Budgétisation sensible au genre : Une commission parlementaire à l’école du PROCAB

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Le Centre parlementaire canadien à travers le Programme commun d’appui à l’Assemblée nationale du Burkina (PROCAB) outille les députés de la Commission du genre, de l’action sociale et de la santé (CGASS) sur la Budgétisation sensible au genre. La cérémonie d’ouverture de cet atelier de formation s’est tenue le mercredi 9 juin 2021 à Bobo-Dioulasso.

L’approche genre vise un développement durable, participatif et équitable à travers une réduction des disparités et inégalités entre homme et femme dans tous les domaines de la vie.

Elle tire son fondement de la Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) de 1979 ratifiée par le Burkina Faso en 1984 et s’inscrit dans l’atteinte des Objectifs du développement durable (ODD).

L’analyse et la budgétisation favorable au genre sont aujourd’hui incontournables dans les politiques et programmes de développement. L’adoption des lois notamment celle de finances pour l’exécution du budget de l’Etat doit intégrer l’aspect genre dans la mesure où selon le Conseil de l’Europe, «la budgétisation sensible au genre est une application de l’intégration de la dimension de genre dans le processus budgétaire. Cela signifie une évaluation des budgets basée sur la dimension de genre, en incorporant une perspective de genre à tous les niveaux du processus budgétaire et en restructurant les recettes et les dépenses dans le but de promouvoir l’égalité des genres ».

C’est pourquoi la Commission du genre, de l’action sociale et de la santé (CGASS) a initié le présent atelier de formation au profit de ses membres sur le thème « la budgétisation sensible au genre ».

Cette formation, selon l’agent de projet du Centre parlementaire canadien Romuald Ilboudo, va aider les députés à discerner les besoins stratégiques spécifiques des hommes et des femmes pour leur prise en compte efficiente dans les politiques de développement. «Ils pourront challenger les ministères concernés pour s’assurer que les mesures nécessaires pour l’égalité du genre sont respectées dans leurs politiques sectorielles », explique-t-il. Non sans rappeler que l’approche genre et développement apparue en 1980 vise un développement durable, participatif et équitable à travers une réduction des disparités et inégalités entre homme et femme dans tous les domaines de la vie.

Salimata Konaté/Ouattara, la présidente de la Commission du genre, de l’action sociale et de la santé

Converger les actions

La présidente de la Commission du genre, de l’action sociale et de la santé Salimata Konaté/Ouattara s’est réjouie de cette initiative. Pour elle, «la maitrise de la Budgétisation sensible au genre va permettre aux députés de s’approprier le concept genre et aussi faire le lien de ce concept avec la Politique nationale genre et les instruments budgétaires en vigueur ».

Mais avant tout, ce cadre de renforcement de capacités crée une convergence d’actions des députés pour un meilleur fonctionnement de leur commission. « Nous venons de profils différents. Et une fois à l’Assemblée nationale, il est nécessaire de pouvoir apprécier, analyser et adopter des lois conformément aux missions qui ont été assignées à notre commission », précise la présidente.

Impacter les décisions

De quoi impacter les décisions et inverser la tendance des politiques de développement. «Le Burkina Faso enregistre un taux de 52% de femmes. Mais quand il s’agit de traiter des questions de développement, les femmes sont toujours laissées aux oubliettes.  Il est important pour nous en tant que parlementaires, d’interpeller tous les acteurs afin que la question du genre soit prise en compte », insiste Salimata Konaté.

A l’issue de cette formation, la commission envisage des actions de sensibilisation et de plaidoyer auprès de la Commission de suivi de contrôle pour la mise en œuvre des textes adoptés à l’Assemblée nationale. 

Aminata SANOU

Correspondante de Burkina 24 à Bobo-Dioulasso



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