, Eddie Komboïgo a livré sa lecture de la situation nationale ce mardi 4 mai 2021.

Après 100 jours de trêve accordés au nouveau gouvernement, le Chef de File de l’Opposition Politique du Burkina (CFOP) lance les hostilités à travers un point de presse. C’est donc une revue des 100 jours de la gouvernance politique, économique et sociale du second mandat de Roch Marc Christian Kaboré que Eddie Komboïgo a livrée. Pour lui, cet exercice est « un devoir » pour l’opposition politique.

Sur l’aspect sécuritaire, le président du CDP a trouvé un coupable pour la situation actuelle du Burkina Faso.  « Nous tenons le gouvernement Dabiré responsable de tout ce qui arrive à notre pays », a-t-il lancé. Pour lui, l’état actuel du « pays des Hommes intègres » est loin d’être reluisant. Il a entre autre cité les victimes des attaques terroristes qui se comptent par « dizaines », « l’occupation  du territoire national par des hommes armés non identifiés » et l’accroissement du nombre de déplacés internes.

Eddie Komboïgo a indiqué avoir vu les vidéos virales sur les réseaux sociaux, présentant des hommes armés circulant quasi librement sur le territoire national. Pour lui, « c’est choquant ». L’Etat doit être « plus réactif », selon lui. Il qualifie ainsi la guerre contre le terrorisme de « vulgaire ». Comme solution immédiate, le président du CDP suggère au pouvoir en place de « travailler à avoir une politique de défense sérieuse ».

Allant plus loin, il a souligné qu’il faut allier la manière forte et la manière douce. « Il faut non seulement bander les muscles mais également privilégier le dialogue intelligent par la diplomatie », a expliqué Eddie Komboïgo. S’interrogeant sur l’existence même de l’Etat dans cette situation d’insécurité qui gagne du terrain de jour en jour, il recommande « la reconquête de l’entièreté du territoire et sans délai ». Et ce, pour le bonheur des populations.

Réformes éducatives

Sur les reformes entreprises dans le système éducatif et la fronde sociale, Eddie Komboïgo, a relevé que « le front social se radicalise de plus en plus ». Pour lui, les reformes dans le système éducatif sont « une menace pour la bonne marche de l’année scolaire ».

Afin de résoudre certaines situations le président du CDP, a proposé d’apporter un regard plus sérieux à la question de l’éducation. Pour lui, « l’éducation est la base de toute chose » et il faut alors « avoir le courage de retoucher le fond de la formation ». Selon ses dires, le système éducatif actuel se trouve dans la formation théorique. Pour le CFOP, il faut « joindre la théorie à la pratique » car actuellement ce sont des « formations rapides » qui sont offertes.

Revenant sur la gouvernance économique, Eddie Komboïgo  a assuré que «le gouvernement navigue à vue » en l’absence d’un plan de national de développement. La principale conséquence de cette situation selon lui, c’est « la recrudescence de la mal gouvernance notamment le bradage des marchés et la montée de la corruption ». Aussi, de l’avis du CFOP, « le climat des affaires ne cesse de se détériorer ».  Et pour ne pas améliorer la situation, l’augmentation des prix de certains produits est vue comme « intenable par les populations ».

Sur la question de la réouverture des frontières, le CFOP estime que c’est une nécessité. Là-dessus, Ablassé Ouédraogo, président du Faso Autrement, a expliqué que ce sont les chefs d’Etat qui doivent se concerter pour lever cette mesure. Selon ses propos, la réouverture des frontières est « une question diplomatique ». Avec une situation qui semble être stable, le Burkina Faso peut alors initier la marche au niveau de la sous-région afin d’aboutir à une réouverture effective des frontières.

Basile SAMA et Debora DARGA (stagiaire)

Burkina 24



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