JOURNEE INTERNATIONALE DE L’ENFANT AFRICAIN 2021 : LES ENFANTS PLAIDENT POUR L’ACCES ET LA CONTINUITE DE LEUR EDUCATION

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« L’ECOLE EST POUR MOI LA VOIE DU SUCCES »

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Trente ans après l’adoption de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant (CADBE), le droit à l’éducation n’est toujours pas effectif pour de nombreux enfants en Afrique, et particulièrement au Burkina Faso. Si des avancées ont été enregistrées grâce aux actions conjuguées des acteurs publics et privés, force est de constater que les progrès sont devenus de plus en plus fragiles. En effet, les conflits armés, qui annihilent les efforts de développement socio-économique du pays, contribuent fortement à dégrader le système éducatif, déjà en proie à des difficultés multiformes, dans plusieurs régions du Burkina Faso. Selon le rapport statistique des données de l’éducation en situation d’urgence, à la date du 21 Mai 2021[1], on dénombre 2 244 établissements d’enseignement fermés dans le pays du fait des attaques et menaces des groupes d’opposition armés, affectant environ 304 000 élèves et 12 500 enseignants ; une situation fort regrettable qui appelle aujourd’hui les pouvoirs publics à l’action pour garantir à tous ces milliers d’enfants, leur droit à l’éducation.

Alors que nous célébrons aujourd’hui la Journée Internationale de l’Enfant Africain où il est question de s’interroger sur l’état des lieux de la réalisation des droits des enfants trente ans après l’adoption de la Charte, le constat reste préoccupant que le droit à l’éducation n’est toujours pas une réalité pour tous les enfants du Burkina Faso. Nous avons pu échanger avec certains enfants déplacés internes et unanimement, ils n’ont qu’un souhait: pouvoir retourner à l’école en toute sécurité.  .

Comme si c’était hier, R.K., déplacée à Ouahigouya, entend encore le bruit des armes qui crépitent dans son oreille, elle relit la peur dans le regard de son instituteur qui leur ordonne de fuir l’école et de n’y plus revenir, pour sauver leurs vies. Et depuis, sa vie a changé. « Dans mon village, je faisais la classe de CM2. Mais on a fermé notre école à cause des attaques des groupes armés. Ma mère et moi étions obligées de nous réfugier à Ouahigouya. Ici, en attendant de repartir à l’école, je me suis inscrite dans un centre où j’apprends la couture. Mon père n’est plus et j’espère y réussir pour pouvoir aider ma famille », relate-t-elle.   

A.S, quant à elle, a eu la chance de retrouver le chemin de l’école. Elle s’en réjouit : « Je n’étais pas contente d’arrêter les cours car j’aime aller à l’école. A l’école, on apprend à lire, à écrire et à compter. J’ai beaucoup d’amis avec qui je m’amuse pendant la récréation. Je suis contente de revenir à l’école ».

A.Y., 12 ans, est élève dans une école à Dori où Save the Children a réalisé des classes préfabriquées. Aujourd’hui, le garçon est heureux d’aller à l’école, car ses conditions d’étude se sont significativement améliorées : « Je me sens plus à l’aise maintenant parce qu’il y a de l’espace en classe. Le maître peut bien se promener pour voir le travail des élèves. Avant, on prenait nos cours au magasin de l’école et c’était coincé. Il n’y avait pas d’espace, on n’arrivait pas à voir au tableau. Maintenant, c’est plus aéré. Je suis très content, je vais bien travailler en classe pour réussir », promet-il.

Tout comme A.Y., de nombreux élèves du Burkina Faso ont l’espoir de réaliser, grâce à l’école, leurs rêves de vie meilleure : « Je suis là pour apprendre, réussir et être indépendant. L’école est pour moi la voie du succès », affirme R.P., collégien de 16 ans à Dori, qui rêve de devenir médecin.

Malheureusement, cet espoir que nourrit le collégien semble être perdu pour bien d’autres, qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école ou qui ont dû interrompre leurs études, pour plusieurs raisons. Les enfants plaident donc unanimement pour une continuité de leur éducation, en appelant le gouvernement à :

  • Poursuivre les efforts visant à garantir l’accès, l’apprentissage et le maintien de tous les enfants du Burkina Faso à l’école ;
  • Encourager la mise en place de mécanismes de suivi et de prise en charge psychosociale des enfants affectés par les crises, et faciliter leur retour à l’école ;
  • Favoriser la participation active des enfants dans la mise en œuvre de leurs droits, notamment le droit à l’éducation ;
  • Garder les enfants en dehors des conflits armés et des conséquences néfastes qui en découlent, et créer les conditions d’un apprentissage sûr.

 

NB : Les noms ont été changés pour protéger l’anonymat

[1] https://www.humanitarianresponse.info/sites/www.humanitarianresponse.info/files/documents/files/rapport_esu_au_28_mai_2021.pdf

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