Côte d’Ivoire : Qui est Issiaka Diaby, l’homme qui ne veut pas de Laurent Gbagbo à Abidjan ?

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 Issiaka Diaby est le Président du Collectif des Victimes en Côte d’Ivoire (CVCI). A la faveur de l’actualité touchant au retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, dix (10) ans après la crise post-électorale ivoirienne 2010-2011, il est l’homme qui défraie la chronique  et pour cause : il remue ciel et terre pour que les autorités d’Abidjan refusent le sol ivoirien à l’ex-chef de l’Etat ou à la limite le faire comparaître devant les tribunaux nationaux pour ses supposés crimes contre les populations civiles pendant cette période. Il promet avec les membres de son collectif, un accueil qui tranche avec le caractère triomphal de celui que les partisans de Laurent Gbagbo se sont jurés de lui réserver.

L’ex-Président ivoirien, Laurent Gbagbo arrive à Abidjan ce Jeudi 17 Juin 2021 en début d’après-midi par un vol régulier de la compagnie Bruxelles Airlines. Cette information est la chose la mieux partagée ce jour en Côte d’Ivoire et principalement dans le camp de ses partisans qui est délesté de leur leader après 08 années de détention à la Haye en Hollande par la Cour Pénale Internationale.

Et alors que « la fête » se prépare chez les Gor « Gbagbo Ou Rien », un homme fait parler de lui. Son nom : Issiaka Diaby, le Président du Collectif des Victimes en Côte d’Ivoire (CVCI). Ce dernier après avoir perdu la bataille de la CPI où les victimes n’ont pu convaincre les juges de la responsabilité de Laurent Gbagbo, joue sa dernière carte avec la justice nationale pour voir le fondateur du Front Populaire Ivoirien (FPI) derrière les barreaux à la Maison d’arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA).

« (…) Il ne s’agit pas de sécuriser Laurent Gbagbo mais qu’il doit être arrêté et déposer à la MACA en exécution d’une décision de justice. Dans un pays, on ne peut pas vouloir l’émergence des institutions fortes en les fragilisant. Pour nous, pour qu’il y ait des institutions fortes, il faut que les actes rendus par la justice soient respectés». Le Président du Collectif des Victimes en Côte d’Ivoire (CVCI) réagissait ainsi à l’ordre du jour d’une réunion entre les responsables du parti de Laurent Gbagbo et le ministère ivoirien de l’Intérieur portant sur la question relative à la sécurité de Laurent Gbagbo.

« Nous allons organiser des sit-in par exemple devant la justice, pour demander l’exécution de la décision de justice. Je vous informe que la CDVR a identifié 73 mille victimes de la crise, 16 mille sont membres du Collectif des victimes en Côte d’Ivoire (CVCI). Les autorités policières nous ont reçus. Le message est passé. Le ministre de l’Intérieur ne doit pas sécuriser l’arrivée de Laurent Gbagbo », s’est voulu très formel le porte-voix des victimes de la crise ivoirienne.

Avant de poursuivre : « On ne doit pas le protéger parce qu’il a causé du mal à la population. Nous avons chargé le ministre de l’Intérieur d’aller dire au Président de la République que la décision de justice condamnant Laurent Gbagbo à 20 ans dans l’affaire de la casse de la BCEAO sera exécutée… Si rien n’est fait nous allons nous rendre à l’aéroport pour manifester», a-t-il promis. Toutefois, sur ce point des inquiétudes surgissent quant à des craintes d’affrontement qui pourraient donner droit à de regrettables  débordements.

Des violences xénophobes à craindre ?

Des observateurs font remarquer, par ailleurs, des craintes de violences xénophobes au regard d’une certaine rumeur qui présente Issiaka Diaby comme originaire malien et ayant été quelques années plus tôt à la tête de l’association des Maliens de la commune d’Abobo (Est d’Abidjan). Ils l’invitent donc à la pondération vu que l’actualité récente de la Côte d’Ivoire est encore marquée par les violences xénophobes préjudiciables à la communauté nigériane sur la base d’une fake news.

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Correspondant de Burkina 24 en Côte d’Ivoire



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