Hausse des prix des produits de grande consommation : Le ministère du commerce clarifie

La pandémie du Covid-19, au-delà-là de son impact sanitaire, a engendré des difficultés économiques pour l’ensemble des pays. A l’instar des autres, le Burkina Faso a subi de plein fouet cette crise. L’une des manifestations visibles de cet impact est la flambée des prix des produits de grande consommation. Face à cette tendance haussière, le département en charge de l’industrie, du commerce et de l’artisanat a tenu un point de presse ce jeudi 1er juillet 2021. L’objectif visé par cette rencontre est d’apporter des éclaircissements sur l’évolution des prix et donner la démarche du gouvernement pour juguler cette situation.

Plus de 39,7%, c’est la hausse qu’ont connue les prix de certains produits alimentaires par rapport à l’année précédente, selon l’indice FAO. Une tendance haussière remarquable au niveau mondial. Selon le ministère en charge du commerce, cette flambée des prix est imputable essentiellement à la pandémie du Covid-19. « Le Covid-19 a entrainé la hausse des cours des matières premières et du fret entrainant ainsi une augmentation des prix des produits de grande consommation », a expliqué le secrétaire général du département en charge du commerce, Boubacar Traoré.

En plus de cette crise sanitaire, la situation sécuritaire du « pays des Hommes intègres » n’arrange pas les choses. En effet, l’insécurité a engendré le déplacement des « populations de certaines zones agricoles vers les centres urbains ». Face « à cette double crise, il convient de relever que les hausses du cours mondial de certains produits importés et du cours du dollar américain expliquent une hausse des prix de revient de certains produits de grande consommation importés comme le riz », a ajouté le secrétaire général.   

Face à cette situation, le département de Harouna Kaboré a entrepris des actions afin de trouver des réponses idoines. Il faut noter que la mise en œuvre de certaines mesures s’est faite avec le concours des acteurs du secteur privé. Le tout dans le but « de contenir la tendance haussière des prix à un niveau en deçà de la moyenne mondiale ». « Le gouvernement a entrepris des actions visant à limiter les effets sur le pouvoir d’achat du consommateur », a laissé entendre Boubacar Traoré.

« Ravitailler la population en céréales à hauteur de 175 200 tonnes par an ».

Parmi ces mesures prises, il y a la suspension de la délivrance des autorisations spéciales d’exportation des céréales locales depuis fin 2019, l’intensification des opérations de contrôles des prix, le relevé hebdomadaire des prix des stocks, la lutte contre les exportations frauduleuses et le stockage clandestin et l’ouverture de 121 boutiques témoins dans plusieurs régions. A ces actes, il faut également ajouter la distribution gratuite de janvier à juin 2021 de plus de 30 000 tonnes de vivres aux personnes déplacées internes.

En dépit de ces mesures, des difficultés subsistent encore. Il s’agit notamment de la disponibilité des produits de grande consommation, et ce, en quantité et en qualité. Sur cet aspect, il faut retenir que le département de Harouna Kaboré avec l’accompagnement des services techniques mènent des actions de contrôle des prix. Aussi, la qualité des produits est vérifiée « régulièrement » par l’ABNORM. Vu le visage peu reluisant de la situation, d’autres actions mesures sont en cours de mise en œuvre. 

Il s’agit entre autres de la fixation des prix des céréales, l’intensification des contrôles pour faire respecter les prix fixés et le maintien de la mesure de suspension de la délivrance des autorisations spéciales d’exportations de céréales. Sur cette seconde vague de mesures, la plus importante reste l’ouverture de 244 boutiques témoins afin de couvrir toutes les communes du Burkina. Le secrétaire général du ministère en charge du commerce a indiqué que l’objectif est de « ravitailler la population en céréales à hauteur de 175 200 tonnes par an ». 

Revenant sur les boutiques témoins, il faut noter que les prix sont subventionnés à hauteur de 50%. Il s’agit notamment du mil, du sorgho et du maïs. L’objectif principal de ces boutiques est d’apporter un soutien aux personnes vulnérables. Pour mener à bien sa mission de contrôle des prix et des qualités des produits servis aux Burkinabè, des numéros verts ont été mis la disposition de la population pour toute dénonciation. Il s’agit du 80001184, le 80001185 et le 80001186.

Basile SAMA

Burkina 24



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