Bitumage de la route Dori-Gorom Gorom : Les travaux avancent malgré les difficultés sécuritaires

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Le tronçon Dori-Gorom Gorom est en train de changer de visage. Les travaux de bitumage de la route, débutés le 16 décembre 2019, sont en cours et avancent malgré les conditions sécuritaires hostiles dans cette partie du pays. Le constat sur le terrain permet de constater que l’essentiel des travaux et des ouvrages se poursuit bien.

 Les travaux préparatoires devant permettre le bitumage du tronçon Dori-Gorom Gorom progressent sous le magistère du groupement Kangala Sarl/Sonaf S.A auquel le projet routier a été attribué. En effet, sur la voie, on constate çà et là, d’innombrables ouvrages réalisés et en cours de l’être, soit notamment 63 dalots déjà réalisés contre 7 en cours, sur les 104 dalots prévus sur le tronçon long de 55 km.

Les travaux d’assainissement prévus sont bel et bien en cours de réalisation

De son côté, la mission de contrôle, TED Ingénieurs Conseils, veille au grain pour la qualité des travaux. Selon la direction générale des infrastructures routières, les travaux concernent la construction d’une chaussée de 7,20 m de largeur avec des accotements de 1,5 m de part et d’autre. Avec une chaussée dont la structure est composée d’une couche de fondation et d’une couche de base épaisse chacune de 20 cm de graveleux latéritique et d’un revêtement en enduit superficiel bicouche sur la chaussée et monocouche sur les accotements.

Sur le chantier, « les travaux préparatoires et de terrassement au PK0+00 au PK20+650 sont presqu’à moitié achevés, soit un taux de 43,3% d’exécution. Les travaux de fondation et de couche de base, jusqu’aux PK18+800 et PK17+450, sont à un taux d’exécution de 28,73% », apprend-on du côté de la cellule de gestion du projet. Par endroits, la chaussée n’attend que le revêtement du bitume. Dans l’ensemble, les travaux sont à un taux d’exécution physique de 32,40%.

A noter que les travaux ont été suspendus de mi-août à mi-octobre 2020 du fait de la saison pluvieuse compte tenu de la nature sablonneuse de la terre qui ne facilitait pas les travaux de terrassement.

Mort d’homme sur le chantier suite à une attaque terroriste

A cela s’ajoutent d’autres difficultés que rencontre le groupement d’entreprises sur le chantier. « Les conditions climatiques ne sont pas faciles ici. Il y a l’éloignement des points d’eaux et la difficulté de maintenir les déviations en saison de pluie du fait des grandes eaux. Mais la principale difficulté est l’insécurité, car nous avons enregistré ici près d’une vingtaine d’attaques terroristes, soit une dizaine ouvertement dirigée contre les agents. Nous avons même connu la mort d’un agent », révèle la cellule de gestion du projet.

Le personnel est à pied d’œuvre pour la suite des travaux

« Il y a eu plusieurs suspensions de travaux du fait de ces attaques terroristes à travers lesquelles des conducteurs ont été enlevés avec des matériels roulants. Certains matériels ont été incendiés, et d’autres ont vu leur potentiel de rendement affecté », ajoute la cellule.

Et cette situation n’est pas sans conséquence sur l’évolution des travaux. « Souvent, il fallait se rendre à Ouagadougou pour réparer les matériels affectés qui pouvaient toujours l’être avant de les ramener sur le chantier pour les travaux. Du coup, ces attaques régulières ont créé la psychose, un climat de peur chez les agents et démoralisé la plupart d’entre eux dont certains ont préféré abandonner le travail. La moyenne des démissions était de 7 employés par mois », révèle la cellule.

Tout en saluant l’intrépidité des agents qui bravent le danger sur le chantier, la cellule de gestion du projet poursuit en ces termes : « Cette situation a obligé le groupement d’entreprises à procéder à chaque fois à de nouveaux recrutements de personnel. Cela fait perdre du temps, surtout qu’il s’agissait parfois de démission de cadres et de membres de l’équipe de maintenance des engins lourds dont il n’est pas facile de trouver rapidement des remplaçants. En conséquence, cela empêche forcément l’exécution rapide des travaux ». Avant de conclure : « De même, avec l’insécurité, les agents ont été obligés de réduire le temps de travail. Mais nous tenons bon pour la suite des travaux ».

A noter que ce projet routier qui fait partie d’un programme d’urgence de construction d’ouvrages de franchissement et de bitumage de 354 km de route, permettra d’oxygéner l’économie dans le Sahel burkinabè en y fluidifiant la circulation et en favorisant les échanges commerciaux avec le reste du pays.

A l’instar de ce dalot construit, 104 ouvrages sont prévus sur le tronçon

Au nombre des travaux connexes prévus, on note la construction de logements à Gorom-Gorom, de clôture dont une partie est déjà réalisée à Dori, de forages dont 4 ont été réalisés mais non encore équipés, de caniveaux dont 850 ml sont en cours de réalisation à Dori, etc.

Adama KABORE

Correspondance particulière



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