Transfert d’argent : La plateforme “Sank” promet une révolution financière à la Thomas Sankara

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Un jeune burkinabè, programmeur de formation basé aux USA, Jules Kader Kaboré, a mis au point une plateforme de transfert d’argent dénommée “Sank”. Depuis plus d’une année bientôt, la plateforme s’étend dans plusieurs villes du “Pays des Hommes intègres” avec environ dix milles utilisateurs dont cinq milles permanents. 

“Sank”, c’est le diminutif du nom de l’ancien président du Faso, Thomas Sankara, le père de la révolution burkinabè dont les idéaux ne sont pas prêts à être oubliés par de nombreux jeunes burkinabè. 

Bien que n’ayant pas connu Thomas Sankara, comme le témoignent les porteurs du projet, ils apprécient néanmoins la vision et les idées de l’homme et tiennent à en faire leur source d’inspiration. Et “Sank” en est déjà la preuve !

Tous les retraits à 1%

Nous, on veut vraiment s’inspirer des idées de Thomas Sankara pour apporter notre contribution au Burkina Faso. Sank, c’est une application de transfert d’argent développée par Jules Kader Kaboré aux USA. Avec Sank, vous transférez gratuitement votre argent. C’est le retrait que nous facturons à 1% ; c’est-à-dire pour un retrait de 10 000 FCFA, vous ne payez que 100 FCFA“, explique le directeur général de Sank, Dramane Tiendrébéogo. Et ce, pour tous les usagers ayant un compte ou non.

Ce dernier note que Sank vise à privilégier le portefeuille électronique. Dramane Tiendrébéogo souligne aussi que les frais de transfert à Sank ne varient pas. Il n’y a pas de grille pour les diverses transactions. Il fait remarquer que si peut-être, vous avez une somme de 15000 FCFA dans votre compte, les frais de transaction restent les mêmes quelque soit le nombre de fois que vous faites vos retraits. 

Pour dire que si vous décidez dans les 15000 de faire trois retraits, les frais ne changent pas. Nous, on trouve que ce modèle est mieux adapté pour le peuple burkinabè puisqu’on connaît la situation économique du peuple“, soutient le directeur général de Sank. 

Pour lui, Sank permet à ses utilisateurs d’éviter les dépenses inutiles. Il signale que Sank fonctionne en réseau d’où il s’attèle à travailler pour la décentralisation de ces services à travers le pays. “Actuellement, nous sommes présents dans 16 villes. Aujourd’hui, nous essayons de voir, vu la valeur de la chose (ndlr Sank), il y a beaucoup de personnes qui viennent vers nous pour incorporer Sank dans leurs boutiques“, dit-il. 

Dramane Tiendrébéogo mentionne qu’à Ouagadougou, leur structure dispose d’une cinquantaine de boutiques et une centaine de boutiques pour lesquelles plusieurs boutiquiers ont décidé de s’attacher les services de Sank pour les différentes transactions dans leurs quartiers respectifs.

Comment créer son compte Sank ?

Pour créer un compte Sank, c’est simple, selon son premier responsable. Il précise qu’il y a deux types de comptes d’ailleurs. Il y a le compte commercial appelé “Sank business”. Pour l’avoir, vous envoyez la photocopie de votre CNIB au siège de Sank situé à Ouaga 2000. “Ici à Sank, il n’y a pas de caution. Vous signez un contrat et vous rechargez votre compte au minimum 10 000 FCFA“, renseigne Dramane Tiendrébéogo.

S’agissant de l’autre, le compte ordinaire, il explique que le client n’a pas besoin de faire le déplacement de Sank. Il peut le créer chez lui à partir de son smartphone. “Vous n’avez pas besoin de venir chez nous, juste votre CNIB que vous allez scanner.

Le nom et les références de la CNIB vont apparaître et vous suivez la procédure. Le numéro de téléphone, le mot de passe et le code de confirmation, vous seront envoyés. Vous validez et vous avez votre compte“, explique-t-il tout en précisant que la création du compte est gratuite.

La sécurité

Concernant la sécurité, Dramane Tiendrébéogo affirme qu’ils ont pris plus d’une année à travailler sur la fiabilité et la sécurité de la plateforme. “Nous, on n’a pas peur. Vous savez, les plateformes ce sont des choses auxquelles il ne faut pas être pressé surtout quand il s’agit d’argent. Il faut prendre vraiment du temps. Et nous, on a pris douze mois pour travailler juste côté sécurité“, argumente-t-il. 

Il ajoute qu’une fois au Burkina Faso, les porteurs de la plateforme ont fait appel à une trentaine d’informaticiens pour tester la fiabilité et la sécurité de Sank. “Je peux vous dire que personne n’a pu trouver une faille. Ce n’est pas pour autant que nous allons nous féliciter, mais on a continué à travailler davantage pour garantir la sécurité de la plateforme“, rassure-t-il.

Également, il laisse entendre qu’ils sont allés dans certains villages reculés du pays pour tester la plateforme.

“J’ai choisi Sank, parce c’est burkinabè”

Nous sommes allés dans des endroits éloignés pour tester, comme Sank fonctionne avec la connexion internet. Certes, dans ces endroits c’est un peu lent mais ça passe. En tout cas à ce niveau, le problème ne nous incombe pas. L’important pour nous est que ces habitants utilisent Sank“, confie-t-il. 

Il relève qu’à leur niveau, il n’y a pas de souci particulier. Le gros souci, selon lui, c’est plutôt au niveau de certains utilisateurs surtout quand il s’agit de scanner la carte d’identité pour la création du compte. Cependant, il affirme que c’est un problème qui se décante facilement dès que le client leur fait appel.

À entendre Dramane Tiendrébéogo, le seul problème qu’a Sank aujourd’hui est qu’il ne dispose pas d’assez de points de transaction pour servir ses abonnés qui ne cessent s’augmenter. 

Éric Hioua Bassolé est un client de Sank depuis deux mois maintenant. “J’ai choisi Sank, parce que Sank c’est burkinabè, ça a été fait par les Burkinabè et est géré par les Burkinabè. En fait, c’est quelque chose de patriotique“, avance-t-il.  

Il confirme n’avoir pas eu de difficulté jusque-là. “Il faut dire qu’il n’y a pas de difficultés mais des avantages depuis que j’utilise Sank“, poursuit-il. Pour lui, Sank va permettre “une révolution financière comme Thomas Sankara” surtout avec les coûts sur les différentes opérations.  

À noter que les clients qui ont des comptes commerciaux appelés “Sank business” gagnent 0,6 % à chaque retrait et 0,4 % pour chaque dépôt. 

Willy SAGBE

Burkina 24



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