Haïti : Jovenel Moïse, les affaires, la présidence et la mort tragique

Haïti – La nouvelle de la mort du président haïtien, Jovenel Moïse, 53 ans, a fait le tour du monde très tôt ce mercredi 7 Juillet 2021. Officiellement, il a été tué par un commando dans sa résidence en banlieue de la capitale Port-au-Prince. Toutefois, les circonstances de sa mort restent encore floues. Retour sur son parcours avant qu’il ne prenne les rênes de l’Haïti depuis le 7 février 2017.

Jovenel Moïse est né en 1968 à Trou-du-Nord, dans le nord-est de l’Haïti. Homme d’affaires prospère, il dirigeait une entreprise de production et d’exportation de bananes avant de s’engager en politique. Il est alors désigné par l’ancien président Michel Martelly, fondateur du parti haïtien Tèt Kale, comme poulain.

A la Présidentielle d’Octobre 2015, il arrive en tête des décomptes de voix grâce au soutien de l’aristocratie haïtienne. Malheureusement, en raison de « fraudes massives », le scrutin est annulé. Il est, toutefois, élu dès le premier tour un an plus tard lors d’une nouvelle élection présidentielle. Le fort taux d’abstention au cours de cette élection consacre une prise de pouvoir chaotique et aggrave la crise politique et sociale dans laquelle le pays est plongé. 

Dès 2018, l’affaire PetroCaribe qui éclabousse plusieurs présidents le touche également et des manifestations dirigées par l’opposition appellent à son départ. Haïti est paralysé pendant trois mois et des barricades et violences entravent la libre circulation des personnes et des biens à travers l’ensemble du pays, isolant ainsi la capitale du reste du pays.

Le Président Jovenel Moïse et son opposition soutenue par la société civile étaient engagés ces derniers mois dans un bras de fer sans précédent. Selon eux, il occupait illégalement ses fonctions depuis le 7 février 2021, c’est-à-dire cinq ans après la date des élections. Quant à lui, il soutenait que son mandat courait jusqu’au 7 février 2022 soit cinq ans après sa prestation de serment.

L’insécurité en Haïti avec notamment des enlèvements contre rançon et de l’extension des territoires contrôlés par les gangs avait fini par convaincre ses concitoyens de l’inaction de son régime contre l’insécurité. Depuis 2021, il lui est reproché des dérives autoritaires. Ainsi sans parlement, il avait commencé à gouverner par décret et initié une réforme institutionnelle avec pour but de renforcer les prérogatives l’exécutif.

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Burkina24

Source : RFI



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