Véhicule (s) de 96 millions de F CFA : Attention, virage dangereux !

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C’est à croire que le mot est passé en Conseil des ministres. Les autorités jouent en défense. Mais depuis que ce projet d’achat d’un véhicule au profit du ministère de la culture, pour la « modeste » somme de 96 millions F CFA, a été ébruité, une grande partie de l’opinion publique ne cesse de s’indigner.

Partie sur des chapeaux de roues, la polémique n’a fait qu’enfler, surtout que c’est le gouvernement lui-même qui apporte le combustible pour entretenir la mécanique. Malgré les coups de klaxons intempestifs qui raisonnent depuis les réseaux sociaux !

Mercredi 7 juillet 2021, au sortir du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement a défendu la régularité de l’achat. Il s’agit d’une dépense légale, selon Ousséni Tamboura. Le lendemain, à Me Bénéwendé Stanislas Sankara d’emboucher la même trompette.

Le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Ville s’exprimait au cours d’une conférence de presse des partis de la majorité présidentielle. Il a renvoyé tous ceux qui, toutes griffes dehors, veulent rayer la belle carrosserie de dame Thiombiano à leurs chères études automobiles : « Un véhicule de fonction n’est pas un véhicule de prestige. Je comprends la réaction des gens mais parfois, il faut se demander ce que ce véhicule peut apporter ».

Les deux ministres ont foncé dans le tas, pensent plusieurs internautes. Ces sorties semblent avoir eu l’effet contraire. En effet, les explications des ministres n’ont fait qu’en rajouter au choc et à l’indignation.

Des véhicules du même type pour d’autres ministres ?

Dans l’entente collective, en matière de gestion de la chose d’Etat, ce qui n’est pas interdit n’est pas forcément permis. Et le gouvernement burkinabè est bien payé pour le savoir, surtout dans un  pays en guerre où les vocables HANI (Hommes armés non identifiés) et PDI (Personnes déplacées internes) sont rentrés par le fracas des armes dans le vocabulaire.

Si ces 96 millions étaient ajoutés à l’effort de guerre et qu’une seule vie s’en trouvait épargnée, ce serait salutaire. Et mieux, si cette manne avait été allouée aux hôpitaux ou au système éducatif !

Le sens des priorités doit prévaloir. Le respect de l’autorité de l’Etat ou le civisme fiscal, qu’appelle de tous ses vœux le Chef de l’Etat, passe d’abord par la nécessaire confiance entre les citoyens et ceux à qui ils ont donné mandat pour les diriger.

Une femme du Sahel dit être fatiguée du train qu’on entend siffler mais dont on ne voit le premier wagon apparaître. Si les bruits de couloirs, selon lesquels d’autres ministres ont souhaité, eux aussi, s’acquérir le même type de véhicule que leur collègue de la Culture, s’avèrent, alors l’équation demeure la même : Est-ce légal ou légitime ? 

La Rédaction 



Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

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