Réconciliation nationale au Burkina Faso : Les autorités décentralisées de la région du Centre outillées

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Les autorités locales de la région du Centre ont été outillés ce lundi 14 juin 2021 sur le processus de l’élaboration de la stratégie de la réconciliation nationale et du pacte de vivre-ensemble, et les outils de collecte des données.

Le gouverneur, le président du conseil régional, les hauts-commissaires, les préfets, les maires et les points focaux de la région du Centre renforcent leurs capacités sur l’élaboration de la stratégie de la réconciliation nationale et du pacte de vivre-ensemble, et les outils de collecte des données à Ouagadougou.

Cette rencontre vient clore ainsi une série de rencontres initiées depuis le mois de mai par le ministère de la réconciliation nationale au profit des autorités décentralisées des différentes régions. Cette étape prépare les prochaines consultations qui seront menées dans chaque commune afin d’impliquer toutes les couches sociales dans le processus de la réconciliation nationale.

La réconciliation nationale n’est étrangère au Burkina Faso

Selon le ministre d’État chargé de la réconciliation nationale, cette rencontre traduit la volonté des autorités à prendre à bras le corps la question de la réconciliation nationale. Pour le ministre Diabré, la problématique de la réconciliation nationale n’est pas étrangère au Burkina Faso, car c’est  la troisième fois que le pays tente un processus de réconciliation nationale.

“Depuis presque 20 ans maintenant quand on refait le point, la question de la réconciliation donne lieu à des initiatives. On se rappelle de la démarche prise à son temps par le pouvoir de l’époque de mettre en place un collège des sages, ce qui a conduit à ce qu’on a appelé à l’époque, la journée du pardon“, a-t-il relaté.

Les participants à la session

Il a indiqué qu’en 2014, le gouvernement de la transition a, lui aussi procédé à la mise en place d’une commission de la réconciliation nationale et des réformes qui a abouti à la création du HCRUN.

Depuis deux décennies, notre pays essaye de trouver des solutions définitives à la question de la réconciliation. Mais malgré cela, la question non seulement perdure, mais prend une ampleur de plus en plus importante au fil du temps“, a-t-il renchéri.

La troisième tentative

Selon ses propos, c’est en observant toutes ces fractures au sein du peuple burkinabè que le président du Faso a choisi de mettre la question de la réconciliation au cœur de son quinquennat. “La tentative de son excellence monsieur le président du Faso est donc la troisième tentative qui voit le jour dans notre pays en matière de réconciliation nationale. Et nous formons tous ardemment le vœu que ça soit la dernière. Un pays ne peut pas se permettre le luxe de se réconcilier tous les 5 ou 10 ans, ça voudrait dire qu’il n’a pas réussi à se prendre en charge“, a-t-il soutenu.

Zéphirin Diabré a précisé que son rôle en tant que ministre de la réconciliation ce n’est pas de réconcilier mais de rédiger les référentiels de la réconciliation qui comporteront les différentes stratégies de celle-ci.

Le ministre d’État n’est pas là pour faire la réconciliation déjà. Il n’est pas là pour résoudre les différents problèmes individuels de réconciliation que les uns et les autres amènent. Le ministre est là, et a été chargé par le président du Faso d’écrire les référentiels de la réconciliation, c’est-à-dire les différentes stratégies de la réconciliation. Et elles sont au nombre de quatre que sont la stratégie nationale de réconciliation, la stratégie nationale de cohésion sociale, la stratégie nationale de la prévention de la radicalisation et de lutte contre l’extrémisme violent et le pacte de vivre-ensemble“, a précisé Zéphirin Diabré.

Il a expliqué que ces référentiels seront soumis au forum national de réconciliation qui doit normalement se tenir d’ici la fin de cette année. Le forum va servir de cadre de validation de ces stratégies. “Et créer donc l’organe dont la mission sera donc de les mettre en route, c’est-à-dire de faire la réconciliation dans ces différents compartiments“, a-t-il affirmé.

Il sied de rappeler que l’activité est soutenue par le programme des Nations Unies pour le développement (PUND) à travers son programme de cohésion sociale, sécurité et Etat de droit. Elle vise à renforcer les capacités des autorités locales qui vont bientôt entamer des consultations au niveau de leurs circonscriptions administratives pour l’implémentation du processus de la réconciliation nationale.

Willy SAGBE
Burkina 24



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