Cinéma au Burkina : « Massoud », un long métrage qui dépeint les causes de la radicalisation

Semfilms productions, dans son rôle de sensibilisation sur les questions d’actualité au Burkina Faso a mis sur le marché cinématographique un long métrage de 1h 40 minutes, ce vendredi 8 octobre 2021. « Massoud » est le titre de l’œuvre présentée, qui est une retracée de la radicalisation des jeunes suite aux injustices subies dans les zones où sévit le terrorisme au Burkina Faso.

Sur sa lancée de production des films de sensibilisation, sur le respect des droits humains au Burkina Faso, Semfilms a mis sur le marché du cinéma une nouvelle œuvre.

« Massoud » est le film qui a été présenté. Il est l’histoire d’un étudiant ouvert et guide touristique, fils unique d’un iman respecté par la communauté du village. Convaincu de sa foi, sa vie va quand même basculer suite aux injustices qu’il voit dans son entourage tant du côté des Forces de l’ordre que des Hommes armés non identifiés (HANI).

Après que son ami, sourd muet soit tué par les forces de sécurité, il décide de rejoindre les « forces du mal » et d’abandonner toutes ses croyances et convictions. Cette histoire a été relatée en Français, Dioula, Mooré et Arabe durant 1h 40 minutes.

Selon le réalisateur de l’œuvre, Emmanuel Rotoubam Mbaïdé, il a écrit ce film pour user des armes en sa possession et contribuer à la lutte contre le terrorisme. «  J’ai posé mon regard sur ce phénomène et j’ai voulu écrire ce scénario pour aussi lutter contre le terrorisme à l’image d’un grand type en faisant autant en l’occurrence le commandant Massoud.

Le vivre ensemble est essentiel dans cette lutte même s’il s’avère difficile. Massoud reste le point de départ de cette idée de sensibilisation sur les maux qui mènent au terrorisme au Burkina Faso », a-t-il dit.

Ce nouveau film traite de plusieurs thèmes d’actualité au Burkina Faso, entre autres, la cohésion, la lutte contre l’extrémisme violent, les conséquences de l’insécurité, la collaboration des forces de l’ordre avec les citoyens.

« A travers une histoire authentique et crédible, on montre une réalité qui fait réfléchir et réagir. Un film  peut beaucoup contribuer à poser le débat, sensibiliser le public. Nous avons la conviction que ce nouveau projet de film puisse contribuer davantage à ce travail d’éveil des consciences », a laissé entendre le réalisateur.

De l’écriture à la matérialisation du film, le processus a duré  4 années. À entendre l’acteur principal du film, Massoud Barry, tout ce temps a permis la conception de plusieurs messages à l’endroit des populations vivant non seulement au Sahel mais aussi toutes  les zones touchées par le terrorisme au Burkina Faso.

« C’est pour dire aussi à toute la population d’éviter de faire des amalgames. Parce que quand il s’agit d’indexer telle communauté, telle religion en plus du terrorisme, je pense que le combat est déjà biaisé. Il faut toute suite faire le vrai diagnostic et attaquer le problème proprement dit. Pour moi, le terrorisme c’est un phénomène qu’on peut combattre et par des actions comme la matérialisation de ce film », a-t-il ajouté. 

Le réalisateur du film, Emmanuel Rotoubam Mbaïdé

Ainsi le rendez-vous est pris pour les programmations dans les salles de cinéma. Le réalisateur a, à cet effet, appelé à une consommation sans modération de cette œuvre qui relate rien que le vécu des Burkinabè. Il faut également souligner que cette œuvre fait partie des films sélectionnés pour le FESPACO 2021 et a été réalisé en collaboration avec Saïd production du Tchad. 

« Montrer ce qu’on vous cache et donner la parole aux sans voix, ce sont les crédos qui ont longtemps guidé notre ligne éditoriale. Il faut que nous soyons les porte-paroles de cette population en détresse », a  conclu Emmanuel Rotoubam Mbaïdé. 

Abdoul Gani BARRY

Burkina 24

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