Burkina Faso : Cri du cœur des ressortissants de Madjoari à l’Est

Les ressortissants de la commune de Madjoari, dans la région de l’Est, ont décrié la situation sécuritaire dégradante dans la localité. C’était lors d’un point de presse ce lundi 5 juillet 2021 à Ouagadougou.

Les ressortissants de la commune de Madjoari, « fatigués d’enterrer leurs morts et de pleurer leurs deuils », ont décidé d’attirer l’attention de l’opinion publique nationale sur le « danger » qui guette la ville de Fada et la région de l’Est.

A écouter Nassirou Dahani, chargé à l’information de l’association des ressortissants de la commune de Madjoari, le pire est déjà arrivé, car l’insécurité est de plus en plus grandissante avec des pertes en vies humaines et des disparitions d’individus.

« 7 villages et 6 hameaux de culture sont tombés. Les terroristes ont décrété l’embargo sur la commune obligeant nos parents à se nourrir comme dans la préhistoire. Seul le camp militaire et les riverains du camp sont encore sur le territoire communal », a-t-il relaté.

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Il  a fait savoir que la commune de Madjoari est sous le contrôle des terroristes. Egalement, le chargé de l’information de l’association a indiqué que « si rien n’est fait, ce n’est plus qu’une question de temps, Madjoari sera rayé de la carte du Burkina Faso ».

Il a le sentiment que la zone est oubliée par l’Etat central. « Être natif de Madjoari est devenu un délit dont la sentence est la mort. Nous ne nous sentons plus chez nous. Nous ne nous sentons plus protégés par l’Etat. Nous ne nous sentons plus Burkinabè », a-t-il souligné. Les conférenciers du jour ont affirmé que sur les 14 000 habitants de Madjoari, environ 12 000 ont été contraints de partir.

« Si vous n’êtes pas capables de nous protéger, donnez-nous les armes pour qu’on se défendent. Si la base militaire est juste là pour protéger le camp, qu’elle s’en aille et nous laisse en paix. Ainsi nous rejoindrons nos frères du Bénin pour espérer vivre comme des Hommes et bénéficier de la protection de l’Etat qui est inscrit dans la Constitution », a déploré Nassirou Dahani.

Depuis 2018, aucun transporteur ne s’aventure encore sur cette route

Selon lui, les boutiques, les pharmacies et les magasins sont actuellement vides et le carburant se vend à plus de 3 000 FCFA le litre.

« De Pama, pour rejoindre Madjoari ça fait 80 km environ, incluant 60 km de forêt occupée par des terroristes. Depuis 2018, aucun transporteur ne s’aventure encore sur cette route », a-t-il confié.

Le 2e adjoint au maire de la commune de Madjoari, Diérigo Koaré, quant à lui, s’est aussi senti indigné face à la situation que vivent les populations. Pour lui, cette conférence de presse tenue dans la Capitale burkinabè est la meilleure occasion pour interpeller les plus hautes autorités du pays pour qu’elles prennent la situation de Madjoari très au sérieux.

Les ressortissants de la commune de Madjoari lancent ainsi un cri du cœur à l’endroit du gouvernement pour le retour de la sécurité, rien que la sécurité, dans la localité.

Flora KARAMBIRI (Stagiaire)

Burkina 24



Rédaction B24

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