Sommet Afrique-France : Macron, le grand gagnant ?

L’on peut tout reprocher au plus jeune président de la Ve République française, mais pas de ne pas vouloir faire les choses autrement ! 

Pour la première fois depuis 1973, date de la première rencontre, le sommet « France-Afrique » ou « Afrique-France », c’est selon, s’est tenu sans les chefs d’Etat africains.

Jupiter a convoqué, auprès de lui à Montpellier, dans le Sud de la France, 3.000  jeunes africains, résidant sur le continent ou issus de la diaspora. Des entrepreneurs, des membres de la société civile, des sportifs, entre autres, triés sur le volet.

Le point d’orgue de ce « France-Afrique », préparé principalement par l’historien et politologue camerounais Achille Mbembe, aura été cet échange direct entre l’hôte du sommet et 12 « pépites » africaines. Un show oratoire comme Emmanuel Macron l’affectionne bien. En tout cas, ces jeunes ont fait le boulot pour lequel certains les attendaient : dire leurs quatre vérités au président de l’ex-puissance coloniale.

Mais rien de nouveau sous le soleil du sud de la France ! Comme  beaucoup l’ont signifié d’ailleurs, le paternalisme de l’Hexagone envers les pays de son « pré-carré », les interventions militaires, l’aide au développement, le soutien à certaines dictatures, la dépendance monétaire à travers le franc CFA, sont des récriminations aussi vielles que la relation France-Afrique.

Tenir le même langage devant les Chefs d’Etat africains

Macron les connaissait déjà toutes et savait que les jeunes allaient lui opposer tout cela. Mais pour un débatteur hors pair comme le fondateur de « En marche », difficile d’être déstabilisé, même par l’éloquence de ses vis-à-vis.

Eldaa Koama, représentant la délégation burkinabè, avec la formule imagée de la « marmite sale » pour traduire la relation actuelle entre la  France et l’Afrique, aura fait mouche, pensent plusieurs observateurs.

Une verve qui n’a rien de surprenant chez cette jeune dame qui a déjà remporté de nombreux concours d’art oratoire et qui forme d’autres jeunes à cet exercice. Certains applaudissent sa prestation oratoire, mais d’autres estiment que de simples mots ne changeront pas les choses.

A ces derniers, s’ajoutent ceux pour qui Eldaa Koama et les autres auraient dû faire preuve de ce même courage et tenir le même langage de vérité devant leurs propres chefs d’Etat, toute chose qu’on les suspecte d’en être incapables.

Pendant qu’en Afrique, l’on polémique depuis lors sur ce sommet, sur le choix des participants, sur les propos que les jeunes ont tenus, Jupiter, lui, peut boire du petit lait et savourer une nouvelle victoire. Elu par les Français, il n’a, en réalité, de compte à rendre qu’à ses compatriotes. L’on peut imaginer qu’à ses yeux, seul prime l’intérêt de la France…

Des assiettes déjà tendues

Il est donc temps de demander aux dirigeants africains de défendre aussi les intérêts du continent face au Coq gaulois. Cette relation ne doit pas seulement être imprimée par la France, mais aussi par les Africains qui doivent être maîtres de leur destin et tirer le meilleur profit de cette « amitié ».

Mais manifestement, malgré les cris d’orfraie poussés çà et là, et la victimisation, ils sont peu à vouloir réellement couper le cordon ombilical avec l’ancienne puissance et mettre fin aux anciennes pratiques.

En témoigne cette demande, acceptée aussitôt par Macron, de la mise en place d’un fonds de soutien à la démocratie doté d’une enveloppe de 30 millions d’euros, soit près de 20 milliards de Franc CFA sur trois ans. La France-Afrique semble avoir encore de beaux jours devant elle, avec probablement de nouveaux acteurs.

Et dire que le « cuisinier en chef de l’Elysée » n’a même pas eu besoin de récurer la marmite, comme demandé, des assiettes sont déjà tendues… 

La Rédaction

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Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

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