Dossier Thomas Sankara : Le procès ne sera ni enregistré ni diffusé !

Le procès Thomas Sankara, débuté ce lundi 11 octobre 2021, a été suspendu et renvoyé au lundi 25 octobre 2021 sous la requête des avocats de la défense. La décision du tribunal militaire interdisant l’enregistrement et la diffusion du procès n’est pas du goût de plus d’un.

L’un, sinon le plus vieux dossier de crime au Burkina Faso a connu un début de procès ce lundi 11 octobre 2021 à Ouagadougou. Sur 14 inculpés, on note l’absence de deux principaux accusés à savoir Blaise Compaoré et Hyacinthe Kafando.

L’absence du cerveau des événements du 15 octobre 1987 est dénoncée. « C’est dommage ; nous aurions souhaité qu’il soit là. Nous nous sommes attachés à ce qu’il y ait un procès équitable qui respecte le droit de toutes les parties à ce procès y compris ceux de Blaise Compaoré. C’est pour cela que nous avons souhaité qu’il soit là pour donner sa version des faits », a indiqué maître Prosper Farama, avocat des parties civiles.

Prosper Farama, avocat de la partie civile

Mais la procédure par défaut leur sera appliquée, selon le président de la chambre. Qu’à cela ne tienne le procès a été renvoyé, suite à une requête des avocats de la défense. Les raisons évoquées font cas de certains avocats qui n’ont pas reçu le dossier à temps.

Cela n’a pas causé de problème du côté de la partie civile. « Nous avons écouté leur argument et nous avons consenti que dans l’optique d’un procès équitable, ce renvoi leur soit accordé », a-t-il signifié. Ce refus n’est pas du gout de la veuve Mariam Sankara. Aussi cela est « inacceptable » pour Samska le Jah, acteur de la société civile.

Les avocats de la partie civile avaient souhaité l’enregistrement ou la diffusion du procès. « Nous avons espéré que pour questions mémorielles et pour l’histoire que l’enregistrement soit fait. Ça nous paraissait de plein droit d’enregistrer mais le tribunal en a décidé autrement, nous en prenons acte », a clarifié Prosper Farama qui se dit déçu de cette décision.

La même requête a d’ailleurs suscité le tonnerre. Cela a été à l’origine d’un long et houleux débat car la partie défense a réfuté catégoriquement cette requête « non conforme à la loi ». « J’ai demandé à ce que la loi soit appliquée. La loi dit qu’on n’enregistre pas les procès. 

 La seule prise de note, c’est le greffe. J’ai donc refusé qu’on ne déroge à la loi, je n’ai pas refusé qu’on enregistre. Le tribunal n’a pas pour vocation de constituer les archives de l’histoire. C’est pour rendre la justice, il ne faut pas se tromper sur l’objet du tribunal.

 Je ne veux pas entendre ma voix dans une radio ni à la télé lors d’un procès, car je ne vais pas m’aligner à une violation de la loi. Si ça avait été le cas, on ne parlerait pas. Et le dossier Sankara aurait été bloqué par la faute de qui ? Respectons notre justice », a laissé entendre maitre Kopiho Moumouny, avocat de la défense.

Maître Moumouny Kopiho, avocat de la défense

Il faut noter que l’une des difficultés majeures de ce début de procès était la constitution des juges assesseurs militaires. Le prétexte selon lequel « dans l’armée, un subalterne ne peut pas juger son supérieur » a pesé sur les choix. Mais vite, le respect de la hiérarchie militaire a été passé outre par le parquet afin de pouvoir constituer la partie des juges assesseurs.

Akim KY

Burkina 24 

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