Procès Sankara : Idrissa Sawadogo « entendait les tirs » à partir du domicile de Blaise Compaoré

Le deuxième accusé à la barre ce jeudi 28 octobre 2021 est Idrissa Sawadogo, militaire à la retraite et Caporal en poste au niveau du Conseil de l’entente au moment des faits.

Idrissa Sawadogo est accusé d’assassinat et de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, mais il ne reconnaît pas les faits qui lui sont reprochés. Il a 59 ans, né à Tanghin, et père de 6 enfants.

Dans sa déclaration préliminaire, il dit avoir été de garde au conseil pour son poste habituel lorsque Hyacinthe Kafando lui a dit vers 15h d’appuyer ses camarades qui sont de garde au domicile de Blaise Compaoré.

À l’entendre, « c’est de là-bas qu’il entendait les tirs ». Son audition se poursuit au Tribunal militaire délocalisé à Ouaga 2000.

Idrissa Sawadogo reste campé sur sa position en rejetant en bloc les faits qui lui sont reprochés. Si Elysée Yamba Ilboudo a témoigné avoir conduit Idrissa et trois autres au conseil pour l’assaut, l’accusé à la barre a déclaré n’avoir même pas vu Elysée ce jour.

« Elysée n’est pas normal. Il est malade. C’est moi qui étais son garde-malade », a-t-il affirmé. Au Parquet de marteler : « Nous n’attendons pas grand-chose de l’interrogatoire d’Idrissa Sawadogo, car sa ligne de défense est de tout rejeter ».

L’audience s’est poursuivie avec des questions des avocats des parties civiles à l’endroit de l’accusé Idrissa Sawadogo. Mais ce dernier maintient sa position, même s’il a reconnu avoir fait des erreurs en abandonnant son poste pour aller voir sa maman au moment des faits. 

Idrissa Sawadogo dit ne pas avoir pris des renseignements sur ce qui s’est passé au Conseil de l’entente suite aux multiples tirs. C’était le moment pour l’accusé de s’exprimer également sur le « caractère autoritaire de Hyacinthe Kafando ». 

A l’écouter, il était impossible de discuter des ordres ni de discuter avec ce dernier. « Vous connaissez Hyacinthe ? Si moi je lui demandais ce qui s’était passé, quelqu’un d’autre allait danser, mais pas moi. Il est méchant », a-t-il affirmé à un avocat des parties civiles. 

Le prévenu à la barre nie toujours sa participation à ce complot en demandant même un face-à-face avec ceux qui ont témoigné contre lui. Il a aussi exprimé un émoi sur sa carrière de militaire. « Je n’ai jamais été décoré. Si moi j’avais participé au coup d’Etat, on devrait me décorer », conçoit-il.

L’audience se poursuit à 14h avec l’intervention du Conseil de l’accusé.

Akim KY 

Burkina 24

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