Éducation de la fille : Le cheval de bataille de Children Believe et African Child Policy Forum

Les 11, 12 et 13 octobre 2021, l’ONG « Children Believe », en collaboration avec African Child Policy Forum (ACPF) organise un forum régional sur la fille à Ouagadougou. Ces 3 jours de rencontre entre les décideurs politiques, des organisations de la société civile et des spécialistes des droits des filles de l’espace CEDEAO ont été officiellement lancés ce lundi 11 octobre 2021.

Placé sous le thème « Pour une Afrique favorable aux filles », ce forum se veut une tribune d’appel à la responsabilité collective et individuelle et surtout à un engagement renouvelé des gouvernements en faveur des droits et du bien-être des jeunes filles dans zone CEDEAO. A ce propos, ces 72 h d’échanges entendent regrouper les décideurs politiques, des organisations de la société civile et des spécialistes des droits des filles de l’espace CEDEAO.

Pour la directrice du bureau régional de l’Afrique de l’Ouest de Children Believe, Mavalow Christelle Kalhoule, ce forum a toute sa raison d’être car, selon elle, l’éducation est un important facteur de développement et de paix.

« L’éducation a des effets multiplicateurs sur la santé, la mortalité, les moyens d’existence et d’autres indicateurs de développement et contribue à l’égalité des sexes », a-t-elle laissé entendre.


Si l’ensemble des adultes avaient fait des études secondaires, la pauvreté diminuerait de près 2/3, selon le rapport de l’UNESCO 2017.

Elle a réitéré la promesse de Children Believe à tenir ses engagements qui sont de faire de l’éducation son cheval de bataille et de poursuivre la collaboration avec les gouvernements et les autres partenaires de développement de la sous-région.

La représentante des filles de l’Afrique de l’Ouest, Faridatou Kenza Zanné, élève en classe de première D, a dit espérer que ce présent forum ne soit pas comme beaucoup d’autres où « l’on ne fait que juste parler ». Elle a souhaité que les représentants des différents gouvernements prennent note en vue de concevoir de meilleurs plans pour les filles. 

« Nous avons droit à une éducation de qualité et droit de décider par nous-mêmes ce qui est bon pour nous (…). Nos gouvernements doivent investir de l’argent dans ce que nous voulons. Ils doivent prendre soin de nous et payer pour notre bonne santé, notre bonne éducation (…)», a-t-elle martelé.

        La représentante des filles de l’Afrique de l’Ouest, Faridatou Kenza Zanné

Elle a également ajouté que « les gouvernements n’ont vraiment pas le choix. Nous sommes 625.6 millions d’enfants aujourd’hui en Afrique. Nous serons un milliard de jeunes en 2055. Que vont-ils faire de nous en ce moment ? S’ils ne s’occupent pas de nous en tant qu’enfants maintenant ? Cela devrait empêcher nos gouvernements de dormir ».

La vision de Faridatou est de terminer ses études et être plus tard cardiologue. Cependant, à l’écouter , les filles font face à de nombreux obstacles, notamment les mariages forcés et précoces, les mutilations génitales, les exploitations sexuelles, qui empêchent leur rêve de se réaliser. Elle a donc imploré les participants à aider les jeunes filles à faire de leur rêve une réalité.

Pour Hélène Marie Laurence Marchal Ilboudo, la ministre en charge de la femme, l’Afrique de l’Ouest ne pourra pas être un environnement favorable au bonheur de la fille tant que l’une de ses composantes, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal ou le Togo, échoue à sa mission de protection.

C’est pour cette raison que la ministre pense que l’atteinte des objectifs dépendra de l’engagement individuel de chacun, mais aussi de la collaboration, la coopération et de la synergie d’actions dont ces pays feront preuve.

Elle a par ailleurs affirmé qu’on pourrait se féliciter des progrès enregistrés jusque-là certes, mais elle pense qu’il reste beaucoup à faire pour que l’Afrique de l’Ouest demeure une région favorable à l’épanouissement de la jeune fille.

Hélène Marie Laurence Marchal Ilboudo, la ministre en charge de la femme

« J’ai entendu et compris le cri de cœur de nos jeunes filles. Nous allons les aider à réaliser leurs rêves (…). Il est inadmissible que plusieurs filles dans notre région continuent de mourir de causes évitables et que beaucoup restent privées de leurs besoins fondamentaux en termes d’éducation, de santé, de nutrition et de protection », a-t-elle confié.

Pour rappel, selon le rapport 2020 de l’Afrique sur le bien-être de l’enfant, la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest ont un faible indice de bienveillance envers les filles.

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