Burkina Faso : “Les élèves qui commencent à étudier dans leurs langues nationales vont plus vite” (Pr Ouaro)

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Le Burkina Faso accueille le lancement de la semaine des langues africaines. Le ministre de l’éducation nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales, Pr Stanislas Ouaro, a procédé ce 29 juillet 2021, au lancement de cette semaine commémorative.

Les gouvernements des Etats membres de l’Union Africaine veulent agir de façon coordonnée pour la promotion des langues africaines en vue de la sauvegarde de l’identité culturelle et la participation effective des populations dans le processus du développement.

Deux jours durant, les participants à la semaine des langues africaines, à Ouagadougou, porteront la réflexion sur les voies et moyens pour amener toute l’Afrique à s’approprier la semaine des langues africaines et la célébrer avec « fierté » comme étant l’affirmation de sa propre identité.

A Ouagadougou pour ces réflexions, il s’agira entre autres de démontrer le rôle indispensable des langues africaines dans l’intégration, la paix et le développement durable de l’Afrique, de faire le plaidoyer pour la promotion et la protection des langues africaines et leur utilisation dans tous les domaines de la vie, en particulier en tant que langues officielles et langues d’instruction, tout en sensibilisant à la nécessité pour les États membres de l’Union africaine, d’élaborer des politiques linguistiques nationales dans le cadre du Plan d’action linguistique pour l’Afrique de l’Union africaine.

Le Burkina Faso est déjà dans la dynamique de promotion des langues nationales. Depuis 2019, le gouvernement burkinabè travaille à la promotion et à l’officialisation des langues nationales à travers la création d’un ministère, à l’adoption d’une loi portant promotion et officialisation des langues nationales.

Stanislas Ouaro, ministre de l’éducation nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales

Le ministre de l’éducation, Pr Stanislas Ouaro, témoigne de l’expérience dans son domaine. Selon lui, l’utilisation des langues nationales permet de réduire d’une année de scolarité des enfants à l’école primaire.

« Nous avons essayé dans nos écoles bilingues, nous voyons que les élèves qui commencent à étudier dans leurs langues nationales, vont plus vite et ça leur permet de faire au primaire 5 ans de scolarité pour obtenir leur premier diplôme (…) au lieu de 6 ans comme pour ceux qui sont dans le système classique », explique-t-il. Avant d’ajouter que « Si on arrive à économiser une année de scolarité, vous voyez tout ce qu’on arrive à engranger en termes d’économie, de développement, c’est vraiment extraordinaire et il est important que nous travaillons à cela ».

Le lancement à Ouaga de la semaine sonne, pour lui, comme le début d’un accompagnement fort des politiques, de ressources financières à la promotion des langues nationales.

Il souhaite que sortent de cette rencontre, des résolutions fortes à même d’encourager les Etats africains à davantage investir dans ce domaine.

Alou Keïta, secrétaire de Mandankan, a, lui, souligné que cette semaine des langues africaines entre dans le cadre de l’un des objectifs de l’Académie Africaine des Langues (ACALAN), celui d’identifier les langues transfrontalières véhiculaires partant du fait que les langues africaines serviront à forger l’unité linguistique et culturelle de l’Afrique.

La semaine dédiée aux langues africaines instaurée en 2018 par le comité scientifique et technique de l’Union Africaine, est célébré du 24 au 31 janvier de chaque année. Le secrétaire exécutif de l’ACALAN, Lang Fafa Dampha, dit souhaiter la mise en place, au niveau de chaque pays, d’une structure nationale de l’ACALAN pour la promotion des langues nationales.

La commémoration de cette 4e semaine connait la présence de la commissaire à la santé, aux affaires humanitaires et au développement social, Amira Elfadil et de Angela  Martins de la direction des affaires culturelles de la Commission de l’Union Africaine.



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