Burkina Faso : Le CES s’inquiète de l’ampleur de la spéculation foncière et du bradage des terres

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La première session ordinaire du conseil économique et social (CES) au titre de l’année en cours a pris fin ce lundi 19 juillet 2021. Les travaux ont réuni les membres du gouvernement, de l’immobilier et les 90 conseillers que compte l’institution autour du thème « La problématique de la gestion actuelle des terres au Burkina Faso : Quelles solution pour un développement durable ». 

Certains Burkinabè pensent que la prochaine crise à laquelle leur pays pourrait être confronté serait liée au foncier. Ceci à cause de l’accaparement des terres par des sociétés immobilières qui jonchent les milieux rural et urbain.

C’est dans cette optique que les membres du Conseil économique et social (CES) accompagnés des acteurs gouvernementaux et de l’immobilier se sont rencontrés du 22 juin au 19 juillet 2021 à Ouagadougou afin de trouver des solutions adéquates à cette problématique pour un développement durable au Burkina Faso.

Selon la vice-présidente du CES, Fatoumata Legma, cette session leur a permis de mesurer l’ampleur de la situation, surtout en ce qui concerne le volume d’accaparement et de « bradage » des terres en milieu rural qu’en milieu urbain.

« Le constat qui se dégage durant cette session est que la gestion actuelle des terres au Burkina Faso n’est pas reluisante. La conviction est que si nous continuons dans cette dynamique, les générations futures seront sacrifiées et nous serons tous responsables de cette situation », s’est-elle alarmée.

Elle a renseigné que l’enjeu de la présente session était de mener les réflexions sur les points ci-dessous. Notamment, la terre comme un bien collectif au service du développement durable, la réduction voire l’élimination progressive de la spéculation foncière, la réforme du cadre juridique et institutionnel sur le foncier, l’instauration d’une gouvernance vertueuse du foncier. Et enfin, le renforcement des capacités de gestion financière des collectivités territoriales.

L’ampleur de la spéculation foncière 

« Au cours de nos échanges, beaucoup se sont inquiétés de l’ampleur de la spéculation foncière et du bradage des terres dans notre pays. Il est ressorti que, comme cela vient d’être mentionné dans le rapport de synthèse, que ce phénomène résulte en grande partie des insuffisances liées aux textes juridiques, la non application des textes, la faiblesse de l’autorité de l’État, l’incivisme de certains acteurs et j’en oublie », a-t-elle rapporté.

À écouter, Fatoumata Legma, la crise foncière reste un sujet d’actualité et menaçant au « Pays des hommes intègres ». « Le Conseil économique et social estime qu’il faut donc agir conséquemment dans l’intérêt du plus grand nombre avant que cela ne soit pas tard », a-t-elle lancé.

Les recommandations

À l’issue des travaux, les participants ont émis plusieurs recommandations. Il s’agit entre, autres de l’interdiction des projets immobiliers dans les localités qui ne disposent pas d’un schéma directeur d’aménagement urbain et d’un plan d’occupation des sols. La révision des conditions d’obtention de l’agrémente’ augmentant le montant du compte séquestre à au moins 200 millions de francs CFA.

Ils recommandent également, l’institutionnalisation d’une taxe dissuasive sur les superficies non exploitées en zone rurale depuis plus de 5 ans dans le cadre de l’agro business.

Willy SAGBE

Burkina 24 



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